Macron commémore l'appel du 18 juin avec deux illustres vétérans

Daphné BENOIT

Le président Emmanuel Macron a commémoré vendredi l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, en présence du dernier compagnon de la Libération, Hubert Germain, du seul survivant du commando Kieffer, Léon Gautier et Colette Marin-Catherine, la résistante rendue célèbre par un documentaire récemment primé d'un Oscar.

Le chef de l'Etat a assisté dans la matinée à la traditionnelle cérémonie militaire au mémorial du Mont Valérien près de Paris, principal lieu d'exécution de résistants et d'otages en France par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s'envolera plus tard pour Berlin pour un dîner de travail avec la chancelière allemande Angela Merkel.

En présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, il a notamment élevé Léon Gautier, 98 ans, au rang de grand officier de la légion d'honneur, et a décoré de la médaille militaire quatre hommes d'active qui se sont illustrés en opérations extérieures, notamment au Sahel.

Auparavant il a reçu à l'Elysée Léon Gautier et Colette Marin-Catherine, "inlassable témoin des mérites de son frère résistant déporté" et ancienne résistante elle-même, "deux personnalités marquées par leur souci de transmission de la mémoire de la Résistance et de ses valeurs", selon l'Elysée.

Le résistante de 92 ans, rendue célèbre par le documentaire "Colette" primé aux Oscars 2021, a reçu la médaille de la résistance pour son frère à titre posthume.

Après les décorations, le président s'est ensuite approché d'Hubert Germain, s'inclinant et serrant les mains du centenaire coiffé de son béret vert et assis dans son fauteuil roulant devant l'immense croix de Lorraine ornant le mur du monument.

Ils se sont ensuite recueillis dans la crypte où le dernier de l'ordre de la Libération, résistant de la première heure parti à Londres fin juin 1940, sera enterré.

Au lendemain de son arrivée à Londres le 17 juin 1940, De Gaulle avait appelé les militaires, ingénieurs et ouvriers français à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre l'Allemagne nazie, malgré l'armistice demandé par le maréchal Pétain.

"Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas", avait-il déclaré en concluant sa célèbre intervention radiophonique, que très peu de Français avaient alors entendue.

L'appel du 18 juin et son héritage sont loués par l'ensemble de la classe politique en ce dernier jour de campagne électorale avant le premier tour des élections régionales et départementales dimanche.

"Ne jamais renoncer, ne jamais se résigner, même quand le pire semble sûr : l’appel du 18 juin continue d’inspirer notre action politique", a tweeté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. Pour Xavier Bertrand, président (ex-LR), "quoi qu'il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas."

- "Force d'âme" -

Légionnaire pendant la Seconde Guerre mondiale, Hubert Germain a combattu en Syrie, en Libye où il a participé à la bataille de Bir Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 1944 en Italie, le vétéran est aujourd'hui pensionnaire des Invalides.

Seules 1.038 personnes ont reçu le titre de compagnon de la Libération.

"Nous nous devons d'être inspirés par cette force d'âme", lui avait déclaré le chef de l'Etat le 18 juin 2020: "Votre courage, votre vertu au sens romain du terme, sont une fierté pour notre pays et nous inspirent encore".

Les 177 fusiliers marins des Forces françaises libres du commando Kieffer, intégré au Royal Marine Commando N°4, sont les seuls Français en uniforme à avoir participé au débarquement allié. Portant le nom du capitaine de corvette Philippe Kieffer, qui avait constitué ce groupe de volontaires, le commando, entraîné en Ecosse, avait débarqué le 6 juin 1944 à Sword Beach.

Pendant la visite de la crypte, le Premier ministre Jean Castex a échangé à l'extérieur avec plusieurs jeunes enfants descendants de résistants, qui portaient les décorations de leurs ancêtres, évoquant avec eux leur souvenir et l'importance de la transmission de cette mémoire, une volonté politique du président Macron à mesure que disparaissent les derniers témoins directs de la guerre.

Pendant ce temps également, en faisant le V de la victoire, Colette Marin-Catherine avait glissé à la caméra "On les aura, c'est la victoire. Merci mes petits".

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