À Bruxelles, on aurait tort, évidemment, de réduire la vie des librairies à celle-là. Dans les quartiers, il subsiste heureusement des librairies, petites et moyennes, où il fait bon flâner, déambuler, se perdre dans les rayons, passer de la littérature aux sciences humaines, de l’art à l’évasion. Découvrir des nouveautés, retrouver des classiques. Discuter avec les libraires, participer à des rencontres avec des écrivains. Seul, accompagné, avec ses enfants, ses parents. Aller à la librairie, c’est un moment de détente, de passion parfois, de plaisir toujours.

À Bruxelles, il est une boutique qui, par son gigantisme, les activités littéraires qu’elle organise presque quotidiennement, les soirées caritatives, le Prix qu’elle a créé, le bistrot qu’elle renferme domine la capitale. Mais si Filigranes est devenu, au fil des ans une destination, c’est surtout grâce à la gouaille et à l’ego surdimensionné de son patron, Marc Filipson.

Impossible de le manquer. Il est là en fin de matinée, l’après-midi, le soir. Micro à la main – les plus discrets n’apprécient pas toujours ses paroles ou ses chants — il harangue ses clients. Et surtout, son plaisir ultime, il leur donne des conseils de lecture, lui, ce grand dévoreur de livres. Vous pensez aller acheter un livre ? Vous en ressortez avec plusieurs à la main. Ce n’est pas le propre de ce libraire de conseiller. Marc Filipson a juste cet art de vous convaincre que ce livre qu’il vous tend, vous ne pouvez pas ne pas le lire. Ce n’est pas une question de “culture”, mais de plaisir.

Il a toujours tout fait en s’amusant. Il ne connaît pas le mot “travail”, même s’il s’est parfois tué dans sa boutique. On peut lui reprocher son côté “too much”. Mais il aime les livres, il sait les vendre et les faire aimer. Ses amitiés sont puissantes. Quand il aime, c’est sans limite. Versatile, il peut détester comme il a adoré. Il veut juste qu’on lui reconnaisse une qualité : son action en faveur de l’édition et des auteurs.

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L'interview

Dans quelle famille avez-vous grandi ?

La famille de papa est originaire d’Allemagne, celle de maman, de Pologne. Nous sommes de confession juive. J’ai baigné dans cette tradition. Mes parents ont été des enfants cachés pendant la guerre. Papa, en Suisse, et maman à Montpellier. Après la guerre, papa a fait des études d’ingénieur commercial. Devenue infirmière puis logopède, maman s’est lancée dans cette idée folle : adapter la pédagogie Hamaïde et Freinet aux handicapés. Elle a ouvert une école pour enfants autistes, à Bruxelles, puis a créé la ferme “Nos pilifs”, un nom qui est l’anagramme de Filipson. Le centre “Nos Pilifs” est toujours la seule école pour enfants autistes en Belgique. Mon grand frère Norbert était épileptique, il n’existait aucun centre pour l’accueillir. Maman a aidé le docteur Sorel à trouver des fonds pour ouvrir le centre William Lennox. Je me suis beaucoup investi dans cette récolte de fonds : j’ai vendu beaucoup de modules d’émaux. C’est à ce moment-là, déjà, que j’ai appris à vendre et partager.

La vente, vous avez toujours eu cela dans le sang…

Dès l’âge de 13-14 ans, j’ai “fait les invendus” dans une librairie proche de la maison. Là, j’ai pris l’habitude de lire tout ce que je trouvais dont les best-sellers de chez Laffont ainsi que les grandes biographies, les livres de Dominique Lapierre et Larry Collins. J’ai eu, aussi, une hépatite qui m’a cloué à la maison. J’ai encore lu davantage, tout Robert Merle, Bernard Clavel, Barjavel. Un jour, un client de la libraire, un certain Robert, que l’on appelait Bob, est venu me trouver : “Tu veux gagner de l’argent ?” Ben oui, évidemment. Il m’a emmené dans son garage où étaient entreposés des centaines de rouleaux de tissu. Il achetait, pour rien du tout, des chutes issues de faillites, les coupait en morceaux et les vendait sur les marchés. Cela partait comme des petits pains.

