Ripostes

Après avoir décrété la grève hier, le syndicat des services publics wallons et bruxellois annonce des actions à longue durée. Ces agents sont mécontents de leur sort. Mais par rapport aux travailleurs du privé, ils ne seraient pas à plaindre.


OUI - Jean Hindriks, professeur d'économie à l'UCL, membre du Center of Operations Research and Econometrics (CORE), senior fellow à l'Institut Itinera

Le secteur public en Wallonie, c’est un emploi sur trois contre un emploi sur quatre en Flandre. En Wallonie, le public présente 40 % du total des salaires versés contre 30 % en Flandre. La crise de 2007 a frappé les gens dans le secteur privé, pas ceux du public. Aujourd’hui, les rémunérations moyennes dans le public sont plus élevées que dans le privé. Vous y ajoutez la sécurité d’emploi. C’est cadeau.


Combien sont-ils à travailler dans ce secteur public aujourd’hui fort mécontent ?

Le périmètre du secteur public est l’administration publique avec ses fonctions régaliennes (justice, défense, finances,…) plus tout ce qui est financé par le budget de l’Etat à savoir l’enseignement, les soins de santé, l’action sociale, etc. En Belgique, 1,381 million de personnes y travaillent : 712 000 en Flandre, 424 000 en Wallonie et 242 000 à Bruxelles, siège de nombreuses administrations fédérales et d’écoles. Proportionnellement, le secteur public en Wallonie compte 35 % des emplois (soit un emploi sur trois), à Bruxelles, 35 % et en Flandre, 25 %. En Wallonie, le secteur public représente 40 % du total des salaires versés, 30 % en Flandre et 33 % à Bruxelles. Bref, le secteur public (en emploi et en salaire) en Wallonie apparaît un tiers plus important qu’en Flandre.