Nicaragua: mandat d'arrêt contre Cristiana Chamorro, opposante à Daniel Ortega

AFP
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Cristiana Chamorro, qui apparait comme la plus sérieuse rivale du président nicaraguayen Daniel Ortega lors des élections de novembre, est sous le coup d'un mandat d'arrêt et d'importantes forces de police ont été déployées mercredi pour l'arrêter à son domicile.

La journaliste de 67 ans ambitionne de vaincre Daniel Ortega dans les urnes, comme l'a fait voici 31 ans sa mère, Violeta Chamorro.

Mais l'étoile montante de l'opposition est visée depuis plusieurs semaines par une enquête judiciaire pour blanchiment d'argent qu'elle a dénoncé comme une "farce macabre" montée par le pouvoir pour l'empêcher d'être candidate à la présidence.

"Interdire de manière arbitraire à la dirigeante de l'opposition Cristiana Chamorro (d'être candidate) reflète la crainte d'Ortega d'élections libres et justes", a dénoncé sur Twitter le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, depuis le Costa Rica où il est en visite. "Les Nicaraguayens méritent une vraie démocratie", a-t-il ajouté.

Membre d'aucun parti, la journaliste a annoncé son intention de solliciter l'investiture de l'opposition pour les élections de novembre, pour lesquelles M. Ortega, au pouvoir depuis 2007, devrait briguer un quatrième mandat consécutif.

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La justice nicaraguayenne a annoncé mercredi dans un communiqué de presse qu'un tribunal de Managua avait ordonné "l'intervention (de la police au domicile) et l'arrestation de Cristiana Chamorro, accusée des délits de gestion trompeuse, fausseté idéologique en vue de commettre le délit de blanchiment d'argent, de biens et d'actifs, au détriment de l'Etat du Nicaragua et de la société nicaraguayenne".

D'importantes forces de police ont été déployées mercredi en fin de matinée autour du domicile de la journaliste, repoussant les journalistes de manière musclée.

- Procédure "illégale" -

Mardi soir, le ministère public nicaraguayen avait mis l'opposante en accusation en demandant qu'elle soit interdite de briguer un quelconque mandat, estimant que la pré-candidate à l'élection présidentielle "ne jouit plus pleinement de ses droits civiques et politiques car elle est impliquée dans une procédure pénale".

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Des juristes ont dénoncé une procédure "illégale" en l'absence d'une résolution du Conseil suprême électoral.

Cristiana Chamorro a dirigé la Fondation de défense de la liberté de la presse qui porte le nom de sa mère et dans les comptes de laquelle le parquet assure qu'il y a des "incohérences" pour la période 2015-2019.

La Fondation, considérée comme un bastion de la liberté d'expression, apportait son soutien aux journalistes et médias indépendants.

Cristiana Chamorro a décidé de suspendre ses activités en février parce qu'elle refusait de se soumettre à une nouvelle loi obligeant toute personne physique ou morale qui reçoit des fonds d'un autre pays à se déclarer "agent étranger" auprès du ministère de l'Intérieur.

L'opposante bénéficie de la popularité de sa mère Violeta, à qui elle ressemble de manière surprenante. Elle peut aussi compter sur le soutien de sa puissante famille, membre de l'oligarchie nicaraguayenne et dont le nom est intimement lié à l'histoire politique du pays, et propriétaire d'un groupe de presse.

Cristiana Chamorro est en outre la fille de Pedro Joaquin Chamorro, un héros de la lutte contre la dictature des Somoza. Son assassinat en janvier 1987 entraîna le début de l'insurrection contre le régime.

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