Le Japon prolonge l'état d'urgence à l'approche des JO, records de mortalité Covid en Inde

Katie FORSTER, avec Marc BASTIAN à Paris
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Le gouvernement japonais a prolongé vendredi jusqu'à fin mai l'état d'urgence dans plusieurs régions dont Tokyo qui doit accueillir les JO cet été, tandis que l'Inde reste confrontée à la plus forte flambée mondiale de coronavirus.

Le Covid-19 a fait au moins 3.258.595 morts dans le monde et contaminé plus de 155.981.070 personnes depuis fin 2019, selon un bilan établi vendredi par l'AFP.

L'Inde, suivie par le Brésil et les Etats-Unis, a le triste privilège de battre actuellement des records de mortalité, à plus de 3.900 décès par jour. Son bilan total, que les experts jugent largement sous-évalué, frôle les 235.000 morts et les 21,5 millions de cas.

Avec 789.500 contaminations enregistrées quotidiennement dans le monde cette semaine, l'indicateur a légèrement baissé (-4% par rapport à la semaine précédente) pour la première fois depuis 10 semaines, seule l'Asie connaissant une accélération (+10%) dans le sillage de l'Inde.

La pandémie ralentit ailleurs: -25% en Afrique, -24% en Europe, -13% au Moyen-Orient, -12% aux Etats-Unis/Canada, -12% en Océanie et -8% en Amérique latine/Caraïbes.

- Les Japonais anti-JO -

Au Japon, l'état d'urgence, réinstauré depuis le 25 avril à Tokyo et trois autres départements, y sera prolongé jusqu'au 31 mai, alors qu'il devait initialement prendre fin mardi prochain, et sera réinstauré dans deux autres départements.

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La pandémie demeure limitée au Japon mais épuise le système hospitalier, d'autant que les vaccinations avancent très lentement.

La nouvelle flambée d'infections menace les Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août), déjà reportés d'un an. Les spectateurs venant de l'étranger sont exclus, et les organisateurs doivent encore trancher la question du public japonais.

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La venue de plus de 10.000 athlètes de quelque 200 pays inquiète la majorité des Japonais, selon les sondages. Plus de 200.000 personnes ont déjà signé une pétition lancée mercredi demandant l'annulation des JO.

La personne la plus âgée au monde, une Japonaise de 118 ans, ne participera pas finalement au relais de la flamme olympique par crainte du coronavirus, selon sa famille.

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Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont promis de donner des vaccins aux participants, inégalement protégés selon les pays.

- Virus sur l'Everest -

Toujours en Asie, des patients continuent de mourir en Inde aux portes d'hôpitaux submergés, malgré l'aide internationale.

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Selon les spécialistes, le pire serait encore à venir, avec un pic épidémique atteint seulement d'ici plusieurs semaines.

La situation se dégrade également chez les voisins du géant de 1,3 milliard d'habitants.

Au Népal, qui affronte une hausse soudaine et massive des contaminations, le Covid-19 menace la saison d'alpinisme et sévit déjà sur "le toit du monde" même - ce que le gouvernement nie.

La semaine dernière, l'alpiniste américaine Gina Marie Han-Lee a préféré abandonner. "Après la première journée, j'ai pris un hélicoptère pour quitter l'EBC (camp de base de l'Everest) et rentrer à Katmandou. La situation du Covid sur l'EBC est un véritable merdier", a-t-elle expliqué sur Facebook.

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La respiration étant déjà difficile en haute montagne, une épidémie parmi les alpinistes serait catastrophique.

Au Pakistan, les autorités, craignant une dégradation à l'indienne, ont renforcé les restrictions - écoles et restaurants fermés, horaires des magasins réduits, armée en renfort - et interdit les déplacements à l'approche de l'Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

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Mais elles ferment les yeux sur les rassemblements religieux, où la distanciation sociale est largement ignorée. "Il y a une telle crainte d'une réaction violente des groupes religieux", déplore Saeedullah Shah, chargé de superviser la lutte anti-Covid pour l'Association médicale islamique pakistanaise.

- Macron et les "Anglo-saxons" -

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La fracture continue de se creuser entre les nations déshéritées, à la peine, et les pays riches bien mieux fournis en vaccin.

Ainsi, le bureau pour l'Afrique de l'OMS a mis en garde jeudi contre le risque d'une nouvelle vague de coronavirus sur le continent à cause de retards croissants dans la vaccination. L'Afrique ne représente plus que 1% des doses de vaccin administrées dans le monde, contre 2% il y a quelques semaines.

Lors d'un sommet européen à Porto, le président français Emmanuel Macron a appelé vendredi "les Anglo-saxons" à arrêter de "bloquer" les exportations de vaccins et des ingrédients nécessaires pour les produire, ce qui permettrait de renforcer "la solidarité" mondiale.

Son pays, qui se déconfine lentement avec de hauts niveaux de circulation du virus, a étendu à sept pays supplémentaires (Turquie, Bangladesh, Sri Lanka, Pakistan, Népal, Emirats arabes unis, Qatar) une quarantaine obligatoire de 10 jours pour les voyeurs en provenant.

En Allemagne, le ministre de la Santé Jens Spahn a estimé que son pays semblait avoir surmonté la troisième vague épidémique. "Le nombre d'infections baisse à nouveau mais reste toujours à un niveau élevé", a-t-il toutefois nuancé.

Au Royaume-Uni, qui a aussi commencé à lever ses restrictions, les autorités sanitaires ont recommandé vendredi de limiter l'usage du vaccin d'AstraZeneca aux plus de 40 ans quand c'est possible, après le signalement de 242 cas de caillots sanguins, dont 49 décès.

Le soutien américain à une levée des brevets sur les vaccins anti-Covid a suscité un fort intérêt cette semaine, salué notamment par l'ONU, l'Union africaine, l'Organisation mondiale du commerce, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la France et la Russie.

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L'Union européenne, jusqu'ici hostile à pareille initiative, s'est dite, par la voix de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, "prête à discuter".

Sans surprise, le lobby pharmaceutique y est hostile, comme la Suisse où cette industrie pèse lourd.

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