Macron giflé par un homme, la classe politique s'indigne

Jérôme RIVET et Ulysse BELLIER avec Jérémy MAROT à Paris
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Emmanuel Macron a été giflé par un homme poussant le cri de guerre royaliste "Montjoie Saint Denis!" lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage (Drôme) mardi, une première pendant son quinquennat, condamnée par l'ensemble de la classe politique mais qu'il a relativisée comme "un fait isolé".

Dans une vidéo diffusée sur Twitter et authentifiée par l'entourage du chef de l'Etat, on voit M. Macron, qui vient de visiter un lycée hôtelier, s'avancer rapidement vers un petit groupe de personnes massées derrière des barrières pour les saluer. Il s'approche alors d'un homme portant un tee-shirt kaki, une barbe noire et une longue chevelure.

Saisissant l'avant-bras du président, l'individu lui porte ensuite un coup sur la joue, l'entourage de M. Macron évoquant une "tentative de gifle".

Dans cette même vidéo, juste avant la gifle, l'homme pousse le cri de guerre royaliste "Montjoie Saint Denis!" (également entendu dans le film "Les Visiteurs" en 1993) et "A bas la macronie".

"Il faut relativiser cet incident qui est, je pense, un fait isolé" commis par "des individus ultraviolents", a commenté M. Macron quelques heures plus tard auprès du Dauphiné Libéré.

"C'est de la bêtise. Et quand la bêtise s'allie à la violence, c'est inacceptable", a-t-il tancé dans la soirée. Décidé à montrer qu'il entendait ne pas se laisser impressionner, il s'est livré à un long bain de foule à Valence en compagnie de son épouse Brigitte quelques heures après l'incident.

Deux hommes - des Drômois de 28 ans, selon Alex Perrin, procureur de la République à Valence - dont l'auteur de la gifle, ont immédiatement été interpellés et entendus par les gendarmes.

"À ce stade des gardes à vue, leurs motivations ne sont pas connues", a ajouté le magistrat, sans préciser davantage le profil des individus mais en indiquant qu'une plainte devait être déposée par le préfet.

Les deux suspects, Damien T. et Arthur C., sont originaires de la commune de Saint-Vallier, selon Le Figaro. Des sources proches du dossier ont confirmé leur identité à l'AFP.

L'un d'eux est adepte des arts martiaux historiques européens, d'après un profil Instagram à son nom, quand l'autre fait partie d'un conseil de quartier de Saint-Vallier, selon le site internet de la mairie.

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Dès le début des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a pris la parole pour dénoncer cette agression. "J'en appelle à un sursaut républicain, nous sommes tous concernés, il en va des fondements de notre démocratie", a déclaré Jean Castex.

Le chef de l'Etat a poursuivi normalement sa visite, serrant les mains des personnes présentes pendant une dizaine de minutes, puis s'attardant jusqu'au-delà de 20H dans les rues de Valence pour échanger avec des badauds. "Je vais toujours au contact, à portée d'engueulade comme je dis. Et j'y tiens", a-t-il insisté.

S'il est parfois pris à partie verbalement durant ses sorties, voire hué et insulté avec virulence comme en 2018 par des Gilets jaunes au Puy-en-Velay, M. Macron n'avait jamais été agressé physiquement depuis son arrivée à l'Elysée.

- "Solidarité" -

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Quelques minutes auparavant, le président avait appelé "tout le monde au respect et au calme" pour ne pas fragiliser la démocratie. Cette exhortation intervenait après la polémique déclenchée dimanche par des propos de Jean-Luc Mélenchon, prédisant "un grave incident ou un meurtre" dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, mais aussi après une vidéo de menace de mort visant LFI.

"Est-ce que maintenant le gouvernement va enfin déclencher la Justice contre #Papacito et sa vidéo d'appel au meurtre", a réagi sur Twitter M. Mélenchon, se disant "solidaire" du président.

A l'image des Insoumis, l'ensemble de la classe politique a immédiatement condamné le geste.

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"Je considère ce genre de comportement comme inadmissible", et "profondément condamnable dans une démocratie", a ainsi déclaré la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen, en déplacement à Laxou (Meurthe-et-Moselle).

"Gifler le Président, c'est gifler la République. Intolérable, inacceptable", a de son côté estimé le patron des députés LR Damien Abad, quand Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France a rappelé que "le respect des institutions de la République et de ses représentants est un principe cardinal de notre vie démocratique".

L'ancien président François Hollande s'est, lui, indigné face au "coup insupportable et intolérable à nos institutions". "Face à ce geste inqualifiable, toute la Nation doit être solidaire du chef de l'Etat", a-t-il plaidé.

"C’est très tendu partout", a déploré le député LREM de l'Hérault Patrick Vignal, en se projetant sur les prochaines échéances électorales. "Je pense que cette campagne pue. Et c'est à cause aussi du personnel politique. Personne n'en sortira gagnant", a-t-il regretté.

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