Frappes meurtrières sur Gaza après des tirs de roquettes, tensions à Jérusalem

Guillaume LAVALLEE, avec Adel ZAANON à GAZA
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Barrage de roquettes depuis Gaza vers Israël, frappes meurtrières de l'Etat hébreu contre le Hamas, heurts musclés entre policiers israéliens et manifestants palestiniens à Jérusalem-Est: Israël et Palestiniens sont engagés dans l'une des plus importantes escalades de violence de ces dernières années.

Au moins vingt personnes, dont neuf enfants et un haut commandant du Hamas, sont mortes lundi soir dans des frappes attribuées à l'armée israélienne menées dans la bande de Gaza en riposte à des dizaines de roquettes tirées depuis cette enclave palestinienne, après de nouveaux affrontements à l'Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam nommé Mont du Temple par les Juifs, située dans Jérusalem-Est.

Selon le Hamas, au pouvoir à Gaza, ce sont plus de 100 roquettes qui ont été tirées lundi depuis cette enclave.

Ces violences --qui coïncident avec la "Journée de Jérusalem", marquant selon le calendrier hébraïque la prise de la partie orientale, peuplée de Palestiniens, de la Ville sainte par l'armée israélienne en 1967-- s'ajoutent à des semaines de tensions à Jérusalem.

"Les organisations terroristes à Gaza ont franchi une ligne rouge (...) en tirant des roquettes jusque dans la région de Jérusalem", a déclaré en soirée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Israël réagira avec force (...), celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d'Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps", a-t-il ajouté.

Après des heurts le matin à Jérusalem, le Hamas avait mis en garde Israël si ses forces ne se retiraient pas lundi soir --à 18H00 (15H00 GMT)-- de l'Esplanade des Mosquées, haut lieu de tensions entre Palestiniens et Israéliens dans le coeur de la Vieille ville de Jérusalem.

Et à 18H00, un barrage de roquettes a fusé depuis cette enclave paupérisée de deux millions d'habitants, vers Israël. Si la majorité des roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissiles "Dôme de Fer" certaines se sont abattues sur le territoire israélien, et un missile anti-char a fait un blessé léger dans une localité israélienne limitrophe de la bande de Gaza.

- Escalade -

"Nous tenons le Hamas pour responsable de ces attaques (...) le Hamas paiera le prix fort", a déclaré Jonathan Conricus, porte-parole de l'armée israélienne qui a suspendu un important exercice militaire en raison de ces affrontements.

"Nous avons commencé à frapper des positions du Hamas (...) et je dis bien commencé", a ajouté ce responsable, confirmant que l'armée israélienne avait ciblé un haut commandant du Hamas dans le nord de la bande de Gaza. Plus tard dans la soirée, l'armée a ajouté avoir ciblé deux autres membres du Hamas.

Les autorités locales à Gaza ont fait état de vingt morts, incluant neuf enfants, et de nombreux blessés dans les frappes israéliennes, les plus importantes depuis novembre 2019.

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"Les Brigades Al-Qassam (branche armée du Hamas) lancent maintenant des roquettes contre l'ennemi à Jérusalem occupée en réponse à ses crimes et à son agression contre la Ville sainte", ont-elles indiqué dans un bref message. "Ceci est un message que l'ennemi doit bien comprendre: si vous répondez, nous répondrons. Si vous escaladez, nous escaladerons", ont-elles ajouté.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des ballons incendiaires et sept roquettes avaient été lancés de Gaza vers le sud du territoire israélien. En représailles, l'armée avait tiré "contre des postes militaires" du Hamas à Gaza et fermé le point de passage d'Erez avec Israël.

L'unique point de passage de Kerem Shalom, le seul pour les marchandises entrant d'Israël vers Gaza, sera fermé à partir de mardi.

- Pierre d'achoppement -

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Après un weekend marqué par de vives tensions à Jérusalem-Est, la journée de lundi avait débuté de manière frontale, avec des jets de pierre par des centaines de Palestiniens contre les forces de l'ordre israélienne positionnées sur l'Esplanade des Mosquées et qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, plus de 334 Palestiniens ont été blessés, dont de nombreux aux yeux et à la tête, alors que la police israélienne a fait état d'au moins neuf blessés dans ses rangs, pour ces accrochages les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est.

En soirée, une marche de milliers de jeunes Israéliens dans la Vieille ville pour commémorer le "Jour de Jérusalem" --que les Palestiniens souhaitent oublier-- qui aurait pu mener à de nouveaux accrochages a été annulée par ses organisateurs.

En fin de soirée, des milliers de fidèles musulmans étaient réunis à l'Esplanade des Mosquées --où un incendie a notamment éclaté en soirée-- pour prier avant la fin du mois du jeûne musulman du ramadan prévue cette semaine. La police israélienne était positionnée en masse devant les entrées de la Vieille ville.

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