Hamas/Israël: pluie mortelle de roquettes sur Tel-Aviv, frappes musclées d'Israël sur Gaza

Alexandra VARDI, avec Adel ZAANOUN à Gaza
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L'escalade militaire entre le Hamas et Israël s'intensifiait dans la nuit de mardi à mercredi avec des centaines de roquettes lancées par le mouvement islamiste sur la métropole israélienne Tel-Aviv et un déluge de feu de l'armée israélienne sur la bande de Gaza.

Après une première salve de roquettes tirées en direction de Tel-Aviv mardi soir, le Hamas a indiqué dans la nuit lancer 110 nouveaux missiles vers la métropole israélienne "en représailles à la reprise des frappes contre des immeubles habités par des civils".

Le mouvement armé, au pouvoir à Gaza, a également annoncé tirer 100 roquettes vers Beersheva, ville du sud où les sirènes d'alarme ont retenti, comme à Tel-Aviv.

La communauté internationale a appelé au calme face à la pire flambée de violence depuis des années entre le Hamas et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de heurts à Jérusalem-Est occupée.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 35 morts parmi lesquels 12 enfants, et au moins 230 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes.

En Israël, trois personnes ont été tuées dans les tirs de roquettes et des dizaines d'autres ont été blessées, selon la police et les services de secours.

- "Dévastatrice" -

Le Hamas a d'abord tiré mardi soir un barrage de roquettes vers Tel-Aviv, après la destruction complète d'un immeuble d'une douzaine d'étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux.

Faisant état de la destruction d'un autre immeuble, comportant les locaux d'une télévision locale, des logements et des commerces sur neuf étages, le Hamas a annoncé une nouvelle salve de roquettes.

D'après des témoins, plusieurs missiles se sont abattus sur le bâtiment du centre-ville de Gaza.

Israël et le Hamas se dirigent vers une "guerre à grande échelle", a prévenu mardi l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland.

"Une guerre à Gaza serait dévastatrice et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix", a-t-il mis en garde, alors que l'escalade des violences ne laisse présager, pour l'instant, aucun signe d'apaisement.

"Depuis hier (lundi), l'armée a mené des centaines d'attaques contre le Hamas et le Jihad islamique à Gaza (...) Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques", avait déclaré dans l'après-midi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que le Hamas "allait se prendre une raclée à laquelle il ne s'attend pas".

"Il y a encore beaucoup de cibles dans le viseur, ce n'est que le début", a renchéri en soirée le ministre de la Défense Benny Gantz, ancien chef de l'armée lors de la dernière guerre de Gaza en 2014.

Dans une intervention télévisée, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh s'est lui dit "prêt" à en découdre.

"Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête et si (Israël) veut arrêter nous sommes prêts aussi", a-t-il déclaré, en appelant les forces de l'ordre israéliennes à se retirer de l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, troisième lieu saint de l'islam mais théâtre ces derniers jours de heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ayant fait plus de 700 blessés.

- Trêve ? -

Les violences se sont étendues mardi soir à plusieurs localités arabes israéliennes. Dans la banlieue de Lod, qui jouxte l'aéroport international Ben Gourion où les vols ont été temporairement suspendus, un état d'urgence a été décrété après des "émeutes" de la minorité arabe. Les autorités ont annoncé y envoyer des renforts.

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Face à ces violences, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence, la deuxième en trois jours, d'après des sources diplomatiques.

La première réunion lundi s'était soldée sans aucune déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte "à ce stade".

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Des sources diplomatiques avaient affirmé lundi à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade.

Mais Le Caire a affirmé mardi avoir tenté en vain jusqu'à présent de discuter avec Israël pour apaiser les tensions.

Interrogé sur cette médiation, le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus a rétorqué mardi: "Je ne crois pas que mes commandants soient au courant ou particulièrement intéressés".

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