Le repos fait partie du travail, écrit Anselm Grün. C’est par le repos succédant au travail que l’œuvre est achevée." Voici donc, avec le soleil qui claque, l’odeur des foins dans les campagnes et "la mer cuirassée d’argent" pour saluer Camus, l’été qui vient frapper les trois coups des vacances et du repos. Et selon vous alors, pour honorer le farniente, quel est le meilleur endroit ? Quelle est votre destination favorite ? Les plaines de l’Islande, le surplomb des balcons, les volcans de l’Auvergne, l’ivresse du Prosecco ou l’ombrage du parc voisin ? Nous vous avons demandé, sur Lalibre.be, de nous faire rêver. Voici une sélection des plus beaux témoignages.

Cigales et lavande

Rien de tel que le village de Gordes, en Provence. Mon avis ne sera sûrement pas très objectif puisqu’il s’agit du village où j’ai passé la plupart de mes vacances d’été étant enfant. Le village en lui-même est magnifique. Élu comme l’un des plus beaux villages de France, Gordes offre des vues magnifiques et un marché intemporel. De plus, son emplacement est idéal, en quelques dizaines de minutes, vous pouvez profiter du marché de Cavaillon (ainsi que de ses melons), vous pouvez également visiter Avignon et son festival. La Provence offre également des cadres magnifiques pour faire des randonnées ou se balader dans de petits villages. Les abbayes et les champs de lavande, vous donnent envie de ne jamais partir. La région offre un cadre idéal pour se dépayser et se ressourcer. De plus, l’usine Haribo n’était pas très loin, donc, c’est un plus pour l’enfant en moi. Chloé, 24 ans

Celui qui m’emmène partout

Mon lieu de vacances est un lieu d’évasion : mon piano… Chaque jour, il m’attend et me propose mille destinations en promenant mes doigts sur le clavier : la suite espagnole d’Albeniz, passant d’une région à l’autre ; les polonaises de Chopin, brillantes et tragiques à la fois ; la marche turque de Mozart ; les jeux d’eau à la Villa d’Este de Liszt… Et le soir, il me suggère la sonate au clair de lune de Beethoven ou un nocturne de Chopin, encore lui… Xavier, 67 ans

On revient toujours à ses racines

J’aurais pu en citer mille tant j’ai toujours aimé les villages. Chacun porte en lui son identité, son climat, ses couleurs, son ambiance qui laissent dans la mémoire un parfum unique. J’aurais pu choisir ce village accroché à l’Himalaya, où quelques enfants jouaient au volley. Celui planté sur les plateaux de l’Éthiopie et qui occupait, dans la lumière de fin de journée, tous les soins des familles qui l’habitaient et travaillaient sa terre. Je choisirai cependant mon village ardennais, et l’ombre de sa chapelle en ce mois de juin ensoleillé. Combien de vies s’y sont courbées, s’y sont nouées ? Combien de souvenirs, de peines, d’histoires, de rencontres ? On revient toujours à ses racines. La discussion des poules, la plainte des vaches, les prairies qui escaladent la vallée pour rejoindre l’orée des forêts d’épicéas, le ruisseau qui en coule et scintille pour mieux cacher ses truites au regard du héron me renvoient à mes origines. Je respire, loin de la ville ardente qui accapare mes journées. Le dépaysement est une bouffée d’oxygène, mais l’enracinement permet de recevoir sa vie, et de rendre grâce pour tout ce que nous sommes, et tous ceux grâce à qui nous sommes devenus ce que nous devions être. Géraldine, 35 ans

Les rues de Bruxelles, un jour de juillet

Durant les mois de juillet et août, j’apprécie particulièrement passer mes vacances à Bruxelles. Bruxelles est alors une ville calme et reposante, singulièrement entre le 21 juillet et le 15 août. Les rues sont moins encombrées, les transports en commun moins fréquentés, la ville est globalement désertée. Je mets notamment à profit cette période de sérénité pour imaginer mon prochain voyage. Nicolas, 42 ans

