Le mouvement de Navalny assure poursuivre le combat malgré sa liquidation

AFP
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Le mouvement de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a promis jeudi de poursuivre son combat, au lendemain de son démantèlement et de son interdiction en Russie pour extrémisme, une décision dénoncée en Occident.

Moscou à de son côté répliqué aux critiques américaines, en accusant le détracteur numéro un de Vladimir Poutine d'être un "agent" des Etats-Unis.

"Nous continuons de combattre la corruption", a tweeté le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), principale organisation d'Alexeï Navalny, ironisant sur le "danger public" qu'il constitue aux yeux de la justice russe.

La veille, dans un message publié sur Instagram, l'opposant âgé de 45 ans avait appelé ses partisans à continuer le travail: "on se débrouillera, on évoluera, on s'adaptera. Mais on ne reculera pas devant nos objectifs et nos idées".

A l'issue d'un procès de 12 heures, tenu à huis clos, un tribunal de Moscou a classé en pleine nuit mercredi comme "extrémistes" les trois organisations de M. Navalny, entraînant leur interdiction et leur liquidation.

Cette mesure ouvre en outre la voie à des poursuites contre ses collaborateurs qui continueraient leur travail malgré le risque de lourdes peines de prison. Au terme d'une nouvelle loi, ils seront également bannis des élections, notamment les législatives prévues en septembre.

Depuis des mois, l'opposition russe était déjà sous une pression accrue, marquée par l'envoi d'Alexeï Navalny en colonie pénitentiaire pour deux ans et demi, l'exil de plusieurs cadres de son mouvement, mais aussi des mesures ciblant la presse indépendante et d'autres voix critiques.

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En outre, la bête noire du Kremlin a survécu en août 2020 à un empoisonnement dont il accuse Vladimir Poutine. La Russie rejette bien sûr l'accusation et a refusé d'enquêter, malgré un faisceau d'éléments impliquant les services secrets.

D'une même voix, Washington, Londres et l'Union européenne se sont insurgés contre la liquidation des organisations de M. Navalny.

- Offensive "délibérée" -

Jeudi matin, un cadre de l'équipe de Navalny, Georgi Albourov, a tourné en dérision cette décision dont l'issue faisait peu de doutes.

"Je me suis réveillé extrémiste. J'ai commencé à travailler. Je ne ressens pas de différence", a lancé M. Albourov, sur Twitter.

L'équipe d'avocats défendant le mouvement de l'opposant a affirmé qu'"aucune preuve" d'"extrémisme" n'avait été apporté, tandis qu'un représentant du parquet, à l'origine des poursuites, a assuré que ces organisations incitaient "à la haine et à l'hostilité envers les représentants du pouvoir"

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L'UE a dénoncé la "volonté délibérée" du Kremlin "de supprimer l'opposition indépendante (...) et de mettre fin à l'influence du réseau politique de M. Navalny avant les élections à la Douma en septembre", selon un communiqué du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les collaborateurs de formations jugées "extrémistes" sont privés de participation aux élections depuis une loi promulguée la semaine dernière par le président Vladimir Poutine.

Pour l'opposition, ce texte vise à neutraliser les candidats dangereux pour le pouvoir avant les législatives, alors que Russie Unie, le parti du pouvoir, est impopulaire.

Les Etats-Unis ont, eux, jugé "particulièrement inquiétante" l'interdiction du mouvement de l'opposant.

"Cette décision place les employés, les bénévoles et des milliers de sympathisants à travers la Russie sous la menace de poursuites pénales et d'incarcération pour l'exercice de droits humains fondamentaux", a dit le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a dénoncé une "nouvelle attaque kafkaïenne contre ceux qui se dressent contre la corruption".

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En réaction, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a estimé que la vitesse avec laquelle Washington a condamné cette décision démontre qu'Alexeï Navalny est en fait leur "agent".

"Ils font preuve d'un tel zèle politique car on a touché à ceux qu'ils supervisent, ceux qu'ils soutenaient politiquement et autrement", s'est-elle offusquée à l'antenne de la radio publique Vesti-FM.

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