Ripostes

A 6 mois, Abrahim est le premier bébé conçu à partir de l’ADN de trois personnes. L’objectif: éviter la transmission d’un trouble héréditaire rare, caractérisé par la dégénérescence du système nerveux central. Avancée incontestable ou danger sur le plan éthique?


Non - Yvon Englert, notamment directeur du Laboratoire de recherches en reproduction humaine de l'ULB:

"On ne fait rien, ici, qui comporte un risque particulier. Ni biologique ni philosophique. Cet enfant aura une filiation tout à fait normale en ce qui concerne son noyau. La technique de transfert de noyau utilisée permet de contrecarrer une maladie en évitant le transfert d’un ADN anormal. C’est une avancée incontestable, dans la mesure où il y a un bénéfice immédiat pour un petit nombre de familles."


Oui - Louis Tonneau, juriste et citoyen au respect de la dignité humaine:

"Ce "bébé aux trois ADN" peut apparaître comme une prouesse scientifique, mais ce n’est pas une avancée. C’est une dérive sur le plan éthique. Il s’agit d’une technique eugéniste. Dans le domaine éthique, la prudence reste nécessaire, car la fin ne justifie pas les moyens. Cette pratique est d’ailleurs interdite sur le sol américain, ce n’est pas anodin et doit nous interpeller."


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