Il vous payait bien ?

Rien ! Trois francs belges la coupe. Au début, je ne gagnais presque rien car il fallait apprendre à découper et plier correctement. Après quelques jours, j’ai eu le truc. Pour mon malheur, j’ai très vite gagné beaucoup d’argent, environ 1 000 francs belges à l’heure. J’avais 16 ans. Énorme !

Pourquoi dites-vous “pour mon malheur”…?

Parce que l’argent m’a pourri la vie. J’ai acheté tous les 45 et 33 tours qui sortaient, j’organisais des soirées, j’invitais des amis, je payais tout, j’offrais des cadeaux. Je n’ai jamais thésaurisé, j’ai toujours offert, offert, offert. Une année, avec des amis, nous sommes partis pendant trois mois dans le désert, on vivait nus du côté de Sharm El Sheikh : des souvenirs incroyables, merveilleux, en totale liberté. À l’époque, j’allais aussi skier jusqu’à 15 fois par an, en Autriche : à l’époque, c’était le pays le moins cher. Quand Kurt Waldheim est devenu chancelier, nous avons changé de destination.

Comment s’est déroulé votre parcours scolaire ?

En rhéto, après Mai 68, les élèves faisaient un peu la loi. J’étais à l’Athénée Bockstael à Bruxelles. On avait déjà réussi à supprimer le costume cravate qui était de rigueur. On avait décidé de venir en tong. À mon examen de géographie, j’ai dit à mon prof, que je tutoyais  : “Voilà, souhaite-moi de bonnes vacances  : j’ai fait le calcul je peux avoir zéro à ton examen, j’ai tout réussi ailleurs”. Elle me répond : “Es-tu certain ? “Absolument !”. Évidemment, à la délibération, les professeurs ont considéré que je m’étais foutu d’eux. Et ils m’ont imposé de repasser non seulement l’examen de géographie mais aussi l’examen de maturité. Je n’ai pas pu faire le tour de monde que j’envisageais. Presque tous les professeurs ont assisté à mon examen de maturité où j’ai défendu Barjavel, sans savoir qu’il était un ultra catho facho...

Vous aimez les livres, mais vous choisissez des études d’ingénieur. Pourquoi ?

Je voulais faire comme papa. Mais à l’Ichec, j’ai surtout découvert les plaisirs de la guindaille et ceux du café du métro où je tapais la carte toute la journée. J’ai réussi avec plus de 80 %, mais j’ai eu zéro à tous les labos. Après deux ans, je suis parti et je me suis inscrit à l’école Emile André pour devenir instituteur. J’ai adoré. À la sortie, j’ai fait un intérim dans une école. En même temps, j’avais trouvé un petit boulot, dans une autre libraire papeterie, “La Providence”, rue de l’Industrie à Bruxelles. J’aidais le gérant en caisse. Je lui ai proposé de vendre aussi des livres, j’ai dessiné ses rayonnages en trois profondeurs, car l’endroit était très exigu : 25 mètres carrés. À la fin de mon intérim comme instituteur, le gérant a fait une hémorragie cérébrale. Son épouse m’a demandé de le remplacer, le temps de sa maladie. Mais il est décédé. J’ai racheté le fonds de commerce.

