Renforcé dans les urnes, Boris Johnson fait du redressement du Royaume-Uni sa "priorité"

Martine PAUWELS
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Renforcé aux élections locales, le Premier ministre britannique Boris Johnson a fait du "redressement" post-Covid du Royaume-Uni la "priorité" de son programme législatif mardi lors du traditionnel discours du trône, premier engagement public majeur d'Elizabeth II depuis les funérailles de son mari.

Accompagner la reprise économique, combattre la criminalité, agir pour le climat et "remettre à niveau" les zones les plus défavorisées... Après le succès de son Parti conservateur dans les urnes en Angleterre jeudi, le dirigeant a énuméré ses priorités par la voix de la souveraine de 95 ans, alors que le pays commence à goûter de nouveau à la normalité grâce à la campagne de vaccination contre le Covid-19.

"La priorité de mon gouvernement est d'assurer le redressement national après la pandémie pour rendre le Royaume-Uni plus fort, plus sain et plus prospère qu'avant", a déclaré Elizabeth II sous les ors de la Chambre des Lords en ouvrant la nouvelle session parlementaire, avec un cérémonial au faste fortement réduit en raison du coronavirus.

"Pour y parvenir, mon gouvernement renforcera les opportunités à travers tout le Royaume-Uni, en soutenant l'emploi, les entreprises et la croissance économique", a-t-elle ajouté, accompagnée du prince héritier Charles, 72 ans.

La reine, non masquée, avait troqué son carrosse pour une Range Rover et sa couronne pour un chapeau lavande. Pour respecter les exigences de distanciation sociale, seuls quelques dizaines de parlementaires masqués, contre plus de 600 habituellement, ont pu assister au discours - et uniquement à la suite d'un test Covid négatif.

C'est le premier engagement tenu par la souveraine hors du château de Windsor depuis les obsèques du prince Philip, décédé à 99 ans en avril.

- Position de force -

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Boris Johnson est en position de force pour présenter son programme de politique nationale. Grands vainqueurs des législatives fin 2019, les conservateurs ont continué à gagner du terrain aux dépens des travaillistes lors des élections locales, leur ravissant Hartlepool, un bastion historique du Labour dans le nord-est de l'Angleterre.

Mais le dirigeant est dans le même temps confronté au défi de maintenir l'unité du Royaume-Uni, une majorité indépendantiste au Parlement écossais réclamant une nouveau référendum d'autodétermination en Ecosse, auquel il s'oppose fermement.

Sur le plan économique, ses priorités pour l'année à venir prévoient des investissements dans les infrastructures de transport, les industries vertes créatrices d'emplois ainsi que dans le réseau 5G et l'internet à haut débit, des promesses formulées lors des législatives.

Pour stimuler les régions après la sortie de l'Union européenne, effective depuis le 1er janvier, vont être créés huit ports francs, des zones fiscalement considérées comme hors du territoire douanier national.

Le gouvernement compte aussi approfondir ses liens commerciaux avec les pays du Golfe, d'Afrique et de la région indo-pacifique, à forte croissance.

Une fois la reprise assurée, l'objectif est de remettre les finances publiques, très sollicitées durant la crise sanitaire, "sur une voie soutenable".

En matière climatique, une loi viendra fixer dans le marbre les objectifs du Royaume-Uni, au moment où il s'apprête à accueillir en novembre la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26).

Londres s'est engagé à réduire les émissions de dioxyde de carbone de 78% d'ici 2035 par rapport aux niveaux de 1990, et vise la neutralité carbone en 2050.

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L'exécutif prévoit de sévir davantage en matière de criminalité, avec des peines de prison alourdies pour les infractions les plus graves.

Promesse clé du référendum du Brexit en 2016, il entend également durcir sa politique migratoire. Dans sa ligne de mire se trouvent notamment les traversées de la Manche par des migrants venant de France dans des embarcations de fortune.

En mars, le gouvernement avait suscité la controverse en présentant sa réforme du système d'asile, qui vise à décourager l'immigration illégale en n'accordant plus les mêmes droits aux personnes selon qu'elles sont entrées légalement ou illégalement au Royaume-Uni.

Face aux nouvelles menaces, Boris Johnson compte également moderniser les capacités militaires du pays et légiférer pour "contrer l'activité hostile d'Etats étrangers".

Parmi les autres priorités figurent la poursuite du programme de vaccination, le soutien au service public de santé (NHS), la lutte contre l'obésité et la création d'une agence de recherche et développement. Les thérapies de conversion des homosexuels seront interdites.

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