Nouveaux heurts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, des centaines de blessés

Ahmad GHARABLI, Guillaume LAVALLÉE
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Jets de pierres, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Des centaines de Palestiniens ont été blessés lundi lors de nouveaux affrontements avec des policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, après un week-end de violences dans la Ville sainte, selon les secouristes palestiniens.

Face à cette escalade, une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU est prévue plus tard dans la journée sur la situation à Jérusalem, à la demande de la Tunisie.

La reprise des violences a coïncidé avec "la Journée de Jérusalem", marquant selon le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par l'Etat hébreu.

Tôt le matin, des centaines, voire des milliers, de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre israéliennes positionnées à l'intérieur de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam nommé Mont du Temple par les Juifs.

Un journaliste de l'AFP a aussi vu des dizaines de blessés évacués de l'esplanade dans des ambulances sirènes hurlantes dans les alentours de la Vieille ville de Jérusalem.

"Il y a des centaines de blessés dans les heurts", dont une cinquantaine ont dû être hospitalisés, a indiqué le Croissant rouge palestinien dans un bref message aux journalistes.

La police israélienne a indiqué dans un communiqué être à pied d'oeuvre pour tenter de juguler les violences sur l'esplanade mais aussi "dans d'autres secteurs de la Vieille Ville de Jérusalem".

"La prière se poursuit comme d'habitude" au mur des Lamentations, qui jouxte l'esplanade, mais "nous ne laisserons pas des extrémistes menacer la sécurité du public", a-t-elle ajouté.

Vendredi soir, plus de 200 personnes en grande majorité des Palestiniens ont été blessées dans des heurts entre policiers et Palestiniens sur l'esplanade des Mosquées. Samedi et dimanche, le calme était revenu sur l'esplanade mais les heurts ont continué entre Palestiniens et policiers israéliens dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est, faisant au total plus d'une centaine de Palestiniens blessées, selon le Croissant rouge palestinien.

La police israélienne a également fait état de blessés dans ses rangs.

- Cheikh Jarrah, Gaza -

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Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que l'Etat hébreu "continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes".

"Nous ferons respecter la loi et l'ordre, avec fermeté et responsabilité", a-t-il dit, en défendant le développement des colonies juives à Jérusalem-Est. "Jérusalem est la capitale d'Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuerons de faire".

L'un des vecteurs de tension des dernières semaines à Jérusalem-Est est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah qui sont menacées d'expulsion au profit de colons juifs.

Une audience clé de la Cour suprême dans cette affaire devait se tenir lundi mais a été reportée "à la lumière du contexte actuel", a indiqué la justice.

Par ailleurs, dans la bande de Gaza, enclave palestinienne contrôlée par les islamistes du Hamas, des ballons incendiaires et des roquettes ont été lancés vers Israël en appui aux manifestants de Jérusalem.

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L'armée israélienne a annoncé le tir de sept nouvelles roquettes dimanche soir et tôt lundi depuis Gaza vers le sud d'Israël, dont deux ont été interceptées par le système anti-missiles israélien "Dôme de fer" et trois se sont abattues dans des terrains vagues sans faire de blessé ni de dégât.

En représailles, des chars israéliens "ont attaqué des postes militaires" du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué l'armée qui a aussi fermé le point de passage d'Erez, le seul permettant à la population de Gaza de sortir vers Israël.

- Appels au calme -

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Premier allié de l'Etat hébreu, les Etats-Unis ont appelé "responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence", et exprimé leur inquiétude quant à "l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah".

Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan - quatre pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël ces derniers mois - ont fait état de leur "profonde inquiétude" appelant Israël au calme. Idem pour le quartette sur le Proche-Orient (USA, Russie, ONU, UE) qui a appelé Israël à faire preuve de "retenue".

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De son côté, "le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa "profonde préoccupation" et exhorté Israël à un "maximum de retenue".

En Jordanie, pays en paix avec Israël depuis 1994, des centaines de manifestants ont réclamé à Amman la fermeture de l'ambassade d'Israël et l'expulsion de son ambassadeur.

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