A La Chapelle-sur-Erdre, les habitants saluent une policière "douce" et "formidable"

Fanny ANDRE
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"Respect et soutien": à la Chapelle-sur-Erdre, les habitants ont salué la douceur, l'engagement et le professionnalisme de la policière municipale victime d'une agression vendredi, alors que les investigations ne font toujours pas état d'une revendication terroriste de l'assaillant.

L'enquête s'est poursuivie samedi, notamment sur les lieux de la fusillade où l'agresseur a été abattu, a constaté l'AFP. Samedi soir, le procureur de la République Pierre Sennès a annoncé que le parquet de Nantes restait saisi de l'enquête, en l'état des investigations et en accord avec le Parquet national antiterroriste (PNAT) de Paris.

Les enquêteurs de la gendarmerie ont procédé à une cinquantaine d'auditions depuis vendredi, dont celle de la jeune femme séquestrée pendant 2H30 par l'agresseur durant sa cavale. Selon une source proche du dossier, la femme séquestrée a affirmé qu’à aucun moment "l’assaillant n’a fait état d’une revendication de type terroriste".

La question d'une éventuelle saisie du PNAT "pourra être réexaminée dans les prochains jours en fonction des éléments nouveaux que l'enquête pourra le cas échéant révéler", a cependant précisé le procureur. Les données d'une tablette informatique et d'un téléphone portable, saisis au domicile de l'agresseur, sont en cours d'exploitation et "les résultats seront connus en début de semaine prochaine", a-t-il notamment souligné.

Le suspect, Ndiaga Dieye, 39 ans, a frappé au couteau une policière municipale vendredi vers 10H20 à La Chapelle-sur-Erdre, avant de prendre la fuite avec son arme de service. Séquestrant une jeune femme durant sa fuite, il a ensuite tiré sur les gendarmes, en blessant deux avant d'être abattu.

"Je suis encore très bouleversée", a raconté Inès, 77 ans, habituée à croiser la policière. "Je suis très attristée pour elle, parce qu'elle ne méritait pas ça. Elle est très, très gentille, elle est douce, (...) même quand elle parle, elle parle doucement", poursuit-elle, en tirant son cabas.

"On s'attaque à des gens comme ça qui nous protègent. Par qui va-t-on être protégés si on porte atteinte à ces gens-là ?", s'inquiète-t-elle.

La victime, Katell Lereec, née en 1974, est mère d'un garçon majeur et vit en couple dans une commune voisine, Les Touches. "Elle est policière municipale depuis 20 ans (...) avec forcément un engagement fort, un grand professionnalisme, une capacité à agir avec fermeté, une capacité d'écoute et de dialogue importante", précise Fabrice Roussel, maire socialiste de cette commune paisible au nord de Nantes.

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La policière a été recrutée "en tant qu'emploi jeune à la fin des années 1990 sur des missions de médiation sociale", avant de passer le concours de la police municipale, selon l'élu.

"Elle va bien, nous avons eu des nouvelles par son collègue Thierry, on a hâte de la revoir", explique, rassurée, la coiffeuse qui tient le salon "L'Atelier de Margot" situé juste derrière la police municipale. "On venait de la voir cinq minutes avant" l'agression, de retour du marché qui se tient le vendredi matin, raconte-t-elle, décrivant "quelqu'un de dévouée à son travail", "charmante" et "très proche de sa population".

- "Elle a eu de la chance" -

"C'est une fille formidable, elle a eu de la chance", se réjouit pour sa part Laurence, 54 ans, qui a partagé sa chambre avec la policière il y a plusieurs années lors d'un séjour au ski.

"C'est une femme dynamique, fière de son métier", abonde un gendarme qui l'a connue, ajoutant que "c'est une sportive, une surfeuse".

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Frédérique, cadre dans une compagnie d'assurance de 49 ans, ne connaissait pas directement Katell Lereec, aussi a-t-elle écrit "Pour la policière" sur le bouquet de fleurs qu'elle est venue déposer. "Nous sommes très touchés pour elle, et puis pour la petite jeune fille qui a été séquestrée (...) donc on voulait dire qu'on était là auprès d'elles", raconte Frédérique, en référence à la femme séquestrée.

Frédérique est venue accompagnée de son fils de 12 ans, Jules, qui a été confiné, comme les 3.000 élèves de la ville, vendredi, durant la traque. "On a subi le confinement pendant je crois presque trois heures, dans le noir, sous les tables, pendant les deux premières heures, on n'avait pas le droit de parler", se remémore l'adolescent.

Un quatrième agent devrait venir compléter l'équipe de la police municipale "dans les prochains mois", selon le maire.

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