Russie: deuil, obsèques et débat après une fusillade scolaire

Andreï BORODOULINE
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La république russe du Tatarstan enterrait mercredi ses morts au lendemain de la fusillade qui a emporté sept enfants et deux enseignants, déclenchant un débat au sein du pouvoir russe sur l'accès aux armes et l'usage de l'internet.

Parmi les funérailles, celles dans la matinée d'Elvira Ignatieva, 25 ans, une professeur d'anglais abattue par le tireur de 19 ans alors qu'elle tentait, selon certains, de sauver un enfant.

Une centaine d'anonymes formaient aussi une longue file pour déposer des fleurs, des peluches et des bougies devant l'école n°175 de Kazan, capitale du Tatarstan, où Ilnaz Galiaviev, 19 ans, un ancien élève, a fait irruption pour semer la mort armé d'un fusil avant d'être arrêté par la police.

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Il s'agit de la pire fusillade dans un établissement russe depuis 2018, un drame relativement rare dans un pays où le contrôle des armes est strict, mais les violences impliquant des élèves en augmentation.sept enfants tués étaient de la même classe de 4e, soit âgés en principe de 13-14 ans. Selon les autorités, 23 personnes, 20 mineurs et trois adultes, sont hospitalisées, dont plusieurs dans un état grave.

Fuyant les tirs, certains enfants se sont blessés en sautant par les fenêtres du 3 étage.

- "Elle a défendu ses enfants" -

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Les premiers enterrements ont eu lieu dans la matinée, notamment celui d'Elvira Ignatieva, la professeur d'anglais.

"C'est elle qui a pris une balle en premier, dans la tête. Puis ce malfrat a tiré sur les enfants. Elle a voulu les protéger, elle ne s'est pas cachée", a raconté à l'AFP l'oncle de la victime, Talgat Goumerov, 65 ans.

Selon une source policière citée par l'agence TASS, la jeune femme est morte en faisant barrage de son corps entre un enfant et le tireur.

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"Elle était dans la classe des 4eA, celle où tous les enfants ont été abattus (...) elle est sortie voir ce qu'il se passait et on lui a tiré dessus. On dit qu'elle a protégé un enfant", raconte Darina Katioukhina, une élève de la défunte venue à l'enterrement.

Le corps de la victime, selon la tradition tatare, une minorité musulmane en Russie, était enveloppé d'un drap vert. Des dizaines de personnes, les paumes vers le ciel, ont récité le Coran.

- Débat sur les armes et internet -

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Selon les enquêteurs, le suspect a fait exploser un engin improvisé avant d'entrer dans l'école. Il doit comparaître mercredi devant un juge, qui doit décider de son placement en détention provisoire.

Le jeune homme de 19 ans avait quitté cette école il y a quatre ans pour suivre une formation d'informaticien dont il a été exclu le mois dernier.

Selon l'institut où il étudiait, Ilnaz Galiaviev était "calme et pas agressif".

Une vidéo diffusée mardi l'a montré torse nu et couvert de sang allongé dans une cellule, hurlant être un "Dieu" et avoir tué car il "déteste tout le monde".

D'après des médias locaux, il avait annoncé son intention d'attaquer l'école sur une compte de la messagerie Telegram appelé "Dieu".

Selon les autorités, il avait obtenu légalement son arme, fin avril, certificat d'aptitude mentale à l'appui comme l'exige la loi.

Ce drame a donc relancé en Russie plusieurs débats.

Le président Vladimir Poutine a ordonné de revoir les règles du port d'armes et une loi pour les durcir pourrait être étudiée dès la semaine prochaine.

Le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, a jugé lui "nécessaire" de débattre de "mettre fin à l'anonymat sur internet" pour lutter contre la diffusion "de messages violents et glorifiant l'extrémisme".

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Cette déclaration intervient alors que le Kremlin cherche à accroître son emprise sur les contenus en ligne, notamment ceux liés à l'opposition.

Un sénateur, Alexandre Bachkine, propose de son côté de règlementer les jeux vidéo violents qu'il juge "extrêmement dangereux" pour la santé mentale des adolescents.

La fusillade de mardi rappelle celle d'octobre 2018, lorsqu'un adolescent avait tué 19 personnes avant de se suicider dans un lycée de Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou.

M. Poutine avait alors blâmé "la mondialisation", estimant que le phénomène des fusillades scolaires provenait des Etats-Unis.

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