Dans le cadre de la semaine de l’info constructive qui se tient du 21 au 27 octobre, "La Libre" vous a demandé ce qui permettrait, selon vous, de faire de la Belgique le pays où il fait le mieux vivre. Vous avez été plus de cent à nous répondre. Voici quelques-unes de vos réactions. 

Du vert !

Pour moi, la priorité serait de donner un toit à chacun (housing first). Ensuite, nous devrions œuvrer chaque jour pour améliorer le cadre de vie des citoyens. Dans ce cadre, plusieurs choses sont à prendre en compte. Tout d’abord, un aménagement du territoire intelligent et pensé pour réduire la pollution et favoriser l’autonomie de la personne (indépendamment des réserves de carburants fossiles). Il faudrait donc augmenter la place dédiée aux piétons et aux cyclistes et réduire celle dédiée au trafic routier et aérien. Nous devrions également donner la priorité à un aménagement du territoire pensé pour augmenter les interactions sociales : plus de places conviviales, de plaines de jeu, d’espaces publics de rencontre (parcs, bancs…). Je pense aussi que nous ne devrions pas oublier les aménagements destinés à limiter l’impact du réchauffement climatique et les inondations en favorisant des sols perméables, des arbres, bref, du vert. Et enfin, il faudrait considérer dans chaque décision l’impact que celle-ci aura sur la qualité de vie, et non sur le produit intérieur brut. Delphine, 36 ans

Condamner avec sévérité

Nous devrions punir toutes les incivilités ! Le zéro déchet et le climat sont importants. Sanctionnons l’usage du plastique et les comportements déplacés, mettons enfin la femme à égalité avec l’homme, arrêtons de libérer des criminels pour des motifs bidons. Bref, arrêtons de condamner avec légèreté, donnons la chance à la police de se faire respecter, luttons contre l’homophobie, la haine raciale… Il y a tant à faire. La Belgique est un pays que je considère laxiste. Il est arthritique et gouverné par des gens trop bien payés pour des résultats bien trop mitigés. Et limitons la parole des extrémistes, quels qu’ils soient. Matt, 30 ans

Pour une meilleure union

Pour faire de la Belgique le pays où il fait le mieux vivre, il faudrait renforcer l’union des Flamands et des francophones, tout en respectant les particularités de chacun. Cela permettrait une gestion plus économique, plus efficace, pour mieux gérer les problèmes sociaux et environnementaux. Utilisons positivement nos différences : l’union fait la force ! Dany, 70 ans

Des citoyens responsables

Nous devons vivre dans une logique du bien-être commun et pas uniquement dans une logique financière. Créons moins de stress ambiant en réduisant le nombre de véhicules en circulation. Il y aurait déjà moins de pollution et de bruit. Et surtout, formons les étudiants comme des citoyens responsables et pas seulement comme des futurs travailleurs qui feront tourner notre système de consommation. Geoffrey, 41 ans

Plus de terrasses de cafés

Assurons, dans certains cas, un meilleur remboursement des médicaments, améliorons la mobilité des trams et bus et occupons-nous mieux des personnes en situation de précarité. Pourquoi ne pas aussi améliorer les échanges entre les administrations, les ministères, et les citoyens, embellir les villes (plantations d’arbre, des bancs publics, etc.), augmenter le nombre de terrasses de cafés pour y passer un bon moment. Et aussi, interdire et sanctionner sévèrement le stationnement de trottinettes électriques sur les trottoirs. Jean, 70 ans

De meilleurs services publics

J’ai été maintes fois déçu par nos services publics. (Re)donnons aux fonctionnaires le souci du service ! Nous interagissons avec eux en permanence, pour presque tous les aspects de notre vie. Belge ayant vécu à l’étranger pendant dix ans (Canada) et rentrant au pays, j’ai ressenti dans toutes mes démarches de réinsertion un véritable manque d’humanité de la part de la plupart (heureusement pas tous !) des services publics, indifférents aux tracas que leurs procédures absurdes m’imposaient et totalement déconnectés de la simple idée de m’aider à les surmonter. Ma conjointe, Québécoise, en a été dégoûtée quasiment au point de vouloir rentrer directement là-bas. Antoine, 44 ans

Mes espoirs

J’aimerais que la moitié des déplacements se fassent à vélo dans 5 ans. J’imagine aussi un plan ambitieux pour le retour des commerces indépendants (pas les grandes chaînes habituelles) en ville, l’interdiction progressive des voitures particulières, le doublement des marges des agriculteurs sur leurs produits en échange d’une augmentation qualitative, un plan d’investissement massif dans les transports en commun pour construire de nouvelles lignes de train, le développement du zéro déchets, l’augmentation du salaire minimum…Mathieu, 33 ans

Stop au tarmac

Je pense à reboiser, créer des réserves naturelles, des parcs… Arrêtons de construire de nouvelles routes, des lotissements, des zonings. Favorisons les déplacements doux (cyclistes, piétons), ils sont aussi synonymes de convivialité et permettent aux enfants d’avoir une place sur l’espace public. Transformons les centres commerciaux, temples de l’hyperconsumérisme, en lieux de culture et de rencontre. Soutenons l’agriculture locale et surtout les jeunes qui imaginent des modes de production et de distribution alternatifs. Taxons davantage les très riches et réduisons ainsi les inégalités sociales. Van, 37 ans

