L'ex-président des Maldives opéré après avoir été blessé dans un attentat

AFP
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L'ex-président des Maldives et actuel chef du Parlement, Mohamed Nasheed, a été opéré vendredi, alors que les autorités ont promis de traduire en justice les auteurs de l'attentat à la bombe qui l'a visé jeudi à Malé, la capitale.

Premier chef d'Etat démocratiquement élu dans l'archipel connu comme une destination touristique de luxe, le responsable de 53 ans a été grièvement blessé jeudi soir par l'explosion d'un engin accroché à une moto au moment où il s'apprêtait à monter dans sa voiture.

Il a subi trois opérations chirurgicales pour retirer des fragments de bombe dans ses poumons et son foie, selon les autorités.

Dans une allocution télévisée, le président Ibrahim Mohamed Solih a annoncé qu'une équipe de la police australienne arriverait samedi dans l'archipel pour aider les enquêteurs.

Il a dénoncé une attaque contre la démocratie, et promis que ses auteurs "seraient traduits en justice".

La police a précisé que l'aide de membres de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime avait également été demandée.

Elle a précisé que l'attaque de jeudi était considéré comme "un acte de terrorisme" et a lancé un appel au public pour toute information qui pourrait aider à en identifier les auteurs.

- "Nous sommes confiants" -

La clinique privée ADK où il a été admis a précisé que M. Nasheed devait subir une nouvelle opération. les médecins ont déconseillé son évacuation à l'étranger tant qu'un éclat de bombe logé dans son foie n'aura pas été retiré.

"Nous sommes confiants quant au fait qu'il va complètement se rétablir", a dit un membre de la famille de l'ancien président, en ajoutant que M. Nasheed était conscient et avait parlé avec les médecins au moment de son admission dans la clinique.

Un de ses gardes du corps et un ressortissant britannique ont également été hospitalisés.

Les messages de soutien se sont multipliés en provenance d'Inde, du Pakistan ou du Sri Lanka, ainsi que de plusieurs pays occidentaux qui ont souvent soutenu par le passé le combat de M. Nasheed pour la démocratie, mais aussi son engagement pour l'environnement.

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L'explosion est survenue peu avant avant l'entrée en vigueur d'un couvre-feu nocturne dans la capitale, dans le cadre des restrictions sanitaires pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

Les autorités ont indiqué que la bombe artisanale aurait été accrochée à une moto garée dans une allée étroite menant au domicile de M. Nasheed.

"Les attentats lâches comme celui-ci n'ont pas leur place dans notre société", a déclaré dans un tweet le ministre des Affaires étrangères Abdulla Shahid.

- Campagne anticorruption -

Avec 340.000 habitants, des musulmans sunnites, les Maldives sont connues comme une destination touristique de luxe, mais l'archipel est aussi la proie d'une instabilité politique récurrente.

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L'attentat n'a pas été revendiqué. Mais des responsables proches du Parti démocratique des Maldives (PDM) de M. Nasheed ont dit soupçonner des gens opposés à sa campagne anticorruption.

Ce dernier a déclaré son intention de lancer une enquête sur le détournement de 90 millions de dollars de l'Autorité de promotion du tourisme pendant la présidence d'Abdulla Yameen.

"Des islamistes pourraient avoir collaboré avec des éléments politiques menacés par la campagne anticorruption de Nasheed", a déclaré à l'AFP une source au sein du PDM.

Le gouvernement s'est attaqué ces dernières années à l'extrémisme, et les prédicateurs étrangers ne sont pas autorisés aux Maldives. Les attentats sont rares. En 2007, une dizaine de touristes étrangers avaient été blessés par une bombe à Malé.

L'année dernière, le groupe Etat islamique avait revendiqué un attentat, mais rien ne permet d'affirmer que cette organisation est présente dans l'archipel.

Mohamed Nasheed est devenu le premier président démocratiquement élu des Maldives lors du premier scrutin multipartite en 2008.

Il a été renversé par un coup d'Etat en 2012 et condamné à 13 ans de prison en 2015 pour des accusations de terrorisme, un verdict dénoncé par les organisations des droits de l'homme comme politiquement motivé.

Autorisé à sortir de prison pour suivre un traitement médical, Mohamed Nasheed s'est exilé en Grande-Bretagne mais a regagné son pays en 2018.

Il est devenu président du Parlement, deuxième plus haute fonction dans la hiérarchie de l'Etat, après les élections de 2019.

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