En Israël, les pourparlers pour un gouvernement sans Netanyahu s'intensifient

Daniella CHESLOW et Daphné ROUSSEAU
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Tous les regards se tournent dimanche soir en Israël vers le dirigeant de la droite radicale Naftali Bennett, susceptible d'annoncer son ralliement au centriste Yaïr Lapid et au projet de "gouvernement du changement" qui précipiterait la fin de l'ère Netanyahu.

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid a relancé ces derniers jours les négociations avec les principaux partis élus au Parlement le 23 mars, pour former un gouvernement sur un programme anti-Benjamin Netanyahu, Premier ministre le plus pérenne de l'histoire du pays.

Le mandat reçu par M. Lapid début mai du président Reuven Rivlin, après l'échec de M. Netanyahu à former une coalition, court jusqu'à mercredi, 23H59 (20H59 GMT).

Après des semaines marquées par la guerre de 11 jours entre le Hamas palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza et l'Etat hébreu, des tensions à Jérusalem-Est et des heurts dans des villes judéo-arabes en Israël, Yaïr Lapid a relancé vendredi son offre pour un "gouvernement d'union nationale".

Il a écrit sur Facebook vouloir une coalition qui dise "nous sommes ici ensemble, notre lutte est commune, ce pays est notre responsabilité à tous".

Pour y parvenir, M. Lapid, à la tête du parti Yesh Atid ("Il y a un futur"), compte sur l'appui de la gauche, du centre et de deux formations de droite, totalisant 51 députés.

Mais dans ce sprint final, il devait encore convaincre la formation de droite radicale Yamina de Naftali Bennett (7 sièges) et les députés arabes de le rejoindre pour obtenir une majorité de 61 sièges à la Knesset.

- "Tout de suite" -

M. Bennett a réuni les cadres de son parti dimanche et, selon la presse israélienne, il aurait reçu leur aval pour rejoindre Yaïr Lapid dans un "gouvernement du changement", selon l'expression consacrée par le clan anti-Netanyahu.

M. Bennett réserve ses "annonces" pour une allocution officielle prévue à 20H00 (17H00 GMT), selon une de ses porte-paroles.

M. Netanyahu s'exprimera dans la foulée à 20H30, selon son parti, le Likoud.

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Dans une vidéo postée plus tôt dans la journée sur Twitter, il avait appelé M. Bennett et Gideon Saar, chef d'un petit parti de droite, à "venir, maintenant, tout de suite", entamer des discussions en vue d'une coalition gouvernementale, sur le principe d'une rotation à sa tête, à commencer par M. Saar, puis MM. Netanyahu et Bennett.

"Nous sommes à un moment crucial pour la sécurité et l'avenir de l'Etat d'Israël", a-t-il plaidé.

Ancien du Likoud, Gideon Saar a indiqué sur Twitter ne pas être intéressé et rester fidèle à son projet: "remplacer le régime de Netanyahu".

Un accord entre MM. Lapid et Bennett constituerait un évènement en poussant vers la sortie M. Netanyahu qui a passé 15 ans au pouvoir.

Il y a 25 ans presque jour pour jour (29 mai 1996), il avait vaincu le travailliste Shimon Peres et avait occupé le poste de Premier ministre durant trois ans. Il était revenu au pouvoir en 2009 et ne l'a plus quitté depuis.

Jugé pour "corruption" dans trois affaires, il est le premier chef du gouvernement à faire face à des poursuites criminelles en cours de mandat.

- "Plus près que jamais" -

"Les dés sont-ils jetés? Jusqu'au dernier moment, un nuage de doutes planera sur tout signe de révolution", notait dimanche le Yediot Aharonot, titre le plus vendu de la presse israélienne, qui s'attend à voir Naftali Bennett rejoindre la coalition anti-Netanyahu.

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Israel Hayom, quotidien gratuit marqué à droite, dénonce de son côté une tentative de "putsch" afin de mettre fin à l'ère Netanyahu, soutenue par des "représentants du Hamas", une attaque indirecte contre la formation arabe israélienne Raam (islamiste) de Mansour Abbas (4 députés) qui pourrait soutenir la coalition Lapid.

Après quatre élections en moins de deux ans, l'opposition est "plus près que jamais" de chasser M. Netanyahu du pouvoir, a commenté Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Si le camp anti-Netanyahu ne parvient pas à former un gouvernement, 61 députés pourront demander au président de désigner comme Premier ministre un parlementaire.

Autre scénario, le plus redouté par les électeurs déjà appelés à voter quatre fois en un peu plus de deux ans: un retour aux urnes.

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