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Et cela a marché…

J’étais seul, je m’amusais comme un fou. Les gens venaient surtout pour les journaux. À chaque client, je proposais d’acheter un livre. Puis, j’ai installé une machine à café italienne, que j’offrais à ceux qui le voulaient. Succès garanti. Ensuite, j’ai offert le porto en fin de journée ! Je me suis fait beaucoup d’amis. Certains ont apporté du fromage, il y avait une ambiance incroyable. Après, on sortait en boîte. Une très belle époque ! Mais je manquais d’espace. Mes voisins, les Pères rédemptoristes, m’ont proposé d’entreposer mes livres dans leurs locaux. Il y a prescription, je peux le dire : je ne payais pas de loyer, je filais au concierge des revues légères…

Chance ou malchance, votre magasin a été exproprié…

J’avais bien gagné ma vie, mais je dépensais tout. Je n’ai rien reçu lors de l’expropriation. Zéro. Mais finalement, j’ai trouvé un espace avenue des Arts, au 38. Je passais de 25 à 180 mètres carrés. J’ai fait beaucoup de travaux. J’ai agrandi. J’ai connu deux faillites virtuelles. La première à cause d’une grosse erreur d’un expert-comptable : il l’est toujours… La deuxième fois, après un incendie, un sinistre total. J’ai préféré passer par une liquidation. Le jour de l’incendie, j’ai gardé le magasin ouvert, en vendant les journaux et les cigarettes dans le couloir. Puis, j’ai installé une roulotte sur le trottoir. Cela a créé une empathie énorme. Cet incendie m’a aussi permis de tout reprendre à zéro. À l’époque, je notais tout dans un petit carnet. Je me suis lancé dans la gestion informatique. J’ai modifié la structure de mon capital. J’ai remboursé tous ceux qui m’avaient prêté de l’argent. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être actionnaire à 100 % de ma société.

Au fil des ans, vous avez encore agrandi. Pourquoi cette folie de vouloir faire “la plus grande librairie de plain-pied du monde… ?”

L’essentiel n’est pas là. Pour moi, le plus important, dans le travail, dans la vie, c’est de s’amuser, de partager. J’ai toujours fait cela, quand je n’avais pas un sou et quand j’ai commencé à gagner ma vie. Je m’impose cette façon de travailler : je travaille et je partage. Cela dit, il y a une chose que je fais passer avant tout : la famille.

Votre succès vient aussi de l’ouverture de votre librairie 365 jours par an, dimanche compris…

Cela n’a pas toujours été le cas. Au début, quand j’ai ouvert les samedis et dimanches, j’avais au maximum 10 clients par jour. Avec mes amis, nous passions le temps en jouant à des jeux de société. Quand un client arrivait, je disais : “Vous tombez bien, on vient d’avoir un de ces coups de feu, c’était dingue ! Cela a duré trois ans.

Qu’est-ce qui a provoqué le succès du dimanche ?

En passant de 180 à 1000 mètres carrés, j’étais en burn-out total. Je passais mes jours et mes nuits à peindre, à ranger. J’étais épuisé, je pleurais, je pleurais, je pleurais, tellement j’étais épuisé. Des amis sont venus m’aider. Puis j’ai décidé d’ouvrir l’espace avant même qu’il ne soit terminé. C’était le samedi 11 novembre 2000 : tous les commerces étaient fermés. Le bouche à oreille a fonctionné, mon magasin s’est rempli, rempli, rempli. Et l’ouverture du 11 novembre 2000 a fait le succès que l’on connaît encore aujourd’hui.

Certains petits libraires ont souffert de votre installation et de votre développement, de votre gigantisme…

Je ne crois pas. J’ai commencé petit, souvent plus petit que mes concurrents. On me montre du doigt parce que je suis aussi un marchand de presse, d’objets, de jouets. Oui, mais grâce à la presse et aux autres objets, je vends aussi des livres et j’en vends beaucoup. J’ai toujours innové. Parmi ceux qui me critiquent, combien organisent des rencontres ? Avec des opérations comme La Fureur de lire, c’est le métier de libraire que je veux mettre en avant.

Pourquoi vendre aussi tous ces gadgets ?

