"Valentin, c'est papa": appel du père du meurtrier des Cévennes à se rendre

Sofiane OUANES avec Olivier LUCAZEAU à Marseille
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"J'ai la garantie qu'il n'y aura pas feu si tu te rends maintenant, mon fils fais-moi confiance": dans un vibrant message audio jeudi, le père de l'homme auteur du double meurtre dans les Cévennes a appelé le fugitif à se rendre.

"Valentin, c'est papa, je t'aime, on t'aime, (...) nous sommes tous avec toi, bisous, papa", a lancé Frédéric Marcone, dans un message audio transmis via la gendarmerie à son fils de 29 ans, caché dans la forêt cévenole depuis mardi, après avoir abattu son patron et un de ses collègues dans la scierie où il travaillait, dans le village des Plantiers (Gard).

Quelques heures plus tôt, jeudi matin, les gendarmes qui passent le secteur au peigne fin pour retrouver Valentin Marcone avaient lancé un appel à témoins pour retrouver cet homme décrit comme de "type européen, 1,70 m, treillis vert et veste de camouflage, considéré comme dangereux".

Le fuyard est "susceptible d'être porteur d'une arme de poing et d'une carabine de précision".

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C'est avec cette même arme de poing que Valentin Marcone, chasseur et tireur sportif, est soupçonné avoir commis son double meurtre.

Lancé sur le compte Twitter de la gendarmerie de l'Hérault et le compte Facebook de la gendarmerie du Gard et relayé sur les réseaux sociaux, cet appel à témoins est accompagné d'une photo du suspect, un homme à l'apparence très jeune, cheveux châtain très courts et fines lunettes, à la corpulence moyenne, arborant un léger sourire.

La gendarmerie appelle les éventuels témoins qui pourraient le croiser à n'intervenir "en aucun cas" eux-mêmes mais à contacter les enquêteurs au 04.66.38.67.22.

"L'hypothèse désormais c'est qu'il aurait pu prendre la fuite plus loin, au-delà du périmètre de 15 km2 que nous fouillons depuis le départ", a expliqué à l'AFP la porte-parole de la gendarmerie en Occitanie.

Sur le terrain, près de 300 gendarmes, du Gard, de l'Hérault, des Alpes-Maritimes et de Roanne (Loire) quadrillent la forêt, épaulés par les unités d'élite du GIGN et du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) et soutenus par huit hélicoptères.

- "Pété les plombs" -

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Deux cartographes de crise de la gendarmerie, alimentés par des images de drones, tentent de repérer sur leurs ordinateurs les moindres évolutions sur le terrain qui permettraient de repérer le passage d'un homme.

Toujours à pied d'oeuvre également, des équipes cynophiles et notamment des chiens de race Saint-Hubert, aux grandes capacités olfactives de pistage.

Mais trouver le fugitif risque d'être ardu: "Le gars est du pays, chasseur, il connaît tout, il connaît toutes les combines, tous les passages, c'est très difficile pour ceux qui ne connaissent pas le territoire", a assuré à l'AFP un professeur d'histoire-géographie à la retraite installé à Saumane, village voisin des Plantiers, sans vouloir donner son identité.

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Quant aux habitants des Plantiers, ils étaient toujours quasiment confinés jeudi matin par les forces de l'ordre. Et quatre familles ont demandé à être "exfiltrées" face aux événements, a précisé jeudi le maire de la commune, Bernard Mounier, à l'AFP.

"Il faut montrer patte blanche", confirme Christine, habitante d'un hameau voisin, interrogée par l'AFP à son arrivée à Saumane après avoir traversé le petit pont gardé par deux véhicules des forces de l'ordre.

"Sereine", cette femme ne craint pas le fugitif: "Je ne crois pas qu'il en veut à la population. Il a dû péter les plombs, avec tous les soucis qu'il a eus", assure-t-elle, en évoquant à la fois le confinement face au Covid et "des différents avec l'ancienne mairie".

Selon les premiers éléments sur le drame lui même, mardi matin vers 08h00, le meurtrier présumé était en conflit avec son employeur, apparemment pour des problèmes d'horaires de travail. A la suite d'une simple remarque de son patron, à qui il n'aurait pas dit bonjour, il aurait sorti un pistolet et tiré, l'abattant lui puis un de ses collègues de plusieurs balles dans la tête.

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