Covid: en France, l'épidémie freine, mais l'hôpital n'en voit pas le bout

Andréa BAMBINO
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À deux semaines de la prochaine étape du déconfinement, la situation épidémique s'améliore lentement en France, mais les hôpitaux sont toujours confrontés à une charge élevée de malades du Covid-19 et des experts sanitaires s'inquiètent toujours d'une réouverture prématurée.

Taux de positivité, d'incidence et de reproduction en baisse, moins de contaminations enregistrées chaque jour, les indicateurs de la circulation du SARS-CoV-2 sont plus favorables.

Depuis le milieu de la semaine dernière, entre 20.000 et 30.000 cas positifs sont comptabilisées au quotidien par Santé publique France. Moins que les 40.000 voire plus de 50.000 cas quotidiens détectés entre fin mars et début avril, mais encore très loin du seuil, finalement jamais atteint, de 5.000, retenu par le gouvernement pour sortir du confinement à la mi-décembre.

Cette fois, l'exécutif n'a pas fixé d'objectif pour rouvrir les terrasses, commerces, lieux culturels et repousser le couvre-feu à 21h le 19 mai, Emmanuel Macron ayant seulement évoqué la possibilité d'"actionner des +freins d'urgence+" dans les départements qui dépassent un taux de 400 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours. Un seuil plus élevé que celui d'"alerte maximale" de 250 utilisé jusque-là, et que nombre d'épidémiologistes jugent beaucoup trop léger.

"Tous les autres pays retiennent des seuils beaucoup plus bas", déplore dans Le Monde Dominique Costagliola, directrice de recherche à l'Inserm.

- Moins de décès -

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"Actuellement, le nombre de cas baisse, mais on a à peine passé le pic. On relâche sans avoir diminué vraiment la pression à l'hôpital", ajoute-t-elle, en soulignant qu'au précédent déconfinement en décembre, "le nombre d'hospitalisations et de personnes en réanimation avait plus baissé quand on a rouvert".

Quant à la vaccination, elle progresse, avec 546.907 injections lundi, au début d'une nouvelle phase où les 18-50 ans peuvent se faire vacciner sur "déclaration" d'une comorbidité mais sans prescription médicale.

Près d'un tiers (31,3%) de la population majeure a reçu une première dose (13% de vaccinés majeurs avec deux doses) mais "cela reste sans doute trop faible pour garantir une diminution de la circulation du virus", prévient Dominique Costagliola.

S'il baisse depuis le 26 avril, le nombre de malades soignés dans les services de réanimation s'élevait toujours à plus de 5.500 mardi, soit 108% d'occupation des capacités initiales.

Le rythme des décès est lui aussi en recul, avec 243 morts à l'hôpital mardi, après 311 lundi.

Dans ses dernières projections, datées de mardi, l'équipe de modélisation de l'Institut Pasteur "anticipe une baisse des admissions à l'hôpital et des besoins en lits dans les jours qui viennent", mais "l'augmentation de la mobilité" montrée par les "données Google pourrait atténuer cette baisse".

- "Trop vite" -

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A l'hôpital Louis-Mourier de l'AP-HP à Colombes, où la réa est pleine, la troisième vague est encore bien réelle.

"Si on en croit le nombre de sollicitations qu'on a pour trouver des places de réanimation, la gravité des patients qu'on prend en charge et le taux d'occupation qu'on a actuellement, clairement nous ne sommes pas encore sur une phase de décroissance et nous craignons qu'elle soit assez lente", explique le chef du service de réanimation, Jean-Damien Ricard.

"Lors de la décroissance de la 2e vague, on était descendu à 30 admissions en réanimation en Ile-de-France, actuellement on dépasse 100 entrées par jour", souligne-t-il à l'AFP, en craignant que le déconfinement aille "trop vite".

Après l'étape du 19 mai, marquée aussi par la réouverture aux spectateurs des établissements sportifs (avec des jauges et une limite de 800 personnes en intérieur), l'agenda de l'exécutif prévoit une étape ultérieure le 9 juin, avec réouverture des cafés et restaurants (tables de 6 maximum), des salles de sport et la possibilité d'accueillir jusqu'à 5.000 personnes dans les lieux culturels et sportifs avec pass sanitaire. Puis, le 30 juin doit sonner la fin relative des jauges et du couvre-feu.

Certains territoires n'attendent pas pour desserrer doucement l'étau.

Dans les Alpes-Maritimes, l'obligation du port du masque a été levée mardi par la préfecture pour les espaces verts urbains et aux abords des plans d'eau, plages et bases de loisir comprises. Une décision intervenue notamment à la demande de la municipalité de Villeneuve-Loubet, commune très boisée à l'origine d'une campagne d’affichage décalée et critique représentant des sangliers masqués.

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