La Phalange Okba Ibn Nafaa, principal groupe armé jihadiste tunisien

<p>Image de vidéosurveillance diffusée le 21 mars 2015 par le gouvernement tunisien où l'on voit (à d), armes à la main, les deux auteurs de l'attaque du 18 mars contre le Musée du Bardo, alors qu'un autre homme se précipite en courant vers l'extérieur</p>

La Phalange Okba Ibn Nafaa est le principal groupe armé tunisien, une branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a revendiqué nombre d'attaques contre les forces armées tunisiennes dans la zone frontalière entre la Tunisie et l'Algérie depuis fin 2012.

Selon les autorités tunisiennes, ce groupe est responsable aussi de l'attentat contre le musée du Bardo du 18 mars (22 morts, 21 touristes et un policier) bien que cette attaque a été revendiquée par l'organisation Etat islamique (EI).

En septembre dernier, Okba Ibn Nafaa avait annoncé soutenir "fortement" EI sans pourtant prêter allégeance à ce groupe contrôlant de larges parts de la Syrie, de l'Irak et désormais aussi actif en Libye.

Son nom, Okba Ibn Nafaa, est celui d'un chef militaire musulman du VIIe siècle et fondateur de la grande mosquée éponyme de Kairouan en Tunisie, considérée comme la quatrième ville sainte de l'islam.

Ce groupe, composé de dizaines de combattants aguerris et dirigé par l'Algérien Lokmane Abou Sakhr, tué selon Tunis dans une opération des forces de l'ordre samedi soir dans la région de Gafsa (centre-ouest).

Ce groupe est apparu au mont Chaambi en décembre 2012, un massif montagneux proche de la ville de Kasserine (centre-ouest) et de la frontière algérienne.

Depuis l'armée tente de l'en déloger. Ces jihadistes ont mené aussi des opérations bien plus au nord dans les régions du Kef et de Jendouba.

Leurs mines et embuscades ont coûté la vie à une soixantaine de militaires et de policiers malgré d'intenses campagnes de bombardements et opérations de ratissages.

La Phalange Okba Ibn Nafaa est aussi pour Tunis responsable de l'attaque la plus sanglante de l'histoire de l'armée lorsque 15 soldats ont été tués alors qu'ils bivouaquaient à Chaambi en juillet 2014.

Ce groupe a revendiqué par ailleurs l'attaque au printemps de la même année contre la maison du ministre de l'Intérieur de l'époque, Lotfi Ben Jeddou, à Kasserine. Quatre policiers avaient été tués.

Tunis avait estimé en 2013 que l'apparition de ce groupe était le résultat des interventions militaires au Mali et en Libye qui ont facilité le trafic d'armes et les déplacements des jihadistes à travers le Sahara.

Okba Ibn Nafaa compterait de nombreux maghrébins et africains, outre des Tunisiens.

Une partie de ces membres seraient des militants issus d'Ansar Ashariaa, groupe salafiste jihadiste tunisien dirigé par le vétéran de l'Afghanistan Abou Iyadh. Ce dernier est accusé d'avoir organisé l'attaque par des manifestants à Tunis de l'ambassade américaine de septembre 2012. Il est en fuite depuis, probablement en Libye.

Les autorités ont aussi accusé les tueurs de deux personnalités politiques tunisiennes en 2013 d'avoir été formés au mont Chaambi.

l'opposant de gauche Mohamed Brahmi avait été tué par balles devant son domicile près de Tunis, le 25 juillet 2013, six mois après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, par un groupe de jihadistes.

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