Hommage national au policier tué, les deux suspects en passe d'être mis en examen

Olivier LUCAZEAU, Sandra LAFFONT
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Un hommage national présidé par le Premier ministre sera rendu au brigadier Eric Masson à Avignon mardi après-midi, au moment où les deux principaux suspects de son meurtre doivent être présentés à des juges d'instruction en vue de leur mise en examen.

Âgés de 19 et 20 ans et déjà condamnés plusieurs fois, les deux jeunes hommes avaient été interpellés dimanche soir au péage de Remoulins, à une vingtaine de kilomètres de la Cité des Papes et voulaient fuir vers l'Espagne, selon les enquêteurs.

Les gardes à vue de la sœur du tireur présumé et du conducteur de la voiture dans laquelle ils ont été arrêtés ont en revanche été levées sans poursuite à ce stade, a précisé à l'AFP le procureur d'Avignon Philippe Guémas.

Lors de son audition lundi, le tireur présumé a contesté formellement les faits. "Il est atterré, interloqué, et ne veut pas prendre pour les autres", a expliqué à l'AFP lundi son avocat, Me Louis-Alain Lemaire.

Selon une source policière, les enquêteurs ont aussi saisi dimanche soir environ 2.000 euros en liquide dans leur véhicule. Les enquêteurs cherchent à savoir si la sœur du tireur présumé, qui avait été placée en garde à vue à Avignon lundi à l'aube, a effectué un trajet vers l'Espagne pour reconnaître le parcours, selon la même source.

- Durcissement des peines -

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Onze jours après la mort de Stéphanie Monfermé, une agente administrative du commissariat de Rambouillet, la mort d'Eric Masson le 5 mai lors d'une banale intervention sur un point de trafic de stupéfiant dans le centre-ville d'Avignon a suscité une immense émotion en France et alimenté la colère dans la profession.

Au lendemain d'une rencontre avec les syndicats de police, le Premier ministre Jean Castex doit présider mardi un hommage national en préfecture du Vaucluse, en présence des ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice Eric Dupond-Moretti. Deux de ses collègues s'exprimeront à travers des lectures et la Légion d'honneur sera remise à titre posthume à ce père de famille de 36 ans, issus d'une famille de policiers, unanimement décrit comme "loyal et courageux".

Entré comme gardien de la paix en 2008 dans le Val-de-Marne, Eric Masson avait rejoint le berceau familial vauclusien en 2016 au sein du Groupe départemental d'intervention (GDI).

Plusieurs milliers de personnes s'étaient déjà réunies dimanche devant l'hôtel de police d'Avignon pour lui rendre hommage.

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Ses obsèques se dérouleront dans l'intimité familiale mercredi dans la commune de Bédarrides (Vaucluse) où il habitait avec sa compagne et ses deux fillettes.

Lundi soir, Jean Castex a annoncé lundi soir un durcissement des peines encourues par les agresseurs de policiers et de gendarmes et notamment une peine de sûreté de 30 ans pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre les forces de l'ordre.

Ces mesures ne s'appliqueront pas, quoi qu'il en soit, au cas du meurtrier d'Eric Masson, en vertu du principe de la non-rétroactivité de la loi. Et elles n'ont pas satisfait aux exigences des organisations syndicales qui réclament des peines incompressibles ou des peines minimales.

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