Le G7 ambitionne un progrès "historique" dans la prévention des pandémies

Laurence BENHAMOU avec Jean-Baptiste OUBRIER à Falmouth
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Réunis pour montrer un front uni face à la crise du Covid-19, les dirigeants des grandes puissances du G7 comptent effectuer un progrès "historique" samedi avec l'adoption d'un plan de bataille contre les futures pandémies.

En sommet jusqu'à dimanche dans le sud-ouest de l'Angleterre, les chefs d'Etat et de gouvernement d'Allemagne, de France, d'Italie, du Royaume-Uni, du Canada, du Japon et des Etats-Unis ont jusqu'à présent affiché leur entente à la faveur de la traditionnelle photo de famille vendredi, et d'une réception autour de la reine Elizabeth II.

Avant de poursuivre les échanges informels samedi soir autour d'un barbecue et de guimauves grillées sur la plage, ils sont entrés samedi dans le vif du sujet en discutant des moyens pour le G7 de fourbir ses armes face à la crise sanitaire. Après les promesses sur les dons de vaccins aux pays pauvres, les dirigeants veulent trouver les moyens d'éviter qu'une telle catastrophe mondiale ne se reproduise.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a présenté sur Twitter comme un "moment historique" la "déclaration de Carbis Bay" proposée par le G7 afin de prévenir de futures pandémies.

"Avec cet accord, les principales démocraties dans le monde vont s'engager à empêcher une pandémie mondiale de se produire une nouvelle fois, pour que les ravages causés par le Covid-19 ne se répètent jamais", a-t-il déclaré.

Le document comprend une série d'engagements pour empêcher une nouvelle pandémie. Il s'agira de réduire le délai pour développer des vaccins, des traitements et des diagnostics, avec l'espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une maladie soudaine.

L'autre volet portera sur un renforcement de la surveillance sanitaire, et la mise en place d'une réforme de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin qu'elle soit plus puissante. Un objectif ardu sans la Chine qui apprécie peu le G7 qu'elle a qualifié de "clique" formée par Washington.

- "Valeurs" démocratiques -

Cette déclaration ne tranche pas l'épineuse question de la suspension des brevets sur les vaccins, afin d'accélérer leur production. Les Etats-Unis et la France sont pour, mais l'Allemagne s'y oppose.

Pour Oxfam, le G7 est trop tendre avec l'industrie pharmaceutique. "Cette déclaration ne résout pas les problèmes fondamentaux qui empêchent les vaccins d'être accessibles à la majorité de l'humanité", quitte à renoncer à la propriété privée sur le brevets, selon l'ONG.

Santé, diplomatie, questions économiques, les séances de travail du G7 vont s'enchaîner à un rythme soutenu samedi.

La Chine et la Russie doivent être au centre des échanges prévus sur les questions de politique étrangère, alors que les dirigeants du G7 ont déjà prévenu qu'ils entendaient affirmer leurs "valeurs" de démocraties libérales.

L'administration américaine assure toutefois ne pas vouloir braquer les projecteurs sur la Chine.

"Il ne s'agit pas de pousser les pays à choisir entre les Etats-Unis et la Chine. Il s'agit de proposer une autre vision et une autre approche", a déclaré un haut responsable américain.

Selon ce dernier, les Etats-Unis annonceront dans la journée une nouvelle initiative mondiale dans les infrastructures, à coup de centaines de milliards de dollars en faveur des pays pauvres ou émergents.

Ce plan, qui s'adressera surtout à l'Afrique et à l'Asie, est censé contrer l'initiative de la Chine des "Nouvelles routes de la Soie" visant à financer des grands projets à l'étranger pour accroître son influence.

- Représailles post-Brexit -

Ce premier sommet en personne depuis près de deux ans donne aussi l'occasion d'avancer en privé sur les sujets qui fâchent.

Boris Johnson, dont c'est le premier sommet depuis la sortie du marché unique européen le 1er janvier dernier, enchaîne au début de la journée les tête-à-tête avec Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Au menu, les tentatives de Londres d'assouplir les dispositions post-Brexit sur l'Irlande du Nord, qui perturbent les approvisionnements et irritent les unionistes, au point d'indisposer Bruxelles qui menace de représailles commerciales. Le gouvernement britannique répète lui à l'envi qu'il n'acceptera jamais de remettre en cause l'unité du Royaume-Uni.

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Face à Boris Johnson, Emmanuel Macron s'est dit prêt à une relance des relations franco-britanniques mais a "souligné que ce réengagement imposait que les Britanniques respectent la parole donnée aux Européens et le cadre défini par les accords Brexit", a indiqué l'Elysée après une rencontre entre les deux dirigeants en marge du sommet du G7.

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