Les ventes à découvert des valeurs financières interdites pour 15 jours en France

Le siège de l'Autorité des Marchés Financiers le 30 mars 2004 à Paris

L'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme boursier français, a interdit les ventes à découvert sur les valeurs financières cotées à Paris pour une durée de 15 jours, a annoncé à l'AFP, son président Jean-Pierre Jouyet.

L'Espagne, l'Italie et la Belgique vont prendre des mesures similaires, a indiqué de son côté l'ESMA, le régulateur financier européen, sans préciser la nature exacte de ces mesures.

"Nous avons décidé d'interdire (...) les ventes à découvert sur les actions de 11 banques et assurances cotées sur le marché français, cela pour une durée de 15 jours", a déclaré M. Jouyet.

L'AMF avait déjà interdit les ventes à découvert sur les valeurs financières cotées à Paris entre septembre 2008 et début février 2011.

Les ventes à découvert sont un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Cette pratique est accusée de précipiter la chute des actions les plus fragiles, et d'aggraver l'instabilité sur les marchés financiers.

Cette décision a été prise "en concertation avec les autres autorités de européennes régulation des marchés sous l'égide de l'ESMA, a ajouté M. Jouyet.

Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité française des marchés financiers, le 12 novembre 2009 à Paris

"Nous avons à faire face dans différents pays européens à des rumeurs qui ne sont pas fondées et qui entravent le bon fonctionnement des marchés", a relevé le président de l'AMF.

"Ces rumeurs peuvent être assimilées à des abus de marché", selon M. Jouyet, reprenant le terme par lequel l'AMF désigne les manipulations de cours, les délits d'initié et la diffusion de fausses informations.

Depuis mercredi, la plupart des valeurs financières françaises sont la cible de rumeurs alarmistes sur les marchés boursiers et ont subi de lourdes pertes, de plus de 10% pour certaines.

M. Jouyet a d'ailleurs estimé que des investisseurs avaient voulu "tester la résistance française" en provoquant les chutes des valeurs financières en Bourse ces derniers jours.

"On a voulu tester la résistance française", a-t-il déclaré à l'AFP. "Voilà notre réponse, elle est comme toujours très déterminée et elle le sera face à tous ceux qui veulent nous tester", a-t-il affirmé.

Les valeurs financières concernées par l'interdiction sont Axa, April Group, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré, Scor et Société Générale, a précisé l'AMF.

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