Jérusalem: la justice israélienne reporte une audience clé après un week-end sous haute tension

Guillaume LAVALLÉE
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La justice israélienne a annoncé dimanche le report d'une audience clé, prévue lundi, sur le sort de familles palestiniennes menacées d'éviction par des colons israéliens à Jérusalem-Est, un dossier au cœur de manifestations ayant fait plus de 300 blessés ces derniers jours.

"A la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l'audience prévue demain a été annulée", a indiqué le ministère de la Justice israélien dans un communiqué, précisant qu'une nouvelle date serait annoncée "d'ici les 30 prochains jours".

Mais la tension restait palpable dimanche après les plus violents accrochages depuis 2017 à Jérusalem et à la veille de la journée qui commémore la conquête de la partie Est de la ville par Israël, à l'issue de la guerre des six jours en 1967.

Dans le quartier de Cheikh Jarrah, théâtre de protestations quotidiennes depuis plusieurs jours contre la possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens, des Palestiniens ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre israéliennes qui ont fait usage de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes.

A la porte de Damas, près du quartier musulman de la Vieille ville, des Palestiniens ont jeté des bouteilles sur les forces de l’ordre qui ont tenté de disperser la foule avec notamment un canon à eau putride, selon une journaliste de l'AFP sur place.

D'après le Croissant-Rouge palestinien, sept Palestiniens ont été blessés dans les affrontements dimanche soir dont quatre ont été hospitalisés.

- Tirs de roquettes -

Vendredi soir, plus de 220 personnes, majoritairement des Palestiniens, ont été blessés lors de heurts avec des policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées - troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré pour les juifs.

Et samedi soir, des heurts ont eu lieu à Jérusalem-Est mais dans les secteurs de la porte de Damas, Bab al-Zahra et Cheikh Jarrah faisant une centaine de blessés tandis que la police israélienne a rapporté 17 policiers blessés et neuf arrestations.

Des manifestations étaient également prévues dimanche en Cisjordanie occupée et à Gaza en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem.

Et dans la soirée, l'armée israélienne a annoncé le tir de deux nouvelles roquettes depuis la Bande de Gaza vers le sud d'Israël.

"Une (des roquettes) a été interceptée par le système anti-missile aérien 'Dôme de fer'", a indiqué l'armée dans un communiqué, sans faire état de victime ni de dégât.

Une roquette avait été lancée tôt dimanche matin depuis l'enclave palestinienne contrôlée par les islamistes du Hamas et des ballons incendiaires ont en outre aussi été lancés depuis Gaza vers le sud d'Israël, selon les autorités israéliennes qui font état de 39 feux de brousse déclenchés par ces projectiles.

Israël a riposté par une frappe aérienne sur "un poste militaire du Hamas" dans le sud de la bande de Gaza, selon l'armée, et par la fermeture de la zone de pêche au large de l'enclave palestinienne de deux millions d'habitants sous blocus israélien.

- "La loi et l'ordre" -

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti que l'Etat hébreu "continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes".

"Nous ferons respecter la loi et l'ordre, avec fermeté et responsabilité", a déclaré M. Netanyahu, tout en défendant le développement des colonies juives dans la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée depuis 1967 par l'Etat hébreu.

"Je dis aussi à nos meilleurs amis: Jérusalem est la capitale d'Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuerons de faire", a-t-il ajouté évoquant les "racines bibliques" des juifs à Jérusalem.

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Mais les "amis" d'Israël ont plutôt appelé au calme.

Premier allié de l'Etat hébreu, les Etats-Unis ont appelé "responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence", et exprimé leur inquiétude quant à "l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah".

Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan - quatre pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël ces derniers mois - ont fait état de leur "profonde inquiétude" appelant Israël au calme. Idem pour le quartette sur le Proche-Orient (USA, Russie, ONU, UE) qui a appelé Israël à faire preuve de "retenue".

Lors d'un message dominical après la prière, le pape François a appelé dimanche à la fin des violences à Jérusalem : "La violence engendre seulement la violence. Arrêtons ces heurts".

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En Jordanie, pays en paix avec Israël depuis 1994, le roi Abdallah II a condamné dimanche "l'escalade" des violences à Jérusalem tandis que des centaines de manifestants à Amman réclamaient la fermeture de l'ambassade d'Israël et l'expulsion de son ambassadeur.

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