Escalade Hamas/Israël: pluie de roquettes vers Tel-Aviv, 28 Palestiniens tués à Gaza

Alexandra VARDI, avec Adel ZAANOUN à Gaza
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L'escalade militaire entre le Hamas et Israël s'intensifiait mardi soir avec une pluie de roquettes lancées par le mouvement islamiste sur la métropole israélienne Tel-Aviv et un déluge de feu de l'armée israélienne sur la bande de Gaza.

La communauté internationale a appelé au calme et des pays musulmans ont exprimé leur indignation face à la pire flambée de violence depuis des années entre le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de heurts à Jérusalem-Est.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 28 morts parmi lesquels dix enfants, et quelque 125 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes armés.

Mardi soir, un immeuble d'une douzaine d'étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du Hamas avaient leurs bureaux, a été complètement détruit dans une frappe israélienne, a constaté un journaliste de l'AFP.

En réaction, le Hamas a dit avoir lancé 130 roquettes en direction de la métropole israélienne de Tel-Aviv, où des sirènes d'alarme retentissaient en soirée.

- "Tout peut arriver" -

Un bus vide a été atteint à Holon, près de Tel-Aviv, et les services de secours ont fait état de nombreux blessés en soirée dans la région métropolitaine de Tel-Aviv, alors que les vols ont été suspendus à l'aéroport international Ben Gourion.

"Il y a eu plusieurs tirs apparemment, des booms au-dessus de nos têtes, je dirais une dizaine et ça fait peur, mais grâce à Dieu, il y a eu des sirènes qui ont alerté à temps, du coup je suis descendu dans l'abri avec d'autres voisins", a déclaré à l'AFP Haim Roy Ben Shlomo, un homme de 38 ans, de Ramat Gan.

"Tout peut arriver et ça peut arriver partout", a-t-il ajouté alors que de nombreuses personnes en Israël et dans la bande de Gaza craignent que cette nouvelle escalade entre le Hamas et l'Etat hébreu ne se transforme en guerre comme en 2008, 2012 et 2014.

Plus tôt en journée, des roquettes tirées sur les villes d'Ashdod et d'Ashkelon, situées au nord de la bande de Gaza, ont coûté la vie à deux Israéliennes, a indiqué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Depuis hier (lundi), l'armée a mené des centaines d'attaques contre le Hamas et le Jihad islamique à Gaza (...) Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques", a déclaré M. Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services, ajoutant que le Hamas "allait se prendre une raclée à laquelle il ne s'attend pas".

La branche armée du Hamas avait promis de faire d'Ashkelon un "enfer" si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza, et elle avait promis de réserver le même sort à Tel-Aviv.

- "Enfer" -

Le ministre de la Défense Benny Gantz a approuvé une demande de l'armée de mobiliser 5.000 réservistes, mais il n'était pas clair dans l'immédiat quand cette décision serait appliquée.

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l'Etat hébreu d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est --troisième lieu saint de l'islam--, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi.

Les frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019. A l'époque, l'Etat hébreu avait mené l'assassinat ciblé d'un haut commandant du Jihad islamique, Baha Abou al-Ata, responsable de nombreuses attaques en Israël.

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Après la mort de son commandant, le Jihad islamique avait lancé environ 500 roquettes vers Israël qui avait pilonné les positions de ce mouvement en tentant toutefois d'épargner celles du Hamas, pour ne pas compromettre une trêve avec ce mouvement.

Mais une source au sein du Hamas a annoncé lundi soir que Muhammad Fayyad, un commandant de sa branche armée, avait été tué à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, peu après le début des frappes israéliennes.

- Trêves? -

La communauté internationale a exprimé son inquiétude grandissante. Mais le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas parvenu à s'entendre lundi sur une déclaration commune, les Etats-Unis --alliés d'Israël-- jugeant qu'un "message public n'était pas opportun à ce stade".

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a déclaré que "toutes les parties devaient réduire les tensions et prendre des mesures pratiques pour calmer la situation".

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Des sources diplomatiques ont affirmé lundi à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade.

Mais le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a affirmé mardi soir que Le Caire avait tenté en vain jusqu'à présent de discuter avec Israël pour apaiser les tensions.

Interrogé sur cette médiation, le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus a rétorqué mardi: "Je ne crois pas que mes commandants soient au courant ou particulièrement intéressés".

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