Inde: 49 personnes toujours disparues et au moins 91 morts après le passage du cyclone Tauktae

Sam Panthaky
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La Marine indienne a retrouvé mercredi 26 corps et poursuivait les recherches de 49 personnes disparues en mer dans l'ouest de l'Inde balayée par le cyclone Tauktae, qui a fait un total d'au moins 91 morts dans un pays déjà très durement frappé le Covid-19.

Selon le ministère de la Défense, mercredi, les navires de la Marine ont porté secours à plus de 600 personnes sur des installations pétrolières offshore battues par une mer si démontée que les opérations pour les embarquer à bord des radeaux de sauvetage ont été particulièrement périlleuses.

En revanche, 26 corps ont été retrouvés, portant le bilan provisoire du passage de Tauktae à 91 morts. Les avions et des hélicoptères poursuivaient les recherches de 49 ouvriers disparus dans le naufrage d'un navire de soutien.

Les personnes d'ores et déjà sauves ont bien encore "de l'espoir dans les yeux mais elles sont assurément en détresse (...) elles ont été malmenées par la mer pendant plusieurs heures", a déclaré M.K. Jha, chef du commandement occidental de la Marine indienne sur la chaîne d'information NDTV.

Plus de 15% de la production annuelle totale de sel de l'Etat du Gujarat - premier producteur de l'Inde - ont été perdus dans les inondations, a indiqué à l'AFP l'Association indienne des fabricants de sel.

Avant même de toucher terre au Gujarat, le cyclone avec des rafales atteignant 185 kilomètres/heure et des pluies diluviennes, a causé la mort d'une vingtaine de personnes dans l'ouest et le sud de l'Inde.

Des responsables de l'Etat de Gujarat ont indiqué mercredi que le bilan dans cet Etat avait atteint 45 morts.

- Tribut de la faune -

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Plus de 16.500 maisons ont été endommagées, 70.000 arbres déracinés, tandis que 238.000 personnes étaient toujours réfugiées dans des abris.

La faune n'a pas été épargnée. Au moins une dizaine d'antilopes cervicapres, espèce menacée en Inde, ainsi qu'un grand nombre d'oiseaux, dont des aigrettes et des hérons, sont morts, a indiqué à l'AFP Shyamal Tikadar, directeur de conservation de la nature du Gujarat.

Le conservateur en chef des forêts, D.T. Vasavada a annoncé que son département dresserait un état de la faune affectée une fois les pistes déblayées.

Le Premier ministre Narendra Modi, originaire du Gujurat, a annoncé sur Twitter un état des dommages subis et que son gouvernement "travaillait en étroite collaboration avec tous les États touchés par le cyclone".

La tempête tropicale, la plus puissante à frapper la région depuis des décennies, a fait des victimes dans les Etats du Kerala, de Goa, du Maharashtra et du Gujarat.

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"Je n'avais jamais vu de cyclone aussi dévastateur à Bombay", témoigne Anand Shinde, un habitant de la mégalopole du Maharashtra, "les gens ont subi beaucoup de dégâts, ils vont devoir se battre pour s'en sortir."

- Au "pire moment" -

"Après des semaines de chaos et de pertes humaines dévastatrices causées par le Covid-19, cela ne pouvait pas se produire à un pire moment", a souligné Santanu Chakraborty, de l'organisation caritative Save the Children.

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"Des milliers d'enfants et leurs familles ont perdu leurs maisons et leurs moyens de subsistance, et les dommages causés aux routes et aux infrastructures vont mettre un peu plus sous pression les administrations locales qui ont déjà du mal à surmonter les conséquences de la pandémie", a-t-il ajouté.

Tauktae a frappé l'Inde à l'heure où le pays affronte une deuxième vague de Covid-19 d'une grande violence. Les hôpitaux sont saturés, les personnels soignants à bout de force, l'oxygène et les médicaments manquent.

Le pays de 1,3 milliard d'habitants a signalé mercredi 4.529 décès dus au virus, marquant un nouveau record, et 267.334 nouvelles contaminations en 24 heures, portant le bilan total à plus de 25 millions de cas et 283.248 décès.

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En mai dernier, plus de 110 personnes sont mortes après que le "super cyclone" Amphan a ravagé l'est de l'Inde et le Bangladesh dans la baie du Bengale.

Selon des experts, la mer d'Arabie connaît davantage de cyclones violents que par le passé, imputables au réchauffement climatique.

"La mer d'Arabie est l'un des bassins qui se réchauffent le plus rapidement parmi les océans du monde", a déclaré à l'AFP Roxy Mathew Koll, de l'Institut indien de météorologie tropicale.

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