Inde: au moins 24 morts et 96 disparus sur le passage du cyclone Tauktae

Sam Panthaky
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Au moins 24 personnes ont péri et 96 autres restaient portées disparues dans l'Ouest de l'Inde mardi, après le passage du cyclone Tauktae qui a provoqué des suspensions locales de la campagne de vaccination contre le Covid dans ce pays ravagé par l'épidémie.

Quelque 96 personnes étaient toujours portées disparues après le naufrage de leur embarcation au large de Bombay, capitale de l'Etat du Maharashtra, a annoncé la Marine indienne dont deux navires et des hélicoptères aident aux recherches.

La barge, avec 273 personnes à bord, desservait des plateformes pétrolières et était partie à la dérive lundi alors que des vents puissants s'abattaient sur la côte occidentale de l'Inde.

Un total de 177 passagers ont pu être secourus dans "des conditions de mer extrêmement difficiles", a précisé la Marine sur Twitter. Les opérations de secours devaient se poursuivre toute la journée, selon le ministère de la Défense.

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Le cyclone Tauktae, qui a déjà fait au moins 24 morts et provoqué l'évacuation de plus de 200.000 personnes, a touché terre lundi au Gujarat avec des rafales atteignant 185 km/heure, selon le département météorologique indien.

La tempête tropicale, la plus puissante à frapper la région depuis des décennies, a fait des victimes dans les Etats du Kerala, de Goa, du Maharashtra et du Gujarat.

"Je n'avais jamais vu de cyclone aussi dévastateur à Bombay", témoigne auprès de l'AFP Anand Shinde, résident de la mégalopole, "les gens ont subi beaucoup de dégâts, ils vont devoir se battre pour s'en sortir."

- "C'était effrayant" -

"Je n'avais jamais expérimenté une telle intensité de ma vie", s'est exclamé un hôtelier de la ville de Bhavnagar. "Il faisait nuit noire, l'électricité coupée, et les vents grondaient. C'était effrayant".

Les vents et les pluies, d'une force redoutable, ont balayé l'Ouest du pays dont les côtes ont été submergées, transformant les rues en rivières et forçant des centaines de milliers de personnes à fuir.

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Le niveau de la mer s'est élevé de trois mètres le long de la côte, ont indiqué des responsables des services météorologiques de la ville côtière de Diu, avec des vents de 133 km/h.

Tauktae frappe l'Inde à l'heure où le pays affronte une deuxième vague épidémique de Covid-19 d'une grande violence. Les hôpitaux sont saturés, les personnels soignants à bout de force, l'oxygène et les médicaments manquent.

L'Inde, qui compte 1,3 milliard d'habitants, a dénombré mardi 4.329 décès et 263.533 nouveaux cas de Covid en 24 heures, portant le bilan total à plus de 25 millions de cas --un doublement depuis le 1er avril-- et plus de 278.719 décès.

"Ma baraque est inondée", raconte Rajkumar Singh, un autre résident de Bombay, "tout le Rashan (provisions) que j'avais stocké pour le confinement est trempé, sans plus aucune utilité".

Les autorités du Maharashtra ont fermé lundi l'aéroport de Bombay pendant plusieurs heures et demandé à la population de rester à l'abri après avoir dû, dimanche, évacuer 580 malades du Covid "vers des lieux plus sûrs" depuis trois hôpitaux de campagne. L'Etat a évacué environ 12.500 personnes des zones côtières.

- Réchauffement climatique en cause -

Le Premier ministre du Gujarat, Vijay Rupani, a déploré mardi la mort depuis la veille d'au moins trois personnes dont un enfant, imputée au cyclone, tout en se félicitant que la prévoyance de l'Etat ait "réussi à minimiser les pertes humaines".

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Le Gujarat, qui a officiellement enregistré 9.000 décès dus au virus, a également suspendu la campagne de vaccination durant deux jours. Bombay a fait de même pour une journée.

Près de 200.000 personnes ont été évacuées dans l'Etat où tous les malades du Covid-19 hospitalisés dans un rayon de cinq kilomètres de la côte ont également été déplacés.

Sur ses 1.400 hôpitaux qui traitent le Covid-19, seulement 16 ont eu des pannes d'électricité, a précisé le responsable. "Dans 12 hôpitaux, le courant a été rétabli et des générateurs sont en cours d'installation dans les autres", a ajouté M. Rupani.

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Un risque de raz-de-marée d'un à deux mètres dans certaines zones a été signalé par les autorités, alors que le cyclone s'enfonçait dans les terres en s'affaiblissant légèrement.

Selon des experts, la mer d'Arabie connaît davantage de cyclones violents que par le passé, imputables au réchauffement climatique. "La mer d'Arabie est l'un des bassins qui se réchauffent le plus rapidement parmi les océans du monde", a déclaré à l'AFP Roxy Mathew Koll, de l'Institut indien de météorologie tropicale.

En mai 2020, également durant la pandémie de Covid-19, plus de 110 personnes avaient péri lors du passage du puissant cyclone Amphan qui avait ravagé l'est de l'Inde et le Bangladesh.

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