Inde: 89 personnes toujours portées disparues en mer après le passage du cyclone Tauktae

Sam Panthaky
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Quatre-vingt-neuf personnes étaient toujours portées disparues et des centaines de milliers d'autres étaient privées d'électricité dans l'ouest de l'Inde mercredi après le passage du cyclone Tauktae, ajoutant davantage encore aux souffrances d'un pays chaque jour un peu plus endeuillé par le Covid-19.

Selon le ministère de la Défense, mercredi, les navires de la Marine ont porté secours à plus de 600 personnes sur des installations pétrolières offshore battues par une mer si démontée que les opérations pour les embarquer à bord des radeaux de sauvetage ont été particulièrement périlleuses.

En revanche, des avions et des hélicoptères étaient toujours à la recherche de 89 ouvriers disparus dans le naufrage d'un navire de soutien.

Et les personnes d'ores et déjà sauves ont bien encore "de l'espoir dans les yeux mais elles sont assurément en détresse (...) elles ont été malmenées par la mer pendant plusieurs heures", a déclaré M.K. Jha, chef du commandement occidental de la Marine indienne sur la chaîne d'information NDTV.

Avant même de toucher terre dans l'État du Gujarat, le cyclone avec des rafales atteignant 185 kilomètres/heure et des pluies diluviennes a causé la mort d'une vingtaine de personnes dans l'ouest et le sud de l'Inde.

Sept décès ont été enregistrés, portant mardi le bilan à 33 morts, pour la plupart victimes de l'effondrement de maisons ou de murs, selon le chef du gouvernement du Gujarat, Vijay Rupani.

- Des milliers de foyers dans le noir -

Parmi les victimes, un enfant écrasé par l'effondrement d'un mur, une adolescente tuée quand un toit s'est affaissé ou une femme de 80 ans tuée par la chute d'un poteau électrique.

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Plus de 16.500 maisons ont été endommagées, 40.000 arbres arrachés et près de 6.000 villages étaient encore sans électricité.

Le courant a pu être rétabli dans un peu plus de 2.100 villages, ont indiqué les autorités mardi soir. Mais des centaines de milliers de personnes restaient dans le noir mercredi.

"Nous n'avons ni courant ni téléphone", a dit à l'AFP un responsable local du district côtier d'Amreli, Aayush Oak.

La tempête tropicale, la plus puissante à frapper la région depuis des décennies, a fait des victimes dans les Etats du Kerala, de Goa, du Maharashtra et du Gujarat.

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"Je n'avais jamais vu de cyclone aussi dévastateur à Bombay", témoigne Anand Shinde, un habitant de la mégalopole du Maharashtra, "les gens ont subi beaucoup de dégâts, ils vont devoir se battre pour s'en sortir."

Le Premier ministre Narendra Modi devait survoler les zones touchées en hélicoptère plus tard dans la journée.

- Au "pire moment" -

"Après des semaines de chaos et de pertes humaines dévastatrices causées par le Covid-19, cela ne pouvait pas se produire à un pire moment", a souligné Santanu Chakraborty, de l'organisation caritative Save the Children.

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"Des milliers d'enfants et leurs familles ont perdu leurs maisons et leurs moyens de subsistance, et les dommages causés aux routes et aux infrastructures vont mettre un peu plus sous pression les administrations locales qui ont déjà du mal à surmonter les conséquences de la pandémie", a-t-il ajouté.

Tauktae a frappé l'Inde à l'heure où le pays affronte une deuxième vague de Covid-19 d'une grande violence. Les hôpitaux sont saturés, les personnels soignants à bout de force, l'oxygène et les médicaments manquent.

Le pays de 1,3 milliard d'habitants a signalé mercredi 4.529 décès dus au virus, marquant un nouveau record, et 267.334 nouvelles contaminations en 24 heures, portant le bilan total à plus de 25 millions de cas et 283.248 décès.

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En mai dernier, plus de 110 personnes sont mortes après que le "super cyclone" Amphan a ravagé l'est de l'Inde et le Bangladesh dans la baie du Bengale.

Selon des experts, la mer d'Arabie connaît davantage de cyclones violents que par le passé, imputables au réchauffement climatique.

"La mer d'Arabie est l'un des bassins qui se réchauffent le plus rapidement parmi les océans du monde", a déclaré à l'AFP Roxy Mathew Koll, de l'Institut indien de météorologie tropicale.

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