Israël pilonne la bande de Gaza, plus de 100 morts

Adel ZAANOUN avec Guillaume LAVALLEE à Jérusalem
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Israël pilonne vendredi la bande de Gaza avec des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans cette enclave palestinienne densément peuplée, où l'escalade militaire en cours depuis lundi avec les islamistes du Hamas au pouvoir a fait plus de 100 morts.

En plus de ces affrontements, les plus intenses entre Israël et les militants palestiniens à Gaza depuis 2014, une flambée de violence sans précédent entre Juifs et Arabes touche plusieurs villes mixtes du pays.

L'armée israélienne a multiplié les bombardements "pour infliger des dommages sévères aux tunnels" qui permettent aux combattants et dirigeants du Hamas, qui a tiré des centaines de roquettes vers Israël, de circuler à travers la bande de Gaza, a-t-elle indiqué.

Les frappes se poursuivent vendredi après-midi, selon un journaliste de l'AFP. Plus tôt, l'armée a indiqué avoir ciblé "une brigade terroriste" prête à tirer des roquettes vers Israël.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences, 119 Palestiniens, parmi lesquels 31 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 830 personnes ont été blessées, selon les autorités locales.

En Israël, où le bouclier antimissile "Dôme de fer" a intercepté environ 90% des quelque 1.800 roquettes tirées cette semaine, le bilan est passé à neuf morts et des centaines de blessés.

Face aux tirs d'artillerie de chars massés le long de l'enclave sous blocus israélien et ceinte d'une épaisse barrière hypersécurisée, des centaines de Gazaouis ont quitté leur maison, ont indiqué des témoins.

- "Film d'horreur" -

"Ces bombardements étaient complètement fou, comme dans les jeux vidéos. C'était un vrai film d'horreur", a dit à l'AFP Muhammad Najib, 16 ans, un habitant de Gaza pour lequel "il ne pourra jamais y avoir" de paix avec Israël.

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Au total, l'armée a dit avoir frappé 150 cibles dans la nuit de jeudi à vendredi, un déluge de feu doublé de salves de roquettes de la part du Hamas vers des villes israéliennes du sud comme Sderot, Ashkelon et Beersheva.

A Gaza, des dizaines de maisons ont été détruites dans la nuit, notamment dans le nord du micro-territoire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira dimanche pour aborder le conflit, le secrétaire général Antonio Guterres ayant appelé à une "cessation des hostilités".

Compte tenu des risques liés aux attaques aériennes, plusieurs compagnies internationales parmi lesquelles KLM, British Airways, Virgin, Lufthansa et Iberia ont annulé leurs vols vers Israël.

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L'armée israélienne a massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien, d'où les troupes israéliennes s'étaient retirées unilatéralement en 2005. Le ministère de la Défense a donné le feu vert à l'armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

Peu après minuit, le porte-parole de l'armée avait annoncé que des soldats israéliens étaient désormais dans le territoire de Gaza, avant de revenir sur ses propos en évoquant "un problème de communication interne".

Et, pour ajouter à la confusion, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël mais sont tombées en Méditerranée, selon l'armée. D'après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d'un secteur proche d'un camp de réfugiés palestiniens.

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Les affrontements en cours ont été déclenchés après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en "solidarité" avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts en fin de semaine dernière et lundi avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien illégalement occupé par Israël depuis 1967 selon l'ONU.

Ces affrontements sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, s'étaient produits après plusieurs jours de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs.

- Deuxième front -

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Pour faire face à l'escalade entre Arabes et Juifs, près de 1.000 membres de la police aux frontières ont été appelés en renfort dans les villes mixtes qui sont le théâtre d'émeutes depuis mardi avec des échanges de coups de feu. Plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Jeudi, un homme a ouvert le feu à l'arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod, près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police qui a fait état dans la soirée d'une synagogue incendiée et de 43 arrestations.

Des groupes israéliens d'extrême droite ont affronté dans des villes les forces de sécurité et des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948.

"Nous ne tolérerons pas l'anarchie", a prévenu le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, affirmant jeudi que le déploiement de soldats était une "option".

Des heurts quotidiens éclatent aussi entre manifestants et armée en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël. Vendredi, deux Palestiniens ont été tués dans ces affrontements et plus de cents Palestiniens blessés à la mi-journée, selon le ministère de la Santé et le Croissant rouge.

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