Quatre mois et demi de crise au Venezuela

<p>Manifestation contre les mesures annoncées par le président du Venezuela Nicolas Maduro, le 18 mai 2016 à Caracas</p>

Le bras de fer entamé en janvier dans un Venezuela en crise entre Nicolas Maduro et l'opposition s'est intensifié avec la menace d'un référendum à l'encontre du président et la mise en place de l'état d'exception.

Un Parlement dans l'opposition

- 5 janvier : Prise de fonction des députés élus en décembre 2015. L'opposition a la majorité au Parlement pour la première fois depuis 16 ans.

- 15 : Face à une situation "catastrophique", le président Nicolas Maduro décrète pour 60 jours l'état d'"urgence économique" qui prévoit notamment le recours par le gouvernement aux moyens des entreprises privées pour "garantir l'accès" aux biens de première nécessité.

- 22 : Le Parlement rejette l'état d'"urgence économique". Le 12 février, le Tribunal suprême de justice (TSJ), considéré comme proche de Nicolas Maduro par l'opposition, valide le décret présidentiel.

- 18 février : Nicolas Maduro annonce la hausse de plus de 6.000% du prix de l'essence, gelé depuis 20 ans, la dévaluation de la monnaie et l'augmentation du salaire minimum.

- 1er mars : Le TSJ limite les pouvoirs du Parlement, qui perd son droit de contrôle sur le pouvoir judiciaire, électoral et citoyen.

- 8 : L'opposition lance deux initiatives pour faire partir Maduro : un référendum révocatoire et une modification de la Constitution visant à réduire son mandat de 6 à 4 ans.

- 7 avril : Le vendredi est décrété jour de congé pendant deux mois dans tout le pays, pour faire face à la crise énergétique provoquée par une importante sécheresse. A partir du 21 avril, l'électricité est coupée quatre heures par jour pendant 40 jours dans les dix Etats (sur 24) les plus peuplés.

- 24 : Le TSJ ferme la porte à une éventuelle réduction du mandat de Maduro.

Vers un référendum révocatoire

- 26 avril : L'autorité électorale autorise l'opposition à rassembler des signatures pour déclencher la procédure de référendum révocatoire. Un minimum de 195.000 signatures (1% de l'électorat) est requis.

- 27 : Le président ordonne aux fonctionnaires de ne travailler que deux jours par semaine, pour économiser l'électricité.

- 1er mai : Le Venezuela change de fuseau horaire toujours pour économiser l'énergie. Nicolas Maduro annonce une hausse de 30% du salaire minimum.

- 3 : L'opposition remet aux autorités électorales 1,85 million de signatures en faveur du référendum.

- 4 : Maduro assure qu'il autorisera le référendum si les autorités électorales valident les signatures.

- 12 : Des milliers de personnes manifestent dans tout le Venezuela à l'appel de l'opposition. L'autorité électorale annonce qu'en cas de validation des signatures, la prochaine étape du processus vers un référendum n'interviendra pas avant début juin.

L'état d'exception

- 14 mai: Maduro décrète l'état d'exception, faisant état de "menaces extérieures" et annonce sa prolongation probable jusqu'en 2017. Il ordonne la saisie des usines "paralysées par la bourgeoisie" et l'emprisonnement des entrepreneurs accusés de "saboter le pays", ainsi que des man?uvres militaires.

- 15 : Le gouvernement affirme qu'il n'y aura pas de référendum, en raison de "fraudes".

- 16 : Un décret définit les contours de l'état d'exception. Il attribue des pouvoirs spéciaux aux militaires et autres forces de sécurité et permet au gouvernement de prendre le contrôle des sources d'approvisionnement d'aliments, de produits de première nécessité et d?énergie.

- 17 : Le Parlement rejette le décret. L'opposition appelle la population et l'armée à la désobéissance.

- 18 : Des manifestations pour réclamer l'organisation du référendum ont lieu dans une vingtaine de villes. Nicolas Maduro menace de relever le niveau de l'état d'exception.

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