Deux assaillants palestiniens tués par la police israélienne en Cisjordanie

Daniella CHESLOW
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Les forces israéliennes ont tué vendredi deux Palestiniens et blessé un troisième, qui ont ouvert le feu sur des gardes-frontières en Cisjordanie occupée, sur fond de tensions croissantes dans les Territoires palestiniens.

A Jérusalem-Est, une centaine de Palestiniens sont de nouveau descendus dans le quartier de Cheikh Jarrah où des familles palestiniennes sont menacées d'éviction au profit de colons israéliens. La police a tiré des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Plus au nord, près de la ville de Jénine en Cisjordanie, trois assaillants ont ouvert le feu en direction des gardes-frontières de la base de Salem, provoquant des tirs de riposte des forces de sécurité, a indiqué la police aux frontières dans un communiqué.

Deux "terroristes sont morts" et le troisième assaillant a été gravement blessé et transféré dans un "état critique" vers un hôpital israélien, a ajouté cette source sans préciser si les tirs avaient fait des victimes parmi les forces israéliennes.

La police n'a pas non plus précisé si les trois hommes étaient palestiniens, mais le terme "terroriste" est utilisé généralement par les autorités israéliennes pour désigner les assaillants palestiniens.

Le ministère de la Santé palestinien a confirmé la mort de deux "citoyens", mais indiqué ne pas avoir d'informations sur leur identité dans l'immédiat.

D'après la source israélienne, trois armes à feu ont été saisies ainsi qu'un couteau sur chacun des assaillants, dont l'un avait sur lui une grande quantité de balles.

- "Base terroriste" -

Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues dans le secteur oriental de Jérusalem et en Cisjordanie, deux territoires palestiniens occupés depuis 1967 par Israël.

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Mercredi, un jeune Israélien a succombé à ses blessures infligées par des tirs d'un Palestinien trois jours plus tôt en Cisjordanie. Le même jour, un Palestinien de 16 ans a été tué par des tirs à balles réelles de l'armée israélienne, selon des sources palestiniennes.

L'attaque de vendredi a coïncidé avec la "Journée d'Al-Qods (Jérusalem en arabe)" célébrée tous les ans dans des pays de la région et principalement en Iran, ennemi juré d'Israël, en soutien au peuple palestinien.

A Téhéran, l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d'Iran, a prôné le combat contre Israël, qualifié de "base terroriste". Pour lui, la "chute du régime sioniste ennemi" est inéluctable.

A Jérusalem-Est, annexé par Israël, des manifestations, marquées par des heurts avec les forces israéliennes, ont lieu quotidiennement depuis une semaine dans le quartier de Cheikh Jarrah. Jeudi, 15 Palestiniens ont été arrêtés et mercredi 22 Palestiniens ont été blessés et 11 manifestants arrêtés.

- "Crimes de guerre" -

La dispute à Cheikh Jarrah porte sur la question de la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites plusieurs maisons où vivent quatre familles palestiniennes.

Le tribunal de district de Jérusalem a rendu début 2021 une décision favorable à des familles juives qui y revendiquent des droits de propriété.

Selon la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur "droit de propriété". Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre.

La décision du tribunal a provoqué la colère des Palestiniens qui la contestent depuis.

Une nouvelle audience de la Cour suprême est prévue lundi.

Vendredi, l'ONU a exhorté Israël à mettre fin à toute expulsion forcée de Palestiniens à Jérusalem-Est, "qui fait toujours partie du territoire palestinien occupé", avertissant que ses actions pourraient constituer des "crimes de guerre".

En Jordanie, pays qui continue d'être gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, des centaines de personnes se sont rassemblées en solidarité avec les familles palestiniennes, scandant "Nous mourrons pour Cheikh Jarrah".

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