Nouveaux heurts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, plus de 200 blessés

Ahmad GHARABLI, Guillaume LAVALLÉE
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Jets de pierres, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Des affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens ont fait plus de 200 blessés lundi sur l'esplanade des Mosquées, après un week-end de violences à Jérusalem-Est.

Face à cette escalade, une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU est prévue plus tard dans la journée sur la situation à Jérusalem, à la demande de la Tunisie.

La reprise des violences a coïncidé avec "la Journée de Jérusalem", marquant selon le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par l'Etat hébreu et souvent émaillée de heurts entre Palestiniens et Israéliens.

Tôt le matin, des centaines, voire des milliers, de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces israéliennes positionnées à l'intérieur de l'esplanade des Mosquées car contrôlant l'accès au troisième lieu saint de l'islam nommé Mont du Temple par les Juifs, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le journaliste a vu des dizaines de blessés évacués de l'esplanade dans des ambulances sirènes hurlantes.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de plus de 215 blessés palestiniens parmi lesquels 153 hospitalisés, dont 4 dans un état critique.

La police israélienne a fait état de neuf blessés dans ses rangs.

Non loin de l'esplanade, et signe des vives tensions, une voiture transportant des Israéliens a été la cible de jets de pierres et a perdu le contrôle avant de foncer sur des Palestiniens, selon la police et des images d'un journaliste sur place. Une fois immobilisé, le véhicule a été attaqué par plusieurs personnes qui ont lancé des projectiles sur les passagers avant qu'un policier israélien ne les disperse en tirant en l'air.

- "Loi, ordre" -

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La police israélienne a indiqué être à pied d'oeuvre pour tenter de juguler les violences dans la vieille ville de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans. "Nous ne laisserons pas des extrémistes menacer la sécurité du public", a-t-elle dit.

Vendredi soir, plus de 200 personnes, en grande majorité des Palestiniens mais aussi des policiers israéliens, ont été blessées dans les plus violents heurts sur l'esplanade des Mosquées depuis 2017.

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Samedi et dimanche, le calme était revenu sur l'esplanade mais les heurts ont continué entre Palestiniens et policiers israéliens dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est, faisant au total plus d'une centaine de blessées, selon le Croissant rouge palestinien.

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que l'Etat hébreu "continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes" et "fera respecter la loi et l'ordre".

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Il a défendu le développement des colonies juives à Jérusalem-Est. "Jérusalem est la capitale d'Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuerons de faire."

L'un des vecteurs de tension des dernières semaines à Jérusalem-Est est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah qui sont menacées d'expulsion au profit de colons juifs.

- Appels à la retenue -

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Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire prévue lundi a été reportée "à la lumière du contexte actuel", selon la justice.

Dans la bande de Gaza, l'enclave palestinienne contrôlée par les islamistes du Hamas, des ballons incendiaires et des roquettes ont été lancés vers le sud du territoire israélien limitrophe, en appui aux manifestants de Jérusalem.

L'armée israélienne a annoncé tir de sept roquettes dimanche soir et tôt lundi depuis Gaza vers le sud d'Israël, dont deux ont été interceptées par le système anti-missiles et trois sont tombées dans des terrains vagues sans faire ni victime ni dégât.

En représailles, des chars israéliens "ont attaqué des postes militaires" du Hamas à Gaza, a indiqué l'armée qui a aussi fermé le point de passage d'Erez, le seul permettant à la population de Gaza de sortir vers Israël.

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Dès vendredi, les Etats-Unis ont appelé Israéliens et Palestiniens à "mettre un terme à la violence", et exprimé leur inquiétude quant à "l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah".

Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, pays arabes ayant normalisé les relations avec Israël ces derniers mois, ont fait état de leur "profonde inquiétude" appelant Israël au calme. Idem pour le quartette sur le Proche-Orient (USA, Russie, ONU, Union européenne) qui a appelé Israël à faire preuve de "retenue".

L'ONU, "profondément préoccupée", a exhorté Israël à un "maximum de retenue".

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