La gauche politique, associative et syndicale défile contre l'extrême droite

Baptiste BECQUART
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Militants politiques et syndicaux, activistes écolos et associatifs de divers secteurs ont commencé à défiler ensemble samedi dans de nombreuses villes de France pour dénoncer "les attaques contre les libertés" qui se multiplient selon eux à la faveur de la montée de l'extrême droite et de lois "liberticides".

A Paris, ils étaient plusieurs centaines place de Clichy, pour rejoindre la place de la République par le boulevard Magenta.

Peu après 14H00, Jean-Luc Mélenchon, a reçu de la farine sur le visage. En dénonçant un acte "lâche" qui "aurait pu être pire", le leader de La France insoumise a fait état d'"une grande tension" et d'"un seuil qui a été franchi", quelques jours après que le chef de l'Etat a reçu une gifle lors d'un déplacement dans la Drôme.

La "Marche des libertés" est une sorte de grand rattrapage pour les milieux militants de tous secteurs après un an et demi de crise sanitaire qui a compliqué l'organisation de manifestations. Le sujet des libertés s'est imposé de lui-même aux dires des initiateurs de l'appel, le député Insoumis Eric Coquerel et le porte-parole de Générations Thomas Portes.

Car ils savaient que la montée de l'extrême droite dans le pays, selon eux aussi électorale que culturelle, est actuellement un thème majeur de colère pour les gauches, surtout en l'absence pour l'heure d'une alternative forte de ce côté-ci de l'échiquier politique à Marine Le Pen et Emmanuel Macron en vue de l'élection présidentielle de 2022.

Mais selon Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national, "la France Insoumise cherche à allumer un contre-feu" avec cette initiative, après des propos polémiques de son patron Jean-Luc Mélenchon liant terrorisme et présidentielle.

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CGT, FSU, le Syndicat de la magistrature ou encore l'UNEF côté syndical, la Ligue des droits de l'homme, la Cimade, Oxfam ou encore Attac du côté des ONG, Youth for climate et France nature environnement pour les défenseurs du climat, tous les partis de gauche: ce sont en tout plus de 100 organisations qui seront représentées.

"C'est le point de départ, j'espère, d'une mobilisation pas seulement contre les organisations d'extrême-droite, mais contre les idées d'extrême droite", a expliqué au départ de la manifestation l'ex-candidat à la présidentielle Benoît Hamon. Il estime que ces idées "ne sont plus le monopole des partis d'extrême droite et qu'elles se sont largement diffusés dans la classe politique".

- "Le RN aux portes" -

La "Marche" a lieu dans plus de 140 villes. A Nantes, près de 900 personnes selon la préfecture ont défilé, dont une centaine de l'utra-gauche a eu quelques altercations avec la police.

A Avignon, ce sont 270 personnes, selon la police, qui ont manifesté, dont le patron du PS Olivier Faure. "Il y a une banalisation du discours du RN qui est aujourd’hui aux portes de notre région" PACA mais "un sursaut est encore possible, a déclaré l’écologiste Jean-Pierre Cervantes, chef de file de la liste d’union de la gauche dans le Vaucluse pour les régionales des 20 et 27 juin.

Pour Thomas Portes, également président de l'Observatoire national de l'extrême droite, "on sent sur le terrain que les gens (de gauche) en ont marre de prendre des coups".

Accusations d'islamogauchisme, polémique sur les réunions non-mixte, manifestation des policiers, scores du RN dans les sondages.... puis plus récemment vidéo du Youtubeur Papacito simulant un meurtre d'électeur insoumis, et gifle à Emmanuel Macron : l'atmosphère du pays nécessitait une réaction aux yeux de nombreux militants.

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La diversité de la mobilisation, à confirmer sur le terrain, ne pourra cependant pas faire oublier les divisions qui minent la gauche, même sur les sujets de laïcité, des libertés et de sécurité, chose inconcevable il y a plusieurs années.

La participation des chefs socialiste Olivier Faure, communiste Fabien Roussel et du potentiel candidat à la présidentielle écologiste Yannick Jadot à la manifestation des policiers devant l'Assemblée nationale, le 19 mai, a profondément secoué les partis de l'intérieur.

Les manifestants s'élèvent aussi samedi contre le gouvernement et la droite, qu'ils accusent de courir après l'extrême droite.

Les participants visent "les lois liberticides", comme le texte Sécurité globale et certains de ses articles, par exemple la sanction de "la provocation à l'identification des forces de l'ordre", censurée par le Conseil constitutionnel.

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