Une policière agressée au couteau près de Nantes, son agresseur décédé

Fanny ANDRE, Hélène DUVIGNEAU, Guillaume DAUDIN, avec Benjamin Massot à Rennes
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Une policière municipale a été blessée grièvement au couteau vendredi à La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes, et l'homme soupçonné de cette agression, un schizophrène fiché pour radicalisation et "signalé pour une pratique rigoriste de l'islam", est décédé, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

"La policière municipale a été courageuse et a su se protéger avec les moyens qu’elle avait et malgré ses blessures importantes elle va survivre et c’est une très bonne chose", a déclaré Gérald Darmanin lors d'un point presse dans cette commune située au nord de Nantes.

Après l'agression dans les locaux de la police municipale vers 09H45, l'assaillant "a pris la fuite", a expliqué Gérald Darmanin, soulignant que 250 gendarmes ont été mobilisés pour arrêter l'individu, dans un contexte marqué par une hausse des attaques sur les forces de l'ordre.

Une fois retrouvé, cet homme d'une quarantaine d'années "a voulu manifestement s’en prendre de nouveau aux gendarmes", et ce "manifestement" avec l'arme de la policière. Les gendarmes "ont riposté" et l'homme a succombé à ses blessures, a détaillé M. Darmanin.

Selon un photographe de l'AFP présent sur les lieux, une dizaine de détonations ont retenti près de la brigade de gendarmerie, dans une zone d'habitation. Une vingtaine de gendarmes du GIGN armés de boucliers, casqués, tenaient leurs armes en joue derrière des poubelles, dans des buissons...

- Radicalisé et schizophrène -

"Cet individu Français né en France, (...) est connu des services de police, sortait de prison et en 2016 il avait été signalé pour une pratique rigoriste de l'islam pour radicalisation et ainsi inscrit au fichier FSPRT" (Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste), a dit M. Darmanin.

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D'après une source proche du dossier, l'homme, écroué en mars 2013, purgeait principalement une peine de huit ans d'emprisonnement prononcée par la cour d'assises du Nord le 7 octobre 2015 pour vol aggravé et séquestration. Il avait été libéré le 22 mars. A sa sortie, le suivi sociojudiciaire auquel il avait été condamné en 2015 a été mis en place immédiatement, notamment l’obligation de soins. Il était diagnostiqué comme schizophrène.

D'après une source proche du dossier, "La radicalisation en prison est fortement liée à la maladie psy. Les moments radicalisés de l’assaillant auraient eu lieu lors d’épisodes de décompensation liés à sa maladie psy".

Le procureur de la République de Nantes doit tenir une conférence de presse à 20H30. Selon une source proche du dossier, "il n’y a pas à ce stade des investigations de témoins de l’attaque évoquant une éventuelle revendication de l’assaillant qui laisserait penser à un acte à dimension terroriste".

L'ancien avocat de l'agresseur, Me Vincent de la Morandière, qui l'a défendu dans plusieurs dossiers, a expliqué à l'AFP "avoir vu une dégradation psychologique au fur et à mesure des incarcérations. A un moment donné ça devenait difficile de discuter avec lui".

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A La Chapelle-sur-Erdre, une voisine le décrit comme quelqu'un "de très discret, de poli", sachant qu'"il vivait là depuis deux mois". Un autre voisin, Gérard, le décrivant comme "gentil", a toutefois remarqué que "hier, il avait l'air énervé".

D'après un autre voisin du 2e étage, qui lui a vendu une voiture, "il était très calme, mais on l'entendait parler tout seul la nuit". "J'ai su qu'il avait fait de la prison, il m'avait fait part du fait qu'il avait des problèmes psychologiques. Il vivait seul et n'avait pas de visite, il m'avait dit qu'il avait un enfant".

- Fonctionnaires visés -

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Cette attaque intervient un peu plus d'un mois après celle de Rambouillet (Yvelines), au cours de laquelle une fonctionnaire de police a été tuée au couteau à la gorge par un homme, abattu par balles par un policier, au sein du commissariat.

De nombreuses personnalités politiques, de différentes sensibilités, ont condamné cette agression, dont le Premier ministre. "Mes premières pensées vont à la policière municipale qui a été grièvement blessée: elle a tout mon soutien et je veux lui faire part de la solidarité de l’ensemble du Gouvernement", a indiqué Jean Castex sur Twitter.

Plusieurs membres des forces de l'ordre ont trouvé la mort depuis 2012 en France dans des attaques, le plus souvent commises au nom du jihad.

Le 3 octobre 2019, un informaticien travaillant à la Direction du renseignement, Mickaël Harpon, converti depuis une dizaine d'années à l'islam, avait poignardé à mort trois policiers et un agent administratif dans l'enceinte de la préfecture de police de Paris avant d'être tué.

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Auparavant le groupe Etat islamique (EI) avait revendiqué la mort en mars 2018 du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, 45 ans, mortellement blessé par le jihadiste Radouane Lakdim dans un supermarché de Trèbes (Aude) et du policier Xavier Jugelé en avril 2017 sur les Champs-Elysées.

En juin 2016, un policier et sa compagne, secrétaire au commissariat de Mantes-la-Jolie, avaient été tués à coups de couteau à Magnanville (Yvelines) par un homme affirmant agir au nom de l'EI.

Début mai, Éric Masson, 36 ans, appelé avec son équipe pour un attroupement sur un point de deal en centre-ville d'Avignon, avait été tué par balles par un homme qui est désormais écroué.

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