Inde: le cyclone Yaas fait au moins cinq morts et des milliers de sans-abri

Dibyangshu SARKAR
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Le cyclone Yaas laissait derrière lui jeudi des milliers d'Indiens sans-abri et au moins cinq morts malgré l'évacuation préalable de centaines de milliers de personnes dans l'est de l'Inde, déjà accablée par la féroce épidémie de Covid-19.

Accompagné de vagues dont certaines ont atteint la hauteur d'un bus à impériale, de fortes pluies et de rafales jusqu'à 155 kilomètres/heure, soit un cyclone de catégorie 2, Yaas a touché terre mercredi à 03H30 GMT, selon le département météorologique indien.

Il s'est depuis déplacé vers l'intérieur des terres en direction de l'État de Jharhkand, et transformé en une sévère dépression accompagnée de violentes pluies.

Moins de deux semaines après les ravages du cyclone Tauktae sur les côtes occidentales du pays qui a fait au moins 155 morts, plus de 1,5 million de personnes, menacées par l'arrivée de Yaas dans les États orientaux du Bengale occidental et d'Odisha mercredi, avaient pourtant été évacuées.

"J'ai perdu ma maison, j'ai tout perdu" a confié à l'AFP Prabir Maity, un habitant d'un village côtier.

Deux personnes sont mortes au Bengale occidental, deux à Odisha et une au Bangladesh voisin, où la mer a détruit les digues et inondé des milliers de maisons, ont indiqué les autorités.

Selon Mamata Banerjee, Première ministre du Bengale occidental, plus de 300.000 maisons ont été détruites au passage du cyclone.

"Le niveau de la mer et des rivières a commencé à enfler pour atteindre plus de trois à quatre mètres au-dessus du niveau normal, rompant des digues à 135 endroits", a ajouté Mme Banerjee.

- Des crocodiles en liberté -

"Des milliers de personnes sont toujours bloquées. Nous avons mis en place 14.000 centres anticycloniques pour fournir un refuge aux sans-abri", a-t-elle précisé.

Certaines zones de la capitale de l'État, Calcutta, ont également été immergées par la crue du fleuve Hooghly.

Les efforts de sauvetage étaient "compliqués" par le refus de villageois de quitter leur maison redoutant de contracter le coronavirus, a raconté à l'AFP le ministre de la Gestion des catastrophes du Bengale occidental, Javed Ahmed Khan.

Yaas a perturbé localement les efforts de lutte contre le Covid-19 qui ravage les communautés urbaines et rurales. L'épidémie a officiellement coûté la vie à quelque 310.000 personnes au total.

"Il y a de l'eau partout. La situation est très sombre", a expliqué par téléphone à l'AFP Arjun Manna, un habitant de Kakdwip, dans le delta du Gange et de la réserve naturelle des Sunderbans.

"La dévastation est massive. La plupart des hôtels et des marchés sont encore inondés. La mer gronde", a témoigné auprès de l'AFP Diprodas Chatterjee, de l'Association des hôteliers de la ville balnéaire de Digha. "Des employés restés en arrière dressent un sinistre tableau".

Selon Milan Mondal, un haut responsable en charge des forêts, de très hautes vagues ont également submergé une réserve de crocodiles et une réserve de tigres en projet dans les Sunderbans.

"Au moins cinq cerfs et un sanglier ont été secourus par des agents forestiers", a-t-il ajouté à l'AFP précisant redouter "que de nombreux crocodiles aient quitté le centre d'élevage".

Dans l'Odisha, des centaines d'arbres ont été déracinés, détruisant dans leur chute des lignes électriques, a déclaré le responsable des secours Pradeep Kumar Jena.

Certaines maisons au toit de chaume ont également été endommagées pendant la tempête, mais les réseaux de télécommunication n'ont pas été touchés, a-t-il ajouté.

Les experts s'accordent à dire que la fréquence et l'intensité des tempêtes en mer autour de l'Inde augmentent sous l'effet du réchauffement du climat et des températures de l'eau.

Certaines des plus meurtrières tempêtes de l'histoire se sont formées dans le golfe du Bengale, dont un cyclone qui en 1970 avait provoqué la mort d'un demi-million d'habitants de la région devenue le Bangladesh.

Dix mille personne avaient péri au passage du cyclone le plus meurtrier jamais enregistré dans l'Odisha, en 1999.

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