Covid-19: un été apaisé, objectif à portée de main

Paul RICARD
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Le soleil enfin à l'horizon après tant de mois sombres? Si elles se poursuivent dans les semaines à venir, la décrue de l'épidémie de Covid-19 et l'accélération de la vaccination peuvent laisser espérer un été apaisé, estiment des spécialistes.

"On peut espérer passer un été tranquille, notamment si l'on réussit à maintenir la décroissance des contaminations pendant encore quelques semaines et à vacciner très largement", a assuré au Monde Simon Cauchemez, modélisateur à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, qui guide le gouvernement français.

Lui et son équipe ont actualisé samedi les modélisations informatiques qu'ils produisent régulièrement pour tenter de prévoir la suite de l'épidémie. Et leurs estimations sont plus optimistes qu'il y a quelques semaines.

"L'accélération de la décrue de l'épidémie et de la vaccination observée ces dernières semaines nous place dans des conditions favorables pour l'été", écrivent ces scientifiques.

"Les trois semaines qui viennent sont capitales", a prévenu sur franceinfo l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, lui aussi membre de l'Institut Pasteur et du Conseil scientifique.

- "Dynamique favorable" -

Après le pic de la troisième vague, tous les indicateurs sont à la baisse depuis fin avril.

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Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes est d'environ 12.000 sur les sept derniers jours, contre plus de 30.000 il y a un mois. Et le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés (19.701 lundi) est repassé samedi sous la barre des 20.000, pour la première fois depuis le 27 octobre.

Parmi eux, quelque 3.500 patients sont soignés dans les services de soins critiques, contre près de 6.000 lors de la deuxième quinzaine d'avril.

Enfin, la France est repassée la semaine dernière sous la barre des 1.000 morts par semaine à l'hôpital et en Ehpad (contre plus de 2.000 il y a un mois), même si le long week-end férié de l'Ascension a pu perturber la remontée des résultats.

"C'est une dynamique très favorable dans laquelle on se trouve et qu'il faudrait conserver encore quelques semaines parce que le plus bas on descendra, le mieux on sera positionné pour l'été qui arrive", a commenté le Pr Fontanet, moins d'une semaine après la première vague de réouvertures (terrasses, cinémas, musées...).

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Les modélisateurs de Pasteur sont partis de deux hypothèses, l'une plus optimiste que l'autre.

Dans le premier scénario, la baisse de l'épidémie et la vaccination se poursuivent au rythme actuel. Dans ce cas, "on ne s'attend pas à observer cet été de reprise importante de l'épidémie liée au variant (anglais) sous les conditions de contrôle qui avaient été mises en oeuvre durant l'été 2020", prévoient-ils.

Le deuxième scénario se base sur une réaugmentation des contaminations après les réouvertures de la semaine dernière. Dans cette configuration, "la situation épidémiologique durant l'été est plus incertaine" et "un rebond épidémique ne pourrait être exclu".

Toutefois, quel que soit son ampleur, il "resterait plus petit que la troisième vague".

- Influenceurs -

Le Pr Fontanet a donc appelé les Français à poursuivre "leurs efforts", en soulignant que des incertitudes persistent: "La campagne de vaccination va-t-elle continuer de marcher aussi bien qu'elle marche aujourd'hui? Que pourrait-il se passer avec des variants?".

Le gouvernement compte plus que jamais sur les vaccins pour minimiser ces incertitudes. Pour l'instant, 23,3 millions de personnes ont reçu au moins une injection (44% de la population majeure), dont 9,7 millions en ont eu deux (18,5% de la population majeure).

Depuis lundi, les Français qui exercent certains métiers (enseignants, policiers, gendarmes, caissières ou conducteurs de bus) peuvent se faire vacciner à tout âge. Et la vaccination sera officiellement ouverte à tous les majeurs le 31 mai.

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Pour l'instant, elle est théoriquement soumise à conditions pour les 18-50 ans (la présence de comorbidités ou la prise de rendez-vous du jour au lendemain). Dans les faits, ces obligations sont toutefois largement contournées puisqu'aucune prescription médicale n'est nécessaire.

Alors que le vaccin de Pfizer/BioNTech est le plus utilisé, des déclarations de trois gros influenceurs sur les réseaux sociaux ont semé le trouble. Ils ont assuré avoir été contactés par une agence de communication pour dénigrer ce vaccin.

"C'est minable, c'est dangereux, c'est irresponsable et ça ne marche pas", a commenté mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

"Je ne sais pas d'où ça vient, je ne sais pas si ça vient de France ou de l'étranger", a-t-il poursuivi, alors qu'un des influenceurs a mentionné la Russie.

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