Elon Musk, nouveau propriétaire de Twitter, relaie de fausses allégations puis supprime son tweet

<p>Elon Musk, nouveau propriétaire de Twitter, lors d'une conférence de presse au centre spatial de SpaceX près de Boca Chica au Texas, le 10 février 2022</p>

Face au tollé, le tout nouveau propriétaire de Twitter, Elon Musk, a supprimé dimanche un tweet véhiculant des rumeurs sur l'agression du mari de la cheffe des démocrates au Congrès Nancy Pelosi alors que sa récente acquisition de la plateforme fait craindre un regain de désinformation sur l'application.

"Il y a une petite possibilité que les apparences soient trompeuses", a écrit dimanche matin le milliardaire dans un tweet à ses 123 millions d'abonnés, supprimé dans l'après-midi.

Sa publication faisait référence à l'agression de Paul Pelosi, et renvoyait à un lien d'un article du site conservateur Santa Monica Observer propageant des informations non vérifiées sur l'attaque.

Ce média a déjà publié des théories complotistes et de fausses informations par le passé, selon le quotidien Los Angeles Times.

Paul Pelosi a été attaqué vendredi à son domicile par un homme armé d'un marteau, qui cherchait en fait Nancy Pelosi. Il souffre notamment d'une fracture du crâne et a dû être hospitalisé.

Elon Musk réagissait à un tweet de l'ancienne candidate démocrate à l'élection présidentielle Hillary Clinton fustigeant les théories du complot colportées par le parti républicain.

"Le parti républicain et ses porte-parole propagent désormais régulièrement des discours haineux et des théories conspirationnistes complètement folles", a dénoncé l'ancienne secrétaire d'Etat américaine. "C'est choquant mais pas surprenant, et la violence en est le résultat".

Le président américain Joe Biden a aussi dénoncé ce week-end l'agression de M. Pelosi, la liant aux conséquences de la désinformation, à dix jours des élections de mi-mandat.

- Déluge d'injures -

Le tweet d'Elon Musk a suscité de nombreux commentaires et critiques sur le réseau social.

"Clinton: des théories du complot sont responsables de la mort de personnes et nous ne devrions pas leur donner de la visibilité. Propriétaire de Twitter: mais avez-vous entendu parler de cette théorie complotiste?", a résumé Seth Masket, professeur de sciences politiques à l'université de Denver, qui a signalé le tweet d'Elon Musk comme inapproprié auprès du réseau social.

"Le troll Elon devrait alerter du retrait (de ce tweet) le chef de Twitter Elon", a commenté l'ancien rapporteur spécial de l'ONU pour la liberté d'expression David Kaye, ironisant sur les différentes casquettes du milliardaire.

Sollicitée par l'AFP, Twitter n'a pas répondu dans l'immédiat.

Le fantasque patron de Tesla et SpaceX, qui s'érige en défenseur de la liberté d'expression, a affirmé à de multiples reprises vouloir faire de Twitter une sorte d'agora numérique, où toutes les opinions seraient libres de s'exprimer.

Il a pourfendu une modération selon lui trop stricte des contenus, concentrant toutefois la majorité de ses attaques contre la censure supposée des voix de droite et d'extrême-droite.

Cherchant toutefois à rassurer ses annonceurs, Elon Musk a promis après son acquisition de Twitter que le réseau social ne deviendrait pas "infernal" et qu'il le doterait d'un "conseil de modération des contenus".

A peine quelques jours après son rachat, le réseau à l'oiseau bleu fait déjà l'objet d'attaques coordonnées de "trolls" déversant des contenus haineux pour tester sa politique de modération, selon un responsable de l'entreprise.

"Au cours des dernières 48h, nous avons vu un petit nombre de comptes publier un déluge de tweets contenant des injures et autres termes insultants", a indiqué samedi Yoel Roth, en charge de l'intégrité de la plateforme.

"Pour vous donner une idée de l'ampleur: plus de 50.000 tweets mentionnant une insulte en particulier provenaient de seulement 300 comptes", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agissait en grande majorité de faux comptes.

M. Roth a réitéré que les "discours haineux n'avaient pas leur place" sur Twitter, sa politique de modération n'ayant pas "changé", et que la société prenait des mesures pour "faire cesser tout effort organisé pour faire croire le contraire".

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