Simplification administrative

Je suis arrivé en Belgique en juillet 2015. J’avais effectué la recherche d’un appartement avant mon arrivée avec une facilité déconcertante, ce qui m’a donné un a priori très favorable aux conditions de vie en Belgique. L’installation à Bruxelles s’est parfaitement déroulée puis petit à petit, les démarches obligatoires pour obtenir les papiers sont devenues de plus en plus complexes, longues et finalement, pas moins difficiles qu’en France. On a tendance à se dire qu’un petit pays peu peuplé doit être autrement plus facile à gérer et à organiser qu’un pays très jacobin et peuplé comme la France. Ce n’est pas l’impression que donne la Belgique où le nombre de couches administratives, confessionnelles, politiques… rend son fonctionnement peu compréhensible et finalement peu attractif. Par ailleurs, les préoccupations environnementales semblent ne pas peser lourd et la fiscalité très lourde et très peu souple (impossibilité de mensualiser les lois sociales par exemple) rend le quotidien banal. Bref, Bruxelles est plus agréable que Paris, j’ai organisé ma vie personnelle dans ce pays mais rien ne m’attache à y rester en tant que tel. Il faudrait des communications pour se mouvoir sans polluer aisément, il n’y a pas de transports publics fiables, fréquents et prévisibles sur toute une partie de la ville. Aller à la Côte, qui est à peine à plus de 100 km, prend 1 h 30 en train, souvent avec un changement : absurde. En voiture, c’est pire. On aimerait une simplification administrative très avancée, avec résolution des problèmes via Internet et une aide téléphonique accessible. Un pays jeune et limité en surface et nombre d’habitants ne doit pas comporter les défauts des vieilles et "grandes" nations européennes, il doit être souple, réactif, moderne, écologique et tourné vers l’avenir. André, 51 ans

Oser être soi-même

Il faut remettre du lien en créant des espaces sécurisés qui permettent de se reposer et de rebondir dans la vie. Nous devons choisir l’entraide et la collaboration plutôt que la compétition ; offrir l’opportunité à chacun de suivre des formations, notamment de psychologie positive, de développement personnel ; revaloriser les métiers qui ont du sens (social, environnement, ONG, professeur, éducation) ; encourager la médecine préventive plutôt que la médecine curative ; encourager les enfants et les adultes à être eux-mêmes, à oser affirmer leurs spécificités et non à se conformer à des "normes "sociales. Olivier, 37 ans

L’éducation pour plus d’égalité

Investissons dans la formation des professeurs et l’accompagnement des élèves pour permettre à une plus grande majorité d’enfants d’accéder à un meilleur niveau d’éducation. C’est la base d’une société plus égalitaire et plus harmonieuse. Maman de quatre enfants (adultes aujourd’hui), j’ai pu constater l’inégalité du niveau et de la motivation des professeurs du secondaire, ce qui a eu des conséquences sur leur assiduité, heureusement retrouvée, lors de leurs études supérieures. Marie-Hélène, 62 ans

Supprimer les frontières

Impossible de faire de la Belgique le pays où il fait le mieux vivre tant que ce pays est traversé par une frontière, qui tend par ailleurs à s’épaissir au vu des tendances des dernières élections. Cette frontière dépasse largement le cadre linguistique : elle est de plus en plus culturelle et "mentalitaire". Je propose de reprendre depuis le début en faisant de la Belgique un pays vraiment trilingue français/néerlandais/allemand. Imposons l’apprentissage de ces langues nationales dans toutes les écoles et reconstruisons lentement les bases d’un seul pays. Patrick, 60 ans

Bienveillance et empathie

Je propose de changer - si possible - de moyens de transport et profiter de ce moment pour en faire un moment inspirant en changeant de regard. C’est-à-dire en faire un moment où l’on s’exerce à la bienveillance, à l’empathie. Cela permettrait de nous décentrer du "soi", de diminuer notre stress pour nous rendre plus créatifs. Mais avant toute chose, cela nous rend plus solidaires et plus heureux. Sébastien, 46 ans

marre des doublons

De manière à rationaliser les dépenses publiques, il serait utile de supprimer ou de réduire drastiquement les doublons : réseaux d’enseignement, mandataires publics en pléthore (ministres, députés et conseillers de toutes sortes), etc. Cela permettrait de réaliser des économies : de quoi financer des projets vraiment utiles mais aussi de réduire les niveaux de pouvoir redondants qui freinent toute initiative. Il y a grand intérêt à analyser les méthodes utilisées par certains pays européens qui s’en sortent (Autriche, Pays-Bas, Allemagne, Portugal) et reprendre les méthodes efficaces au niveau belge. Daniel, 77 ans

Se dire bonjour

Il fait déjà extrêmement bon à vivre à Bruxelles. Je l’adore. Mais, s’il fallait améliorer encore, je parlerais de plus d’espaces de convivialité et de culture, d’une certaine qualité, dans les quartiers populaires. Plus de chaleur et de politesse entre les gens. Se dire bonjour par exemple. Fatima, 48 ans

Plus de pub pour nos événements

Augmentons la visibilité des grands évènements culturels dans les grandes villes belges pour les citoyens et les touristes ! Augmentons le sentiment de fierté nationale ! Cela permettrait de créer de beaux moments de liesse populaire comme on peut le voir dans d’autres pays (par exemple, la Fête des lumières à Lyon ou la Fête de la bière à Munich). Anne, 31 ans

Justice et sécurité

Le contribuable doit être content du sort qui est réservé à son argent : ce serait le premier pas vers le bien-être général dans notre pays. Un second pas pourrait être une plus grande sécurité pour tous. Aujourd’hui, les braves gens équipent leur maison de systèmes d’alarme, renforcent portes et fenêtres de peur d’être cambriolés. Ils s’enferment chez eux alors que, dans un même temps, les auteurs de vols ou d’agressions sont en liberté : soit relâchés dans l’attente d’un procès ou simplement libérés après un tiers de leur peine. La justice est à l’arrêt par manque de moyens et d’investissements. Claudio, 60 ans