Castex rend hommage au policier tué, deux suspects en passe d'être mis en examen

Olivier LUCAZEAU avec Pierre ROCHICCIOLI à Marseille
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"Pour l'honneur d'un homme et l'honneur de la police", le Premier ministre Jean Castex a rendu mardi à Avignon un vibrant hommage au brigadier Eric Masson, au moment où les principaux suspects de son meurtre devaient être présentés à des juges d'instruction.

Devant quelque 300 personnes rassemblées dans la cour de la préfecture du Vaucluse, face aux remparts de la Cité des Papes, le Premier ministre a estimé qu' "être fidèle à Éric Masson", tué le 5 mai lors d'une banale intervention sur un point de trafic de stupéfiant dans le centre-ville d'Avignon, c'était "d'abord dire qu'il est hors de question d'accepter l'inacceptable".

"Etre fidèle à Eric Masson, c'est dire que jamais nous ne laisserons se banaliser le fait que la moindre agression (...) contre un dépositaire de l'autorité publique puisse ne pas entraîner contre son auteur des conséquences lourdes, rapides et certaines", a lancé le chef du gouvernement qui était accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

Face à un portrait géant du brigadier, Jean Castex a également rendu hommage au "courage" du policier qui "a servi jusqu'au sacrifice de sa vie", pour que "ses filles (...) puissent se dire: mon père était un homme de bien, un policier exemplaire (...) tombé pour que nous puissions vivre en sécurité".

Entré comme gardien de la paix en 2008 dans le Val-de-Marne, Eric Masson avait rejoint le berceau familial vauclusien en 2016 au sein du Groupe départemental d'intervention (GDI). M. Castex a annoncé sa nomination au grade de commandant de police et son élévation au titre de chevalier de la Légion d'honneur à titre postume.

- Le tireur identifié -

Du côté de l'enquête judiciaire, les deux jeunes hommes de 19 et 20 ans suspectés d'être directement impliqués dans le meurtre du policier doivent être présentés dans la soirée à des juges d'instruction en vue de leurs mises en examen.

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Ils avaient été interpellés dimanche soir au péage de Remoulins, à une vingtaine de kilomètres de la Cité des Papes, alors qu'ils s'apprêtaient à fuir vers l'Espagne, selon les enquêteurs.

Lors de son audition lundi, le tireur présumé a contesté les faits mais il a été formellement identifié par le collègue d'Eric Masson qui se trouvait à ses côtés au moment du drame. Son complice présumé a quant à lui reconnu avoir été présent mais a refusé de dire avec qui il était et donc d'incriminer son camarade, selon un porte-parole de la police judiciaire.

Les gardes à vue de la sœur du tireur présumé et du conducteur de la voiture dans laquelle ils ont été arrêtés ont en revanche été levées mardi sans poursuite à ce stade, a précisé à l'AFP le procureur d'Avignon Philippe Guémas.

Selon une source policière, les enquêteurs cherchaient à savoir si la sœur du tireur présumé avait effectué un trajet vers l'Espagne pour reconnaître le parcours.

Onze jours après la mort de Stéphanie Monfermé, une agente administrative du commissariat de Rambouillet, la mort d'Eric Masson avait suscité une immense émotion en France et alimenté la colère dans la profession.

Plusieurs milliers de personnes s'étaient déjà réunies dimanche devant l'hôtel de police d'Avignon pour rendre hommage au policier.

Ses obsèques se dérouleront dans l'intimité familiale mercredi dans la commune de Bédarrides (Vaucluse) où il habitait avec sa compagne et ses deux fillettes.

Lundi soir, Jean Castex a annoncé un durcissement des peines encourues par les agresseurs de policiers et de gendarmes et notamment une peine de sûreté de 30 ans pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre les forces de l'ordre.

Ces mesures ne s'appliqueront pas, quoi qu'il en soit, au cas du meurtrier d'Eric Masson, en vertu du principe de la non-rétroactivité de la loi. Et elles n'ont pas satisfait aux exigences des organisations syndicales qui réclament des peines incompressibles ou des peines minimales.

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