Le président israélien consulte les candidats pour former un gouvernement

Guillaume LAVALLÉE
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Qui héritera du mandat? Le président israélien Reuven Rivlin a lancé mercredi des consultations pour confier à une nouvelle personnalité politique le mandat de former le gouvernement après l'échec du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu.

Sur les coups de minuit, le délai accordé à M. Netanyahu à la suite des élections du 23 mars pour former un gouvernement a expiré sans que le Premier ministre sortant ne puisse parvenir à rallier une majorité de 61 députés sur les 120 de la Knesset (le Parlement) en vue d'une coalition gouvernementale.

S'il avait été près d'un accord, M. Netanyahu aurait pu demander une prolongation de deux semaines au mandat de former un gouvernement, mais il ne l'a pas fait, ont indiqué à la fois la présidence et son parti de droite, le Likoud.

Après cet échec, qui ne signifie pas pour l'instant la fin du règne du plus pérenne des Premiers ministres de l'histoire d'Israël, M. Rivlin a trois jours pour décider de la suite de ce feuilleton politique qui dure depuis deux ans et sortir le pays de la crise.

Le président a d'ores et déjà demandé aux partis de lui soumettre les noms de candidats. Et de ces derniers circulent ceux de Yaïr Lapid et Naftali Bennett.

Chef de l'opposition, dont la formation Yesh Atid ("Il y a un futur") est arrivée en second place avec 17 députés aux législatives, les quatrièmes en deux ans, Yaïr Lapid cherche à former un "gouvernement d'union nationale" afin de chasser du pouvoir M. Netanyahu, jugé pour "corruption" et "malversation" dans une série d'affaires.

"Le temps pour un nouveau gouvernement est venu (...) Il s'agit d'une opportunité historique de briser les barrières qui divisent la société israélienne, d'unir les religieux et les laïcs, la gauche, la droite et le centre", a lancé le centriste Lapid cette semaine.

- Lapid ou Bennett ? -

Le président israélien a reçu séparément en cours de matinée MM. Lapid et Bennett, qui lui ont demandé chacun de recevoir le mandat de former le prochain gouvernement, selon des sources des deux camps.

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S'il apparaît comme un choix logique pour nombre de commentateurs israéliens, Yaïr Lapid pourrait toutefois être coiffé au poteau par Naftali Bennett, chef de la formation de droite radicale Yamina (7 députés).

M. Bennett louvoie entre le "bloc de droite" que M. Netanyahu a tenté en vain de rallier, et le "bloc du changement" que M. Lapid cherche à consolider.

Le Likoud pourrait par exemple recommander que le mandat soit accordé à Naftali Bennett dans un ultime effort pour obtenir un gouvernement de droite.

Au Parlement, 65 des 120 députés sont membres de partis ouvertement à droite. Mais deux de ses partis, Yamina et "Nouvel espoir" présidé par le frondeur Gideon Saar, ont refusé de joindre le camp de M. Netanyahu.

- Hyper-fragmenté -

MM. Lapid et Bennett pourraient aussi tenter de former ensemble un gouvernement. D'ailleurs, selon un sondage de la chaîne israélienne 13 diffusé mercredi, 43% des Israéliens souhaitent un gouvernement Lapid-Bennett.

Mais dans une scène politique israélienne hyper-fragmentée, les camps de MM. Lapid et Bennett devraient non seulement rallier la gauche, le centre et la droite déçue de M. Netanyahu, mais aussi au moins un parti arabe.

Pour la première fois de sa carrière politique, Naftali Bennett a d'ailleurs rencontré, seul à seul, Mansour Abbas, chef d'une petite formation arabe et islamiste qui pourrait être la pièce manquante pour atteindre le nombre magique des 61 députés.

Si l'opposition parvient à former un gouvernement d'union, une page de l'histoire d'Israël se tournera avec le départ de Benjamin Netanyahu, qui a passé les 12 dernières années au pouvoir.

Sinon, les Israéliens risquent de retourner aux urnes pour une cinquième fois en un peu plus de deux ans. D'ailleurs, 70% des Israéliens s'attendent à de nouvelles élections, selon un sondage publié mercredi de l'Institut démocratique d'Israël, un cente d'analyse de Jérusalem.

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