Covid-19 : la France se prépare pour la vague des réouvertures

Andréa BAMBINO
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Encore deux jours avant le retour des verres en terrasse et les premières séances de cinéma de l'année 2021. Au bout de six mois de restrictions et après un hiver dominé par un Covid meurtrier, la France renoue cette semaine avec une partie de ses loisirs, aidée par le ralentissement de l'épidémie.

"Ce sera peut-être l'occasion de sortir entre collègues", espère Lucie Mazier, une architecte de 25 ans qui a débarqué à Paris "il y a six mois", sans "connaître grand monde". "C'est compliqué d'aller vers les autres quand il n'y a aucun moyen de sociabiliser", ajoute la jeune femme.

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Mercredi, il ne sera pas seulement possible de retourner "boire un +coca zéro+ avec des copines en terrasse", comme le souhaite aussi Amélie, une avocate parisienne de 32 ans, qui a hâte de retrouver "la vie, la vraie".

Témoins de ce retour à une forme de normalité, les films à l'affiche mercredi, comme "Drunk" ou "Adieu les cons", ont fait leur retour sur les panneaux publicitaires, dont certains étaient restés figés tout l'hiver aux sorties espérées en vain en décembre.

- Jusqu'à 21 h -

Après 203 jours de fermeture d'affilée, qui les a mis en péril économique, cinémas, théâtres et musées pourront rouvrir au public, avec des jauges maximales de fréquentation. Des règles aussi en vigueur pour les boutiques de vêtements, dont certaines accusent un recul de leur chiffre d'affaires jusqu'à 40%, ou les magasins de jouets, autorisés à relever le rideau mercredi.

De son côté, Disneyland Paris a annoncé sa réouverture pour le 17 juin, avec distanciation physique dans les attractions et les files d'attente, et port du masque dès six ans.

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Un souffle de liberté retrouvée mais encore limitée : appliqué sur tout le territoire depuis le 16 janvier à 18h puis 19h, le couvre-feu sera seulement repoussé à 21h mercredi, avant d'être décalé à 23h le 9 juin puis, si la situation sanitaire le permet, de disparaître au 30 juin.

Entre couvre-feu, météo capricieuse et les jauges (tables de six, à 50% de la capacité), rouvrir une terrasse est un exercice de haute voltige pour les bistrotiers, dont 40% seulement disposent d'un espace extérieur.

"Remettre tout en marche pour quatre tables, est-ce que ça vaut le coup ? C'est une vraie question et je n'ai pas la réponse", explique Stéphanie Mathey, qui gère trois bistrots dans Paris. Mais "on va se chauffer comme un diesel, chauffer l'équipe qui n'a pas travaillé depuis très longtemps (...) pour être vraiment prêts le 9 juin et encore plus le 30", dit-elle.

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La réouverture s'opère sur fond de recul net de l'épidémie au niveau national, avec un taux d'incidence qui a chuté à 142 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours, quand il culminait à plus de 400 début avril.

Conséquence, la décrue se poursuit encore à l'hôpital, où le nombre de malades du Covid-19 atteignait moins de 23.000 lundi, au plus bas depuis fin octobre. Parmi eux, quelque 4.250 patients atteints par le Covid étaient soignés dans les services de réanimation, un niveau en baisse constante, même si l'Ile-de-France et les Hauts-de-France dépassent toujours les 100% d'occupation de leurs services de soins critiques.

- "Prophètes de malheur" -

Comme un symbole, le nombre quotidien de morts à l'hôpital de malades du Covid-19 est repassé dimanche -- jour où il est traditionnellement au plus bas -- sous la barre des 100 (81 décès), ce qui n'était plus arrivé depuis octobre 2020. Au total, 107.645 malades du Covid-19 sont morts depuis le début de l'épidémie.

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"On voit aujourd'hui que les signaux sont au vert et ça démontre que le président de la République a eu raison dans ce calendrier", s'est félicité, sur RTL, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, alors que la Grande-Bretagne s'inquiète pour son déconfinement, à cause du variant indien.

"Ca donne tort à tous les prophètes de malheur, à tous ceux qui ne croient pas à la responsabilité des Français", a-t-il ajouté. L'exécutif avait été accusé de trop tarder à prendre des mesures sanitaires plus strictes face au variant anglais, plus contagieux, qui a causé une troisième vague meurtrière depuis le début de l'année (43.000 décès en 2021).

Le gouvernement a pu aussi se targuer samedi d'atteindre son objectif de 20 millions de premières injections de vaccin antiCovid au 15 mai.

La campagne progresse mais bute cependant sur la désaffection pour le vaccin d'AstraZeneca, réservé aux plus de 55 ans en raison des risques rarissimes de thromboses graves chez des sujets plus jeunes.

En retard dans la course entre laboratoires, le français Sanofi a pu annoncer lundi les résultats positifs d'un essai clinique de phase 2 sur son principal projet de vaccin contre le Covid-19. Une étude de phase 3, la toute dernière avant une potentielle autorisation, devrait démarrer entre fin mai et début juin.

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