La beauté sans cesse renouvelée de la Grèce

Je rêve d’Alyki, un petit village de pêcheurs sur l’île de Paros, dans les Cyclades. Quelques tavernes en bord de mer, une pharmacie, un supermarché. Un arrêt de bus, des enfants qui courent et qui rient, une mobylette qui pétarade. L’implantation en triangle du village dessert deux plages : celle du petit port, une baie naturelle où les bateaux de pêcheurs ne mouillent qu’à quelques brasses des nageurs, et celle du village, plus authentique, plus sauvage, qui offre une vue magnifique sur le large. Il se raconte que personne n’arrive là par hasard… ou peut-être si au contraire. Pas d’all inclusive, ni de cars de touristes dans ce petit coin de paradis. Ici, les montagnes et la mer portent peu l’empreinte de l’homme, on a l’impression que les paysages qui nous entourent sont presque les mêmes que ceux que devaient voir les Grecs anciens, que les biquettes grâce auxquelles on déguste un délicieux fromage local ne sont que les arrière-arrière-arrière petites biquettes de celles qu’ont dû croiser les artisans qui dégageaient le marbre des carrières pour en faire les sculptures et colonnes qui ornaient les plus beaux monuments de l’Antiquité. Les grillons chantent. Le Meltémi souffle et apporte un peu d’air dans la chaleur de l’été. La mer, turquoise et cristalline, s’épanouit sur la plage, entraînant avec elle tous les petits coquillages, elle se retire, les emmène à nouveau, créant par là même une délicate mélodie. Celui qui vient au printemps a le bonheur de découvrir des fleurs sauvages venues se nicher dans la moindre parcelle de terre. En été, Hélios ayant fait son œuvre, la végétation se pare d’un camaïeu de teintes brûlées et contraste magnifiquement avec le fuchsia des bougainvilliers, le blanc des maisons, le vert du basilic. Ici les sens sont en éveil permanent tandis que l’esprit se pose et se repose. Ici, le temps semble s’être suspendu. Ici, la Grèce est. Tout simplement. Dans son authenticité, dans sa beauté sans cesse renouvelée. Anne-Sophie, 41 ans

Surprendre le colibri dans le silence de la péninsule de Guanahacabibes

Déambuler au chant du tocororo cubain dans le parc national de Guanahacabibes, au sol volcanique creusé comme un gruyère, entre mangroves et forêt tropicale. Entretenir le silence pour surprendre le colibri ou approcher le bernard-l’ermite, si loin des rivages préservés. Puis s’enfoncer sous les flots paisibles de la mer des Caraïbes, juste avec un masque et un tuba. Revenir à nos origines parmi l’ineffable faune aquatique gardée de toute pêche. Revenir à soi dans ce silence cher à Cousteau. Et terminer la soirée au fin fond du monde qu’est cette péninsule désertée de touristes bruyants, un verre de rhum pour toi, une pinacolada pour moi tandis que la radio murmure des rythmes lancinants. "Je ne veux plus repartir d’ici". Patrick, 49 ans

L’Écosse pour des moments hors du temps

Ma destination favorite ? Sans aucun doute l’Écosse, une contrée riche en paysages variés… en parcourant cette composante du Royaume-Uni, vous découvrirez aussi bien de vertes collines peuplées de nombreux moutons, des châteaux hantés (si, si, ils y croient dur comme fer), les lochs magnifiques (Loch Ness et Loch Lomond en tête), des montagnes (oui des montagnes) car si les plus hautes dépassent à peine les 1000 mètres, il ne faut pas oublier que souvent vous partez du niveau de la mer. Et puis que dire des lumières. Si, comme moi, vous êtes fan de photographie… that’s the place to be ! N’hésitez pas à parcourir les îles de l’ouest également. Qu’elles fassent partie des Hébrides intérieures ou extérieures chacune a sa particularité, chacune a son charme, chacune a son paysage. À chaque fois c’est un moment hors du temps, un moment où on prend le temps de vivre. Pas le choix… la vie de l’île est rythmée par le va-et-vient (plus ou moins fréquent) des ferries. Vous aimez marcher, vous adorerez ; vous aimez boire et manger, vous adorerez aussi ; vous aimez l’histoire, vous adorerez encore. Il y a tellement à explorer que je ne saurais que vous inviter à y aller ! Les meilleurs mois sont de mi-mai à mi-juin, et de début août à fin septembre. Gaëtan, 43 ans

Mon paradis mexicain

Je me souviens d’un lodge avec un nombre limité de chambres éparpillées sur une plage de sable blanc. Toutes celles-ci sont équipées d’une petite piscine et ont un accès direct à la plage. Avec une politique "enfants non admis" et aucun autre hôtel à proximité, le calme fait mon plus grand bonheur. Les tortues de mer viennent pondre sur la plage toute proche. Et les petites tortues qui viennent de naître y sont souvent relâchées. J’ai trouvé cet endroit au Mexique. Je n’en dirai pas plus. Ragnar, 39 ans