Gaza-Israël: les frappes continuent, la diplomatie s'active pour un cessez-le-feu

Adel ZAANOUN, avec Guillaume LAVALLEE à Jérusalem

La diplomatie internationale s'active jeudi sur le terrain et en coulisses pour tenter de mettre un terme à l'escalade militaire meurtrière entre Israël et le Hamas palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, après de nouveaux bombardements.

Après l'appel du président américain Joe Biden en faveur d'une "désescalade" immédiate dans ces affrontements qui ont fait au moins 239 morts en dix jours, majoritairement des Palestiniens, et le refus de Washington de soutenir une résolution de la France à l'ONU, c'est au tour de l'Allemagne d'entrer en scène.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, est arrivée en matinée à Tel-Aviv, où il a soutenu que les frappes israéliennes à Gaza relevaient du "droit à l'autodéfense", tout en appelant à une cessation rapide des hostilités.

"Le nombre de victimes augmente chaque jour et cela aussi nous inquiète beaucoup", a-t-il relevé.

"C'est pourquoi nous soutenons les efforts internationaux visant à instaurer un cessez-le-feu et nous sommes également convaincus que, dans l'intérêt de la population, la violence doit cesser rapidement", a ajouté M. Maas, alors qu'une réunion de l'Assemblée générale de l'ONU est prévue dans l'après-midi.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, plus haut responsable européen à se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens depuis le début de la crise, doit s'entretenir en soirée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, avec le président palestinien Mahmoud Abbas, mais pas directement avec le Hamas, classé organisation "terroriste" par l'Union européenne.

D'intenses pourparlers sont aussi menées par l'Egypte, pays limitrophe d'Israël et de la bande de Gaza, micro-territoire palestinien de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis 15 ans, afin de remettre sur les rails la trêve fragile en vigueur durant des années.

"Nous nous attendons à un retour au calme dans les prochaines heures, ou demain (vendredi), mais cela dépend de l'arrêt de l'agression des forces d'occupation à Gaza et Jérusalem", a affirmé à l'AFP un haut responsable du Hamas. "Mais il n'y rien de définitif pour le moment", a-t-il ajouté.

Ce cycle de violences entre Israël et Gaza a été déclenché après les tirs par le Hamas de salves de roquettes vers l'Etat hébreu le 10 mai, en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors de heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de Jérusalem, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

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Israël a "profité" de la situation, a indiqué mercredi un responsable militaire israélien, pour "réduire les capacités" militaires du Hamas. Depuis dix jours, l'armée israélienne pilonne la bande de Gaza, où la population locale vit de jour et de nuit sous le tonnerre de la guerre, selon des équipes de l'AFP sur place.

- Famille décimée -

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des avions de chasse ont frappé les résidences d'au moins six dirigeants du Hamas, selon l'armée israélienne, tandis que le mouvement islamiste a revendiqué jeudi matin des tirs de mortier, de roquettes et d'artillerie après quelques heures de pause.

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Un peu plus tôt, une famille palestinienne a été décimée à Deir al-Balah. Eyad Saleha, en fauteuil roulant, Amani, sa femme enceinte, et Nagham, leur fille de trois ans, ont péri dans un raid israélien mercredi sur la bande de Gaza, selon les autorité locales.

"Mais qu'est-ce que mon frère a fait? Il ne faisait que passer (ses jours) dans son fauteuil roulant", a dit à l'AFP Omar Saleha, affirmant que son frère n'était pas un combattant. "Qu'est-ce que sa fille a fait? Et sa femme?".

La Croix-Rouge a estimé que "les populations à Gaza et en Israël ont un besoin urgent de répit", ajoutant dans un communiqué avoir informé Israël et le Hamas qu’à partir de jeudi son personnel se déplacerait "pour apporter une réponse aux besoins urgents". "Les deux parties ont une responsabilité claire de nous faciliter de tels mouvements".

Depuis le début des affrontements, au moins 227 Palestiniens, incluant une soixantaine d'enfants et des combattants du Hamas, ont péri dans les frappes israéliennes, tandis que 12 personnes ont perdu la vie en Israël, les mouvements palestiniens de Gaza ayant tiré plus de 4.000 roquettes vers le territoire israélien.

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Il s'agit de tirs de roquette d'une intensité inédite vers l'Etat hébreu, selon l'armée israélienne, qui dispose toutefois d'un bouclier antimissile ayant permis selon eux d'intercepter environ 90% des projectiles.

"Le président (américain) a indiqué au Premier ministre (israélien) qu'il s'attendait à une désescalade significative aujourd'hui vers un cessez-le-feu", selon la Maison Blanche qui a fait état d'un échange téléphonique entre Joe Biden et Benjamin Netanyahu.

Les Etats-Unis ont refusé de soutenir un projet français d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU appelant à une cessation des hostilités.

- "Le moment opportun" -

Mercredi, un responsable militaire israélien a affirmé que son pays étudiait le "moment opportun pour un cessez-le-feu", précisant que l'armée était prête à encore "plusieurs jours" de conflit.

"Ce que nous essayons de faire est précisément ceci: diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes et diminuer leur détermination", a renchéri Benjamin Netanyahu.

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"Nous n'en sommes pas encore à un cessez-le-feu", ont résumé mercredi à Jérusalem deux sources diplomatiques étrangères à l'AFP, alors qu'une troisième a fait état d'un "risque de contagion" à la région qui rend encore plus "urgent" un cessez-le-feu.

Les regards restent également tournés vers la Cisjordanie occupée et l'intérieur même d'Israël.

Depuis 10 jours, des émeutes et des affrontements avec les forces israéliennes ont éclaté dans de nombreuses villes et camps palestiniens de Cisjordanie faisant plus de 25 morts, pire bilan depuis des années dans ce territoire.

Et des Arabes israéliens --descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948-- ont manifesté, fermé leur commerce ou été au coeur d'émeutes, disant subir une même "discrimination".

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