Le livre rapporte. Les gadgets rapportent beaucoup plus. Et j’ai toujours aimé cela. Et cela m’a permis de voyager pour découvrir en Angleterre, aux Etats Unis, en Asie des gadgets que l’on ne trouvait pas ici. J’ai vendu des milliers de T-shirt enroulés dans des bobines. Filigranes est un concept store, par définition.

Vous êtes quelqu’un d’assez clivant…

On me définit comme un entrepreneur qui a réussi. Mais je suis un grand naïf qui s’est toujours fait avoir. Il y a beaucoup de jalousie autour de moi. Mon combat est de rendre le livre accessible à tous. De le désacraliser. Tout ce que je demande, c’est que l’on reconnaisse ce que je fais pour l’édition et pour les auteurs. Car pour faire vivre un tel espace, il faut se battre. On a eu les attentats, les gilets jaunes. À présent, les problèmes de mobilité. C’est une vraie catastrophe. Est-ce comme cela que les écologistes voient la ville ? J’ai créé quelque chose dans ce quartier, je l’ai animé, Filigranes est un lieu de destination. Mais le nouveau plan de circulation complique considérablement l’accès à mon magasin. Je pense qu’Elke Van den Brandt, la ministre de la Mobilité, ne connaît pas Bruxelles.

“Mon plus grand plaisir? Partager ma passion et mes lectures”

Votre plaisir est-il de vendre, ou de vendre des livres.

Vendre des livres, bien sûr ! Je suis un passionné de lecture. J’aime vendre du bon livre. J’adore quand j’entends un client dire à la personne qui l’accompagne : “Tu vas voir, tu es venu pour acheter un livre et tu vas ressortir avec un paquet”. J’essaye de lire un bouquin par jour. Et je partage ma passion sur Instagram, sur Facebook et dans le magasin, au micro ou en discutant avec les clients. La plupart des gens qui entrent et me disent : “Monsieur Filipson, pouvez-vous me conseiller ? Qu’avez-vous comme nouveauté ? Je leur réponds toujours : pourquoi une nouveauté ? Avez-vous lu ce livre qui a15 ans et qui vaut toutes les nouveautés ?” Quand un livre domine une rentrée littéraire, c’est à nous, libraires, de montrer qu’il y a d’autres livres. Ainsi, j’ai aussi beaucoup joué avec les livres de Barbara Cartland. Quand on m’en demande, je réponds toujours : “Je viens de vendre le dernier. Mais j’ai ceci…” L’accueil, le plaisir de partager, c’est essentiel.

Avec l’âge et le succès, vous pourriez réduire un peu votre côté “grande gueule” ?

Mais pourquoi ? Grande gueule ? J’assume. Ce plaisir, cette grande gueule, le fait de connaître tout le monde, c’est peut-être cela, finalement, que mes collègues n’apprécient pas. Mon objectif a toujours été de rendre le livre accessible à tous. Moi, j’ai toujours tout fait par plaisir. Je voyage, j’ai trois beaux enfants, des petits-enfants. Je profite de la vie mais je ne suis pas riche. J’ai toujours tout réinvesti. Je dois être l’entrepreneur le moins bien payé de Belgique, mais je m’amuse.

On vous critique aussi pour avoir reçu Zemmour…

Ah oui, j’ai reçu Eric Zemmour ! Et Nabila ! Et alors ? Je reçois 250 auteurs par an. Une échevine de Bruxelles avait considéré que je ne pouvais pas recevoir Zemmour parce que je ne voulais pas recevoir Dieudonné. J’avais finalement décidé de ne pas recevoir Zemmour parce que j’avais reçu des menaces. Une manifestation était annoncée. J’ai donc annulé sa venue. La veille de son arrivée à Bruxelles, son attaché de presse m’a demandé s’il pouvait venir en tant que client. J’ai d’abord dit non. Puis, après une seconde, je me suis dit que, bien sûr, il peut venir en tant que client. Je l’ai fait entrer par le garage. Mais comme un con de commerçant, je le reconnais, j’ai prévenu RTL qui l’a interrogé à sa sortie. Cela me poursuit… Et certains m’en veulent encore aujourd’hui.

