Covid-19: moins de contaminations, plus de vaccins, facteurs clés pour bien déconfiner

Andréa BAMBINO
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Moins de cas positifs, moins de malades à l'hôpital, moins de morts et plus de vaccinés: les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 s'améliorent, mais les experts sanitaires restent prudents avant les prochaines étapes du déconfinement, jugées à risque.

Dans un contexte sanitaire toujours tendu, la France va étendre, à compter de samedi minuit, à sept pays supplémentaires (Turquie, Bangladesh, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Emirats arabes unis, Qatar) la quarantaine obligatoire à l'arrivée sur le territoire, déjà en vigueur notamment pour l'Inde et le Brésil, a annoncé vendredi une source gouvernementale à l'AFP.

La semaine dernière, marquée par la réouverture des écoles primaires, environ 150.000 cas positifs au coronavirus ont été rapportés, contre plus de 202.000 la précédente, selon Santé publique France.

Une diminution à relativiser à cause d'un jour férié de plus, le 1er mai, synonyme de baisse du nombre de tests.

Santé publique France souligne que le variant anglais, plus contagieux, demeure très majoritaire (80% de suspicion parmi les tests positifs criblés), au-dessus des variants sud-africain et brésilien (5,5%), dont la hausse en Ile-de-France (11%) est surveillée de près.

Par ailleurs, 26 cas au total de variant circulant en Inde ont été détectés jusqu'à présent dans "11 épisodes" d'infection, "mais les mesures précoces d'identification et d'isolement des cas et de leurs contacts ont permis de limiter le risque de diffusion".

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Pour éviter un regain de contaminations à l'occasion du pont de l'Ascension la semaine prochaine, le ministre de la Santé Olivier Véran a appelé vendredi "les Français à aller se faire tester massivement avant de retrouver leurs proches".

Il a aussi souhaité une "mobilisation sans précédent" des centres de vaccination - ainsi que des médecins, pharmaciens et infirmiers - "à compter de ce week-end et tout au long de la semaine prochaine".

- "4e vague" -

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"L'épidémie reste à un niveau toujours élevé, supérieur à celui observé une semaine avant la levée du deuxième confinement" en décembre, observe Santé publique France, à 12 jours de la date fixée par l'exécutif pour la réouverture des terrasses, de certains commerces et des lieux culturels.

Après plus de six mois de fermeture, la réouverture "apparaît souhaitable et même nécessaire", mais "une sortie précipitée" des restrictions peut provoquer "la survenue durant l'été 2021 d'une possible 4e vague", met en garde vendredi le conseil scientifique, censé guider les choix du gouvernement.

Pour l'instance présidée par Jean-François Delfraissy, le calendrier doit "impérativement" s'accompagner d'"indicateurs sanitaires", alors qu'Emmanuel Macron a seulement évoqué la possibilité d'"actionner des +freins d'urgence+" dans les départements qui dépasseraient un taux d'incidence de 400 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours.

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Le conseil scientifique fixe la barre bien plus bas: "les mois qui viennent seront beaucoup plus faciles à gérer" si la circulation virale se stabilise à "une incidence inférieure à 100", "soit 10.000 nouveaux cas par jour" (contre plus de 20.000 actuellement) durant la période de réouverture.

Après le 19 mai, ce sera au tour des cafés et restaurants de rouvrir en intérieur (tables de 6 maximum) le 9 juin, puis la fin totale du couvre-feu le 30 juin.

- jeunes plus motivés -

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La baisse des contaminations a permis de diminuer les arrivées à l'hôpital, mais le nombre de malades du Covid-19 soignés dans les services de réanimation reste élevé, au-dessus des capacités initiales en lits de réa, à plus de 5.200.

Cette tension s'opère au détriment des autres soins. La semaine dernière, les déprogrammations atteignaient "42% des activités chirurgicales" dans les établissements de l'AP-HP (hôpitaux parisiens), hors pédiatrie, "avec 48% des salles de blocs opératoires fermées", relève le conseil scientifique.

La décrue des principaux indicateurs de la maladie se poursuit lentement. Notamment avec le nombre d'hospitalisations sur sept jours, à 8.700 vendredi, en baisse depuis un pic à plus de 14.700 à la mi-avril.

Cette semaine, le nombre de morts à l'hôpital a oscillé entre 200 et 300 par jour, un rythme en baisse également. Il était de 227 vendredi. Au total, 106.130 personnes sont mortes du Covid-19 depuis le début de l'épidémie, en très grande majorité des personnes âgées, plus fragiles.

Le rythme de la vaccination reste un enjeu crucial. "35 millions de personnes pourraient être vaccinées au 30 juin 2021, ce qui permettrait d’atteindre un niveau significatif d'immunité vaccinale en population", préconise aussi le conseil scientifique.

Avec 25,1 millions d'injections au total (premières doses et rappels), dont une journée record jeudi à plus de 600.000 doses, près d'un tiers de la population majeure (33,3%) a reçu une première dose et 14,5% deux doses.

La vaccination sera élargie à partir de lundi à tous les plus de 50 ans, sans condition de santé, et à tous les adultes sans condition d'âge à partir de mercredi en cas de rendez-vous disponibles la veille pour le lendemain.

A mesure que la campagne avance, les intentions de se faire vacciner progressent chez les plus jeunes, à 55% chez les 18-24 ans (contre 36% un mois plus tôt) et 43% chez les 25-34 ans (contre 39%), selon une enquête de Santé publique France du 21 au 23 avril.

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