Euro: avec Benzema, les Bleus vont changer de visage

Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT
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Le rappel surprise de Karim Benzema bouleverse totalement la hiérarchie et les habitudes de l'équipe de France: entre vie de groupe et composition d'équipe, les Bleus vont devoir s'adapter au retour de l'attaquant-star, officialisé mardi, voire changer de visage d'ici l'Euro (11 juin-11 juillet).

- Benzema, titulaire indiscutable ? -

Un attaquant quadruple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid ne vient pas en sélection pour faire de la figuration, surtout pas après deux dernières saisons au plus haut niveau.

Sur ses 81 sélections, Benzema a été titulaire 59 fois et son rendement actuel ne risque pas de lui faire espérer autre chose qu'une place dans le onze de départ de Didier Deschamps.

"Karim, c'est un compétiteur, un bosseur, toujours motivé pour prouver que c'est un grand attaquant. Il fait partie des meilleurs du monde et il veut le montrer", expliquait en mars Raphaël Varane, son coéquipier madrilène.

Le sélectionneur, qui l'a inclus dans sa liste de 26 joueurs à la surprise générale, en est bien conscient: "Sans vouloir faire de hiérarchie, on parle de Karim Benzema, quand même", a-t-il insisté mardi, assurant que "KB9" aurait été également présent dans une liste réduite à 23 noms.

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Pour s'assurer une place dans le onze, il faudra néanmoins déloger Olivier Giroud, l'avant-centre de base du système Deschamps, ou prendre le fauteuil d'un autre attaquant, comme Kingsley Coman ou Ousmane Dembélé.

"Il y a beaucoup de joueurs offensifs car déjà je les aime bien, et car je sais trop bien que c'est là qu'on fera la différence. Mais je ne vais pas les accumuler, il y aura des équilibres à trouver", a concédé Deschamps.

- "Mbappé-Griezmann-Benzema", trio rêvé ? -

L'hypothèse d'une association avec Antoine Griezmann et Kylian Mbappé sur le front de l'attaque fait désormais saliver les supporters. L'option Benzema, avant-centre fiable pour concrétiser les actions et très utile pour les construire, offre un atout non-négligeable à Deschamps.

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Mais le "triangle d'or", comme le surnomme le quotidien L'Equipe, sera-t-il complémentaire ? En tant qu'avant-centre, le Madrilène risque de compliquer le recentrage de Mbappé, à moins que les deux hommes n'évoluent ensemble en pointe.

Et son profil, très orienté vers la construction du jeu, quitte à venir demander le ballon très bas, s'approche du style de jeu de Griezmann, le meneur de jeu par excellence des Tricolores.

"Griezmann, je pense, a besoin d'un Giroud, d'un mec devant lui. Griezmann a son intelligence dans l'opportunisme. Ce ne sont pas les mêmes buteurs, mais ils sont complètement complémentaires", expliquait récemment Michel Platini à l'AFP.

Benzema lui-même l'avait convenu, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux en mars 2020. "Si on parle de style de jeu, le sien (Giroud) convient bien à l'équipe de France (...) parce qu'il y a des joueurs comme Mbappé ou Griezmann qui sont rapides ou tournent autour de l'avant-centre", avait glissé l'ancien Lyonnais.

La complicité à venir avec Mbappé, elle, ne fait aucun doute: au vu des échanges de mardi soir entre les deux hommes sur les réseaux sociaux - Mbappé a publié un montage photo les montrant tous deux sous le maillot bleu -, ils ont hâte de jouer ensemble.

- Un œil à garder sur la vie de groupe -

Insérer une superstar aux grandes responsabilités en club (il est l'un des vices-capitaines du Real Madrid) au sein d'un groupe champion du monde et vice-champion d'Europe n'est pas chose facile.

"Notre objectif, surtout quand on est en grande compétition, c'est de ne perdre personne. Il faut accorder autant si ce n'est plus à ceux qui jouent peu ou pas", prévenait Deschamps début mai dans un entretien à l'AFP.

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Or l'arrivée de Benzema risque de réduire considérablement le temps de jeu des autres avant-centres, Wissam Ben Yedder et surtout Giroud.

L'attaquant de Chelsea, privé de temps de jeu à Londres, a longtemps souffert d'avoir été préféré à Benzema, recevant même les sifflets du public français avant de gagner son cœur. Il lui faudra aussi digérer le tacle taquin de la "F1" madrilène, qui l'avait comparé à un "karting".

Deschamps a rappelé qu'ils s'étaient croisés récemment (en demi-finale de Ligue des champions), laissant entendre qu'ils avaient pu se parler, et n'a "pas d'inquiétude". "Karim n'est pas stupide, il est même intelligent, il sait qu'il arrive dans un groupe qui a des repères, qui a des titres, où il y a une bonne ambiance sur et en dehors du terrain".

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