Maldives : des "extrémistes religieux" soupçonnés pour l'attentat contre l'ex-président

AFP
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La police des Maldives a affirmé samedi que des "extrémistes religieux" avaient organisé la tentative d'assassinat de l'ancien président Mohamed Nasheed, qui est sorti de réanimation.

Deux hommes ont été arrêtés pour l'attentat à la bombe commis jeudi à Malé, la capitale, contre M. Nasheed, 53 ans, qui fut le premier président démocratiquement élu des Maldives, Etat insulaire d'Asie du Sud, et est actuellement président du Parlement.

"L'enquête a jusqu'à présent suggéré un lien entre l'attaque et des extrémistes religieux", a déclaré à la presse le commissaire Mohamed Hameed.

Le propriétaire de la moto piégée sur laquelle la bombe était attachée, qui était garée à côté de la voiture de M. Nasheed, et un deuxième homme ont été arrêtés, a-t-il précisé.

La police a diffusé la photo d'une troisième personne qui a été vue sur les lieux juste avant l'explosion, qui a également blessé deux Maldiviens et un Britannique.

L'archipel, une destination touristique de luxe, a demandé l'aide internationale pour mener l'enquête sur l'attentat.

Celui-ci n'a pas été revendiqué mais des responsables du Parti démocratique des Maldives (MDP) de M. Nasheed ont estimé que des "extrémistes religieux" et des intérêts politiques pourraient être impliqués.

La majorité des habitants de l'archipel sont musulmans. En octobre 2019 la police avait arrêté un suspect accusé d'avoir recruté pour le compte du groupe jihadiste Etat islamique des dizaines d'habitants des Maldives et de les avoir envoyés en Syrie en guerre.

Le même homme avait été accusé d'avoir déclenché une bombe artisanale qui avait blessé 12 touristes chinois à Malé en septembre 2007.

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Selon le commissaire Hameed, deux membres de la police fédérale australienne se sont joints samedi aux enquêteurs. Un responsable de la police britannique et deux membres de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime devaient également prêter main forte aux enquêteurs.

M. Nesheed, 53 ans, a subi 16 heures d'interventions chirurgicales pour retirer des éclats de l'explosion de son abdomen et de ses membres.

Les médecins ont indiqué qu'il n'était plus en réanimation samedi mais qu'il restait en soins intensifs.

M. Nasheed, qui occupe la deuxième plus haute fonction dans la hiérarchie de l'Etat, a parlé à sa famille, lui indiquant qu'il se sentait "beaucoup mieux", a dit sa soeur Nashida Sattar.

"Les médecins sont très contents des progrès", a ajouté son frère, Ibrahim Nasheed. "Il n'est plus sous assistance respiratoire, il respire par lui-même. J'ai pu échanger quelques mots avec lui".

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Les éclats de la bombe, conçue pour infliger un maximum de dégâts, ont endommagé les poumons et le foie de l'ancien président, ont souligné les médecins.

Une bombe artisanale a été utilisée, a déclaré l'armée dans son premier rapport sur la tentative d'assassinat. "L'engin explosif a été déclenché à l'aide d'une télécommande", a relevé un responsable de l'armée devant la presse à Malé.

La bombe était attachée sur une moto garée près de la voiture de M. Nasheed.

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