Biden en route vers l'Europe pour y redire la force de l'alliance transatlantique

Jerome CARTILLIER
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Près de cinq mois après son arrivée au pouvoir, Joe Biden s'est envolé mercredi pour le Royaume-Uni, première étape d'une tournée européenne durant laquelle il compte insister sur la fermeté de l'alliance transatlantique en vue de son face-à-face avec Vladimir Poutine.

Juste avant le décollage à bord de l'avion Air Force One, le président américain a assuré que le but de son voyage était de faire savoir "clairement à Poutine et à la Chine que les Etats-Unis et l'Europe (étaient) soudés".

Toujours sur le tarmac de la base militaire d'Andrews, en banlieue de Washington, M. Biden a ajouté qu'il comptait dévoiler bientôt une stratégie vaccinale mondiale.

Accompagné de la Première dame, Jill Biden, le dirigeant démocrate participera au sommet du G7 en Cornouailles, où la pandémie de Covid-19 et le climat feront partie des priorités.

Premier arrêt de la tournée: la base de Mildenhall, dans l'est du Royaume-Uni, où le président s'exprimera devant des membres de l'US Air Force.

Un tête-à-tête avec le Premier ministre britannique Boris Johnson est prévu dès jeudi. Dimanche, Joe Biden rendra visite, au château de Windsor, à la reine Elizabeth II, qui règne depuis 69 ans.

"Mon voyage en Europe est l'occasion pour l'Amérique de mobiliser les démocraties du monde entier", a assuré celui qui martèle, depuis son arrivée au pouvoir, que les Etats-Unis sont de retour ("America is back") et entendent s'impliquer pleinement dans les affaires du monde.

Au sortir du mandat de Donald Trump, les alliés "accueilleront ces propos rassurants avec un peu scepticisme", souligne cependant Suzanne Maloney, du centre de réflexion Brookings, basé à Washington.

"La volonté de Biden de renouer avec eux devra surmonter non seulement les cicatrices des quatre années écoulées mais aussi les questions persistantes sur l'état de santé de la démocratie américaine", écrit-elle.

Comment le locataire de la Maison Blanche s'est-il préparé à ce déplacement de huit jours, qui le mènera aussi à Bruxelles et au cours duquel il multipliera les rencontres bilatérales?

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"Il se prépare depuis 50 ans", a répondu sa porte-parole Jen Psaki, dans une allusion à la très longue carrière politique du président de 78 ans qui fut élu pour la première fois au Sénat en 1972, à l'âge de 29 ans.

"Il connait certains de ces dirigeants, dont le président Poutine, depuis des décennies", a-t-elle insisté.

- 80 millions de doses -

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Vivement critiquée pour avoir tardé à partager ses vaccins contre le Covid-19 avec le reste du monde, la Maison Blanche tente désormais se poser en leader sur ce dossier.

"Les Etats-Unis sont déterminés à travailler sur la vaccination internationale avec le même sens de l'urgence dont nous avons fait preuve dans notre pays", martèle Joe Biden.

Washington vient d'annoncer que 75% des 80 millions de doses de vaccins promises à des pays étrangers d'ici fin juin seraient distribuées via le dispositif de partage Covax. Ce dernier a été mis en place pour assurer une distribution équitable des vaccins, notamment aux pays à faible revenus.

Le sommet avec Vladimir Poutine, prévu le 16 juin à Genève, sera le point culminant de ce premier déplacement, qui intervient au moment où Joe Biden est en difficulté dans son pays, sur fond de tensions au sein de son propre camp.

Ukraine, Bélarus, sort de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, cyberattaques: les discussions s'annoncent âpres et difficiles, notamment sur ce dernier point.

La question cyber sera "un sujet de notre discussion" a assuré Joe Biden mercredi avant son départ.

Sur un ton plus léger et toujours avant d'embarquer, Joe Biden a tenu à avertir les journalistes présents de "faire attention aux cigales", l'un de ces insectes qui envahissent actuellement l'est des Etats-Unis s'étant posé sur son cou quelques secondes auparavant. La veille, un autre avion qui devait transporter les reporters couvrant la Maison Blanche avait été cloué au sol, une nuée de cigales ayant envahi ses moteurs.

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Concernant la Russie, la Maison Blanche, qui alterne messages conciliants et mises en garde, martèle qu'elle a des attentes modestes. Seul objectif avancé: rendre les relations entre les deux pays plus "stables et prévisibles".

"Le problème est que Poutine ne veut pas nécessairement une relation plus stable et plus prévisible", résume le diplomate américain Alexander Vershbow, ancien numéro 2 de l'Alliance atlantique.

La présidence américaine a donné peu de détails sur le déroulement de ce tête-à-tête. Elle a seulement laissé entendre que, contrairement à ce qui s'était passé avec Donald Trump à Helsinki en 2018, une conférence de presse commune des deux hommes n'était pas à l'ordre du jour.

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