Le sud d'Israël vit au rythme des roquettes de Gaza

Alexandra VARDI et Nir KAFRI
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Dans la ville israélienne d'Ashkelon, à laquelle le mouvement islamiste palestinien Hamas a promis un "enfer", les habitants vivent mardi au rythme des sirènes, courant se réfugier dans des abris anti-bombes.

Depuis les premières sirènes lundi en fin de journée dans la cité côtière, les habitants se sont rués des dizaines de fois dans des abris. Idem mardi alors que le déluge de roquettes se poursuivait dans l'après-midi.

"Vers 05H00 du matin, on a été réveillé par la sirène, on s'est caché dans la penderie parce qu'il n'y a pas d'abri dans la maison", raconte Shelly Belayev, qui habite dans un immeuble ayant été très endommagé par une frappe. La façade a été noircie par une déflagration alors qu'un appartement a été totalement ravagé.

"Il y a eu une très forte explosion, je n'ai jamais entendu un bruit pareil, j'ai vite compris que le missile était tombé ici", ajoute-t-elle. "Je suis sortie, j'étais sous le choc".

Plus d'une centaine de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas, se sont abattues sur Ashkelon. Cinq ont frappé des zones habitées, selon la municipalité.

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Une trentaine de personnes, dont cinq enfants, ont été blessées dans la ville d'environ 150.000 habitants, d'après les secouristes israéliens.

Mardi matin, des résidents allaient constater les dégâts. Dans un quartier résidentiel, le toit d'une maison a été complètement soufflé.

A quelques rues de l'immeuble à la façade noircie par un impact, Anna raconte ne pas avoir "dormi de la nuit".

"On craignait qu'il y ait de nouvelles alertes", confie cette Israélienne de 66 ans. "Je suis obligée de sortir mon chien mais j'ai peur et je regarde toujours autour de moi pour voir où se trouvent les abris et où courir au cas où les sirènes résonnent".

- "Ca suffit" -

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Les localités israéliennes jouxtant la bande de Gaza sont familières des sirènes: les échanges de tirs entre l'armée israélienne et des groupes armés de Gaza sont relativement fréquents, mais l'escalade actuelle, déclenchée lundi sur fond de violences à Jérusalem-Est, est la pire depuis au moins 2019.

"C'est déjà arrivé mais on ne s'habitue jamais vraiment", raconte Perla Nahum, 53 ans, prise de panique en entendant un "boom" près de chez elle dans la matinée.

La branche armée du Hamas a prévenu mardi que "si l'ennemi (israélien) continue de bombarder des maisons de civils", le mouvement ferait d'Ashkelon "un enfer".

Les autorités locales à Gaza ont fait état de plus de 20 morts dont neuf enfants dans des frappes israéliennes depuis lundi soir.

Par précaution, les écoles ont été fermées mardi à Ashkelon et dans d'autres localités dans un périmètre de 40 kilomètres autour de Gaza.

En 2019, cinq habitants avaient été tués par des missiles en provenance de l'enclave palestinienne, rappelle la porte-parole de la mairie d'Ashkelon, Dana Grinblat.

"Ca fait 20 ans qu'Ashkelon souffre, ça suffit", a lancé mardi le maire de la ville Tomer Glam sur les ondes de la radio publique. "Il faut mettre un terme à cette situation, on ne peut pas continuer comme ça", a-t-il ajouté.

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Certains cependant affichaient leur confiance dans les autorités pour gérer la situation.

"Je me souviens qu'ils (les groupes armés de Gaza) ont lancé d'autres menaces dans le passé, je n'ai pas peur", confie Michaël, un septuagénaire sorti faire ses courses en périphérie d'Ashkelon. "Le peuple d'Israël est fort".

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