La gestion du début de la pandémie mise en cause, 250.000 décès en Inde

AFP
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La pandémie de Covid-19 aurait pu être évitée selon des experts et personnalités mandatés par l'OMS, qui réclament d'urgence de vastes réformes des systèmes d'alerte et prévention pour éviter de nouvelles pandémies.

Alors que les progrès de la vaccination permettent d'envisager un progressif retour à la normale en Amérique et en Europe, l'Inde a déploré 4.200 décès en 24 heures, 250.000 au total, aux prises avec un variant qui s'est étendu à au moins 44 autres pays.

Un rapport d'un panel indépendant a jugé que l'Organisation mondiale de la santé avait trop tardé à sonner l'alerte et qu'il aurait été possible d'éviter la catastrophe qualifiée de "Tchernobyl du XXIe siècle", qui a déjà coûté la vie à au moins 3,3 millions de personnes et provoqué une crise économique mondiale.

"Il est clair que la combinaison de mauvais choix stratégiques, d'un manque de volonté de s'attaquer aux inégalités et d'un système manquant de coordination a créé un cocktail toxique qui a permis à la pandémie de se transformer en une crise humaine catastrophique", relève le rapport.

"Trop de temps s'est écoulé" entre la notification d'un foyer épidémique en Chine dans la deuxième quinzaine de décembre 2019 et la déclaration, le 30 janvier par l'OMS, d'une urgence de santé publique de portée internationale, selon ces experts, alors que la Chine a été accusée de camoufler l'épidémie.

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Le groupe d'experts recommande la mise en place d'un nouveau système mondial de surveillance fondé sur une "transparence totale". "Nous proposons que l'OMS puisse publier en temps réel toutes les informations dont elle dispose sans la permission des gouvernements", explique Michel Kazatchkine, membre du panel indépendant.

"Il faut également que les 194 Etats membres de l'ONU permettent à l'OMS d'aller mener une enquête dans un pays où arrive un foyer infectieux", explique-t-il.

Alors que la vaccination est déjà bien avancée dans les pays développés, le rapport demande aux pays riches de fournir un milliard de doses de vaccin d'ici septembre et un autre milliard d'ici mi-2022 aux 92 pays à revenu faible ou intermédiaire bénéficiant du système de distribution Covax.

- L'Espagne attend les touristes -

Avec la vaccination sur les rails et l'ambitieux plan de relance européen, la Commission européenne entrevoit désormais l'avenir économique de la zone euro avec optimisme: "La reprise n'est plus un mirage: elle est en cours", selon l'exécutif européen.

Après une récession inédite de 6,6% en 2020, l'activité devrait progresser de 4,3% cette année, puis de 4,4% l'an prochain dans les 19 pays qui ont adopté la monnaie unique.

Avec plus de la moitié de sa population vaccinée, le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 2,2% du PIB en mars, tandis que l'Espagne espère accueillir 45 millions de touristes cette année.

Alors que l'Europe envisage désormais un avenir meilleur, le virus continue de faire des ravages en Inde, avec le variant B.1.617 apparu en octobre et aujourd'hui présent dans 44 autres pays, selon l'OMS.

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L'Inde a franchi mercredi la barre des 250.000 décès dus au Covid-19 depuis le début de la pandémie, dont 4.205 en 24 heures, selon les données officielles.

Mais le véritable nombre de victimes pourrait être bien supérieur. "Même trois à quatre fois plus serait une sous-estimation", affirme à l'AFP Anant Bhan, chercheur indépendant en politique de santé et bioéthique.

Des responsables de crématoriums et cimetières jugent que les chiffres officiels des décès dans plusieurs États indiens ne correspondent pas aux nombres d'enterrements.

- Des corps dans le Gange -

Un filet a été installé en travers du Gange dans le nord du pays, après la découverte de dizaines de corps échoués. Alors que les crématoriums sont submergés, ils pourraient avoir été abandonnés par leurs proches dans le fleuve sacré.

L'Inde, avec ses 1,3 milliard d'habitants, est le deuxième pays le plus infecté au monde après les États-Unis, avec près de 23 millions de cas détectés.

Près de la moitié des dirigeants de la planète ont demandé l'aide des Etats-Unis pour pallier le manque de vaccins, a affirmé mardi le président américain Joe Biden. "J'ai 40% des dirigeants de la planète qui demandent si on peut les aider".

"On va essayer", a-t-il ajouté, sans livrer de chiffres ni de calendrier, et en martelant sa volonté de donner la priorité aux Américains. "Je pense que nous pouvons produire beaucoup plus de vaccins", a-t-il toutefois estimé, alors que plusieurs pays comme l'Allemagne et la France ont exprimé leur frustration face à l'attitude des Etats-Unis sur ce dossier.

Les Etats-Unis ont pour l'heure promis de fournir 60 millions de doses d'AstraZeneca à des pays tiers, mais ce vaccin connaît de nouveaux déboires.

L'Ontario, province canadienne la plus peuplée, a annoncé mardi la suspension de son utilisation pour la première dose, en raison d'une hausse du nombre de thromboses. Une autre province, l'Alberta, a suspendu l'administration de l'AstraZeneca, en raison de craintes sur l'approvisionnement.

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