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Vous êtes très attentif à ce que Filigranes soit accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Les 3.000 mètres carrés de mon espace sont accessibles aux handicapés. Il y a des rampes partout. À l’extérieur, Pascal Smet, l’ancien ministre de la Mobilité, m’avait promis des places pour personnes à mobilité réduite. J’en ai obtenu une ! Une ! Je voudrais souligner aussi qu’il y a aussi de plus en plus de parents d’enfants autistes qui viennent ici. Ils savent que si leurs enfants commencent à hurler ou à se rouler par terre, personne ne va rien dire. C’est merveilleux. Je tiens à cette bienveillance.

“J’ai un ange gardien, mon frère décédé”

Comment vous ressourcez-vous ?

En lisant, évidemment. En passant du temps avec mes enfants et petits-enfants, aussi, bien sûr. Et en voyageant. Pour la deuxième année, en février, je pars en Inde. Je suis une cure ayurvédique : deux heures de soins par jour, suivi médical, je mange sain, tout ce que je déteste mais je joue le jeu. L’an dernier, j’ai perdu sept kilos. La méditation commence à cinq heures du matin, puis yoga. Là-bas, dans le Kérala, je croise des gens tellement bons, beaux, souriants. Là, il se passe quelque chose.

Dans votre vie, votre frère Norbert a une place particulière…

Je me suis beaucoup occupé de mon frère, Norbert, mort il y a 40 ans. Il est toujours présent. Je ne suis pas croyant mais Norbert est mon ange gardien. Il m’a encore sauvé, il y a trois semaines. J’étais sur ma Vespa, à un carrefour. Le feu passe au vert. “On” me dit : ne démarre pas. Je reste là. Et un fou a brûlé le feu. Si j’avais démarré au vert, je ne serais plus là. Hasard ? Non, moi, j’y crois. Le fait d’y penser, de partager, cela m’aide énormément. Il était épileptique, caractériel. Il avait de terribles colères. Parfois, c’était très dur. Il m’est arrivé, c’est terrible à dire, de souhaiter qu’il disparaisse parce qu’il nous gâchait parfois la vie. Maman me répétait que quand elle ne serait plus là, il faudrait que je m’occupe de lui. Cela m’est arrivé de penser à mal. La seconde après, je me disais : mais comment peux-tu penser cela ? Je l’emmenais partout où j’allais.

En quoi croyez-vous ?

Petit à petit, je commence à croire en la bonté de certaines personnes.

Être juif, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je suis né juif, je n’ai pas baigné dans la culture juive, je n’ai pas été à l’école juive. Mais, très jeune, mes parents m’ont emmené en Israël où vivaient mes grands-parents et mon oncle. À l’athénée, je suivais le cours de morale. Un jour, le rabbin Albert Guigui m’a proposé de venir suivre son cours de judaïsme. Il a insisté, il m’a appris l’hébreu. Avec mon cousin de 13 ans, j’ai fait ma bar-mitzvah au Mur à Jérusalem. Impressionnant. Je me suis impliqué dans le judaïsme. Le plus important, pour moi, c’est la tradition. Depuis 2000, j’allume les bougies pour Hanoucca. Mais j’annonce aussi la Fête du mouton et pour l’Épiphanie, je distribue la galette des rois.

© JC Guillaume

Pensez-vous à la mort, parfois ?

Oui. Mais ma question n’est pas comment je vais mourir mais à qui vais-je manquer ?

Qu’y a-t-il après ?

Je ne sais pas. Comme mes parents, je me ferai incinérer.

Si vous deviez emporter UN livre ?

Je prendrais une tablette sur laquelle j’aurais téléchargé des livres ! Un seul ? L’Ancien et le Nouveau Testament.