Virus: l'Inde toujours accablée, son chef de diplomatie en mode virtuel au G7

Laurence THOMANN avec les bureaux de l'AFP dans le monde
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Exposé à des cas potentiels de Covid-19, le chef de la diplomatie de l'Inde, dont le pays affronte une flambée de la pandémie, a été contraint mercredi de participer virtuellement à la réunion à Londres du G7, qui doit débattre d'une distribution mondiale plus équitable des vaccins.

La fracture s'élargit en effet entre les pays riches, où l'avancée des campagnes de vaccination, bientôt élargies aux Etats-Unis aux adolescents, permettent une levée progressive des restrictions en place contre le coronavirus, alors que les pays pauvres manquent encore cruellement de vaccins.

"J'ai été informé hier (mardi) soir de l'exposition à des cas potentiellement positifs au Covid. Par mesure de grande prudence et aussi par égard pour autrui, j'ai décidé de conduire mes engagements en mode virtuel", a tweeté le chef de la diplomatie indienne Subrahmanyam Jaishankar.

"Ce sera également le cas pour la réunion du G7 aujourd'hui", a ajouté M. Jaishankar, qui a déjà rencontré le secrétaire d'État américain Antony Blinken lundi soir en marge du sommet des ministres des Affaires étrangères. Tous deux étaient masqués et M. Blinken a déjà reçu deux doses de vaccin contre le coronavirus.

L'Inde, qui subit une deuxième vague dévastatrice de Covid-19, a dénombré 3.780 décès et 382.000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures. Le géant asiatique a atteint plus de 222.000 morts et près de 20,3 millions de contaminations depuis le début de la pandémie, un bilan que certains experts estiment largement sous-évalué.

Cette deuxième vague de Covid-19 est attribuée notamment à des rassemblements religieux et politiques autorisés ces derniers mois, ainsi qu'à l'inaction du gouvernement de Narendra Modi.

Les hôpitaux sont submergés et à court de réserves d'oxygène, de médicaments, de lits, malgré l'aide internationale qui afflue.

Face à cette situation, la Banque centrale de l'Inde est montée au créneau mercredi en annonçant 6,7 milliards de dollars de prêts bon marché au secteur de la santé.

L'objectif immédiat est de "préserver la vie humaine et de restaurer les moyens de subsistance par tous les moyens possibles", a déclaré le gouverneur de la Reserve Bank of India (RBI), Shaktikanta Das.

Cette décision est destinée à améliorer l'accès aux soins de santé d'urgence pendant la pandémie, a-t-il indiqué, en permettant aux banques d'accorder plus facilement des prêts bon marché aux hôpitaux, aux fabricants d'oxygène et même aux malades.

Le système de santé indien, vétuste et sous-financé, peine à surmonter l'afflux de malades du Covid-19, certains trouvant la mort aux portes des hôpitaux, faute de se voir administrer soins et oxygène.

En Australie, qui comme beaucoup de pays a interdit les vols en provenance d'Inde, un tribunal a accepté de mercredi de se pencher sur la décision très controversée de Canberra d'interdire aux Australiens qui se trouvent en Inde de revenir dans leur pays.

- "La lumière au bout du tunnel plus forte" -

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A Londres, appelés par l'OMS à la solidarité face à la pandémie, les pays riches du G7 discutent mercredi des moyens d'assurer une distribution plus équitable des vaccins anti-Covid.

Le système de partage avec les pays pauvres Covax, qui se fournit principalement en vaccins d'AstraZeneca, patine: il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de 2 milliards en 2021.

Aux Etats-Unis par contre, le président Joe Biden a lancé mardi une "nouvelle phase" qui doit intégrer les adolescents et cibler les Américains plus réticents.

"La lumière au bout du tunnel est de plus en plus forte", a déclaré Joe Biden, qui vise une au moins une injection pour 70% des adultes d'ici la fête nationale du 4 juillet.

Le pays, officiellement le plus endeuillé par la pandémie, est aussi prêt à lancer "immédiatement" une campagne de vaccination des adolescents en cas d'autorisation du vaccin de Pfizer pour ces derniers.

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Environ 56% des adultes américains ont reçu au moins une dose de vaccin (plus de 145 millions de personnes), mais le gouvernement est aujourd'hui confronté à des difficultés d'accès pour une partie de la population restante, et au scepticisme d'autres.

Dans l'UE, plus d'un quart de la population a reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, a salué mardi la Commission européenne, et plus de 9% de ses habitants sont désormais entièrement vaccinés selon un décompte de l'AFP.

"La vaccination s'accélère en Europe: nous venons de dépasser les 150 millions de vaccinations (...) Nous aurons suffisamment de doses pour vacciner 70% des adultes de l'UE en juillet", a tweeté Ursula von der Leyen, présidente de l'exécutif européen.

- Allègement pour les vaccinés en Allemagne -

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Le gouvernement allemand a décidé mardi d'alléger pour les personnes ayant reçu deux doses de vaccin les nombreuses interdictions en place depuis plusieurs mois.

Le parlement doit se prononcer jeudi et vendredi sur ce texte, qui pourrait entrer en vigueur dès ce week-end.

Les ambassadeurs des 27 Etats membres de l'Union européenne doivent par ailleurs s examiner mercredi une proposition de la Commission en faveur de l'entrée dans l'Union aux voyageurs en provenance de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccins.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 3.230.058 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP mercredi.

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