Heurts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, 17 blessés

Claire GOUNON
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Quatorze Palestiniens et trois policiers israéliens ont été blessés vendredi lors d'affrontements rares sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, dans un contexte de vives tensions dans la Ville sainte.

Egalement à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967, les tensions sont très vives dans le quartier de Cheikh Jarrah où des manifestations ont lieu tous les soirs depuis une semaine pour protester contre une possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Alliés d'Israël, les Etats-Unis ont appelé à la "désescalade" des tensions à Jérusalem et à "éviter" l'éviction de familles palestiniennes.

Sur l'esplanade des Mosquées, les heurts ont opposé fidèles palestiniens aux policiers israéliens qui gardent l'accès de ce troisième lieu saint de l'islam.

Des "centaines d'émeutiers ont lancé des pierres, des bouteilles et d'autres objets en direction des officiers qui ont riposté", a indiqué la police israélienne. Le porte-parole de la police, Wassem Badr, a évoqué des "troubles violents".

Quatorze Palestiniens ont été blessés, la plupart aux yeux et à la tête, en majorité par des balles en caoutchouc tirées par les policiers israéliens, selon le Croissant rouge palestinien.

Trois policiers israéliens ont été blessés, selon la police.

Des dizaines de tirs ont été entendus depuis l'esplanade, où une foule de musulmans était rassemblée en ce dernier vendredi du mois de jeûne du ramadan. De la fumée s'est élevée au dessus du lieu situé dans la Vieille Ville de Jérusalem.

La police a ajouté avoir "commencé a rétablir l'ordre" sur les lieux.

- Attaque palestinienne -

Les derniers affrontements entre policiers israéliens et fidèles sur l'esplanade des Mosquées remontent à août 2019 et avaient fait des dizaines de blessés palestiniens, le jour d'importantes commémorations juive et musulmane.

Les nouvelles violences surviennent dans un contexte de vives tensions dans le secteur oriental de Jérusalem annexé par Israël, et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

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Plus tôt dans la journée, les forces israéliennes ont tué deux Palestiniens et blessé un troisième, qui avaient ouvert le feu sur des gardes-frontières dans le nord de la Cisjordanie, sans faire de victimes israéliennes.

Dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, une centaine de Palestiniens sont de nouveau descendus dans la rue, mais la police les a dispersés à coups de grenades assourdissantes, ont constaté des journalistes de l'AFP. Seule une poignée de manifestants étaient encore sur place au milieu d'une importante présence policière.

"Nous sommes profondément préoccupés par la hausse des tensions à Jérusalem", a dit à Washington une porte-parole du département d'Etat. Elle s'est aussi dite "préoccupée par les évictions potentielles de familles palestiniennes" dans des quartiers de Jérusalem-Est, "dont plusieurs vivent bien entendu dans leur maison depuis des générations".

- Journée de Jérusalem -

Plus tôt dans la semaine, un jeune Israélien a succombé à ses blessures infligées par les tirs d'un Palestinien en Cisjordanie et un Palestinien de 16 ans a été tué par balles par l'armée israélienne selon des sources palestiniennes.

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Le porte-parole de la présidence palestinienne Nabil Abou Roudeina a appelé Washington à faire pression sur son allié israélien pour que la situation "n'atteigne pas un niveau incontrôlable".

L'ONU a, elle, exhorté Israël à mettre fin à toute expulsion forcée de Palestiniens, avertissant que ses actions pourraient constituer des "crimes de guerre".

En Jordanie, pays qui continue d'être gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, une foule a manifesté en solidarité avec les familles palestiniennes, scandant "Nous mourrons pour Cheikh Jarrah".

Les événements de vendredi ont coïncidé avec la "Journée d'Al-Qods (Jérusalem en arabe)" célébrée annuellement dans des pays de la région et principalement en Iran, ennemi juré d'Israël, en soutien aux Palestiniens.

A Téhéran, l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a prôné le combat contre Israël, qualifié de "base terroriste". Pour lui, la "chute du régime sioniste ennemi" est inéluctable.

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